Gombert.story

Gombert.story

16 juin 1791.

Les nominations de curés Constitutionnels (1) vont bon train dans le département.

Quelques troubles font envoyer la troupe de la garnison Suisse (2) à Allauch, où l'on craint quelques mouvements d'opposition.

Il n'en va pas de même à Château Gombert.

Alors que le curé constitutionnel, proposé par l'Autorité est approuvé par une partie de la population, une autre partie souhaite un autre ecclésiastique.

Au final, ce ne fut ni l'un, ni l'autre, mais un troisième qui fut désigné par les électeurs. Frustrés par cette décision, les deux partis la refusent. Dans la confusion générale, on dresse une potence pour pendre le curé constitutionnel.

Averti, un fort détachement de la Garde Nationale, ainsi que des suisses d'Ernest (2) sont dépêchés à Château Gombert. Ils sont renforcés par deux pièces d'artillerie.

Dans la journée, tout est remis en ordre. La plus grande partie des troupes rejoint ses cantonnements à Marseille, non sans avoir emmené plusieurs prisonniers.

La potence est abattue par les sapeurs, puis brûlée. Les meneurs sont aussi arrêtés

(1) La Constitution du Clergé, votée en 1790 par l'Assemblée constituante, donne un nouveau statut aux prêtres. Ils sont directement liés à l'État, sont salariés par celui-ci et ne dépendent plus directement du Saint-Siège.

(2) Le régiment suisse d'Ernest est connu pour son attachement à la monarchie et ses méthodes musclées.

Source : Le Mercure Universel 1791. 

 

 

Les canons à Château - Gombert

Administrée par un prêtre assermenté, l'église ne devait pas être vendue connue bien national pendant la Révolution et elle fut rouverte au culte dès le mois de mars 1801.

 

Dom Joseph de Martinet

Sources BnF

Sources BnF

DOM JOSEPH - SA VIE, SON OEUVRE

Dom Joseph de Martinet.

La Révolution chasse les Religieux de la Chartreuse de Marseille, mais celle-ci avant de mourir exhale son chant de cygne en la personne de D. Joseph de Martinet.

Né dans l’Agenais en 1750, admis à 20 ans dans la Chartreuse de Villeneuve-les-Avignon, il fut envoyé vers 1787 à la Chartreuse de Marseille.

Quand ses confrères durent quitter le cloître en 1790, D-Joseph, malgré tout voulut s’y cacher et y reste près d’un an avec la complicité tacite du curé constitutionnel, mais l’année suivante il fallut bien sortir et il commença dès lors jusqu’à sa mort cette vie d’apôtre errant, réduit à changer souvent d’asile pour ne pas être découvert.

Seul prêtre fidèle dans Marseille, au péril de sa vie, il baptisa les nouveaux-nés, prépara ls enfants à la première communion, administra les sacrements, unit les époux, assista les mourants, y compris ceux qui montaient à la guillotine.

Retiré définitivement à la rue d’Aix n° 35, chez les Demoiselles Maiffred, il disait la messe sur un meuble qui est parvenu jusqu’à nous, donné en 1900 (20 décembre), par Mme de Ricard, à la Chartreuse-de-Montrieux. Nous avons pu en prendre une photographie et savons avec quel religieux souvenir les Chartreux s’en servent encore d’autel, aujourd’hui. Il fut légué à la Chartreuse de Montrieux par Mme Eugène de Ricard, née Gabrielle de Bedos de Celle, ainsi que le constate un procès-verbal signé par le Prieur, Procureur et autres témoins.

Le 12 juillet 1795, il mourut dans ce même asile et fut enterré dans la cour de la maison, il y resta jusqu’en février 1856 où ses restes furent solennellement transportés dans son ancienne Eglise conventuelle de Sainte Magdeleine, devenue paroissiale.

C’est là qu’est son tombeau dans la nef de droite, contre le premier pilier en entrant dans l’Eglise « Apôtre de Marseille pendant les plus mauvais jours de la persécution (y lisons-nous), au péril incessant de sa vie, il s’épuisa dans l’exercice d’une charité héroïque. »

Sa mémoire est loin d’être perdue à Marseille ; les miracles qu'on lui attribue de son vivant et plus encore après sa mort ont entretenu une extraordinaire confiance en sa bien-heureuse intercession.

Ses portraits répandus en grand nombre, mais souvent oeuvres de dessinateurs inhabiles, excitaient la dévotion des fidèles. Plusieurs sont parvenus jusqu’à nous, et nous avons été assez heureux pour en retrouver trois.

La première, une peinture de 16/12 1/[2 cm est conservée dans la sacristie de Sainte Magdeleine des Chartreux, elle représente D. Joseph, revêtu de l’étole, tenant dans ses mains la boîte d’hosties consacrées qu’il portait aux malades et sur laquelle il fixe un regard adorateur et contemplatif. Possédé par la famille de l’abbé Reimonet (un coopérateur de D. Joseph pendant la Révolution). Cette peinture « plus précieuse que savante », fut donnée en 1895 à l’Eglise Sainte Magdeleine par un descendant de la famille de Raimonet, M. Revest, du consentement de ses enfants , ainsi que l’indique une lettre de même date.

Un deuxième portrait figure en tête de la « Biographie de D. Joseph de Martinet par M. de Ricard, archiviste-adjoint des Bouches-du-Rhône, Marseille, Marius Olive 1870 », ainsi que dans la brochure « D. Joseph de Martinet..- par un prêtre de la Mission, Montreuil-sur-Mer 1896 ».

Un troisième se trouvait entre les mains de M. V. de Gaudemaris et a été remis aux Chartreux par ses héritiers, c’est la photographie d’une peinture qui porte au verso la note suivante : « Portrait de  D- Joseph, chartreux, mort à Marseille en 1795, peint pendant la Révolution et avec le costume qu’il avait adopté, à cette époque, ce tableau appartenait au Sieur Vincent Amphoux, agriculteur aux Paroyes (quartier rural de Château-Gombert), chez lequel Dom Joseph s’est « rendu plusieurs fois pendant les mauvais jours. Je l’avais acquis des héritiers du Sieur Amphoux et par l’entremise de M. Courbeau le 7 avril 1851, jour de jeudi â 3 heures du soir. — Aug. de Ricard. — Prix d’achat 5 francs. » On ignore où se trouve ce tableau, dont on ne possède que le cliché photographique.

Au point de vue de la ressemblance, il existe un document bien autrement exact, c’est le « Masque de D. J. de Martinet », Chartreux, pris après sa mort (1795), conservé dans la famille de Ricard, déposé à l’évêché de Marseille, 1899, reproduit par les soins de M, le Vicaire Général Olivier chargé de sa cause, par le sculpteur Cari et offert en 1900 par M. I’abbé Coudray, curé de Sai nt-Charles, au Monastère de la Grande Chartreuse, ainsi qu'à la Chartreuse de Montrieux ».

Un dernier portrait, moderne celui-là, semble avoir été composé en utilisant tous les autres décrits et le masque. B - Nous en avons une photographie, mais sans savoir où est l’original et par qui i! a été fait.

Les deux biographies ci-dessus indiquées, mentionnent des reliques de D. Joseph, entre autres un mouchoir sur lequel il avait laissé la Sainte hostie pour communier un moribond, on parle ensuite de son cilice (*), peut-être d’ornement d’autel... mais tout cela est resté pour nous introuvable.

La réputation de Sainteté du Vénérable Chartreux était telle que l’évêché de Marseille s’en est occupé, et non content de faire célébrer solennellement le centenaire de sa bienheureuse mort par une académie au petit séminaire, il nomma une autre commission présidée par M. le Vicaire Général Olivier, pour étudier la cause. Faisant nôtre la pensée du dernier biographe de D. Joseph, nous redisons de tout cœur : « Espérons qu’un jour ces faits miraculeux, seront solennellement reconnus et mériteront à l’humble et fervent Religieux les honneurs que semblé réclamer sa Sainte Vie ! » Je ne terminerai pas cette iconographie sans remercier M'. l’Archiviste du département, MM. les Conservateurs du Musée et M. le Curé de Sainte Magdeleine, qui m’ont fourni avec la plus grande obligeance les renseignements et autorisations de photographier les divers documents qui m’ont servi pour cette étude, et qui grâce au talent de photographe de M. Duce sont destinés à conserver les souvenirs du passé de ce monastère, dont le nom est encore si vivant dans notre ville, puisqu’il est resté celui d’un quartier des plus populeux de Marseille.

Source : BnF - Provincia - Société de Statistique -- T3 - 1923

(*) Vêtement de crin porté sur la peau par pénitence.

 

Réclusion de D-J de Martinet à Château - Gombert

Source BnF : Biographie de D-J de Martinet - 1870 - Demande de réintégrer les églises de Marseille 1/2

Source BnF : Biographie de D-J de Martinet - 1870 - Demande de réintégrer les églises de Marseille 2/2

Source BnF : Biographie de D-J de Martinet - 1870 - 11 août 1795 - Pétition de Château - Gombert

Source BnF : Biographie de D-J de Martinet - 1870 - Vincent Amphoux et Martinet

Source BnF : Biographie de D-J de Martinet - 1870 - Les maux de Château - Gombert

Jean Joseph Allemand

Source : Bibliothèque de Toronto

Bareille (De vrai nom Barielle), généreux donateur de Château Gombert

Source : BnF - La France Charitable - 1896

Patronage de garçons de Château - Gombert

Ecole maternelle privée de Château - Gombert

Patronage de garçons de Château - Gombert

Patronage de garçons de Château - Gombert

Jugements & risques encourus

Source : Google - Lois & Actes du Gouvernement T7 - 1793