Gombert.story

Gombert.story

Détail des tableaux

L’église, placée sous le patronage de saint Mathieu, avait été consacrée par Mgr de Mazenod en 1834.

Des travaux très importants y furent faits en 1877, notamment pour réparer la voûte et installer les vitraux.

Longue de 31 mètres sur 13m.50 de large, cette église à une seule nef, avec huit chapelles latérales séparées par de puissants piliers qui soutiennent la voûte en croisillons, est une des plus intéressantes de la banlieue.

Elle est surtout plus riche qu’aucune autre en beaux tableaux. Derrière l’autel, dans un bel encadrement, une Vocation de saint Mathieu, peinte par Pierre Puget dans le couvent des Pères de l'Observance de Saint-Jérôme, et payée 300 livres.

A gauche du chœur, une des belles œuvres de Finsonius, la Résurrection de Lazare (1613), qui ornait encore en 1878 la chapelle des Pénitents et qui inaugura l’exposition d’art provençal de l’Exposition coloniale de 1906; dans les chapelles latérales, trois toiles de Michel Serre.

 

Saint Mathieu

Saint Mathieu

Ce tableau, cité par Papon en 1787 (1), et dont certaines sources disent qu'il fût réalisé par Pierre ou François Puget, fit l'objet de nombreuses controverses.

Sur la réalisation, qui, selon les affirmations du petit fils de Pierre, (Pierre Paul) affirme que ce tableau a été exécuté par son père, François, à Château Gombert, et non par son Grand-père, Pierre.

Or, le "prix fait publié" de l'œuvre fut passé le 6 septembre 1691 entre les possédants biens de Château- Gombert serait non pas avec l'illustre Pierre Puget, mais bien avec son fils François (2).

La controverse fit (et fait encore) rage, et l'on ne sut avec exactitude, si le document du "Prix fait", présenté par le petit fils, n'était pas tout simplement un faux.

L'Histoire est riche de ces épisodes d'usages de faussaires.

Les marseillais possédant biens dans Château Gombert (terres, bastides...), et mis sous la coupe du territoire d'Allauch (tracés de 1279 et de 1294), supportaient mal leur dépendance vis-à-vis du Chapitre, et des redevances qu'ils devaient lui payer (droits du sol et animaux). Pour s'en défaire, ils invoquèrent un faux acte en leur faveur, attribué au Comte Raimond Bérenger. Ils furent condamnés à cinq reprises entre 1391 et 1446 (3).

La Vocation de saint Mathieu fut dissimulée par les paroissiens pendant la Révolution.

Enlevée de son cadre, elle fut roulée, et mise à l'abri dans l'attente de jours meilleurs.

Ce n'est qu'en 1804 qu'elle retrouva sa place.

Entre-temps, elle avait terriblement souffert, et plusieurs retouches ont été nécessaires avant d'être de nouveau exposée :

La tête du Saint a été complètement remaniée, certaines draperies aussi.

La largeur du tableau a dû être réduite de quelques centimètres. Ce qui explique la poignée de l'épée incomplète sur la droite.

A noter l'anecdote concernant le personnage assis à droite sur la table.

Il s'agirait du Père Boul(l)eguon, sacristain de la Paroisse des Accoules, venu par curiosité assister à la mise en place du tableau par son auteur Puget, selon les dires rapportés.

A peine les dernières retouches de peinture furent-elles apportées par le Maître, que ce dernier, se tournant vers le sacristain, lui demande si cette œuvre lui convient. Le sacristain lui répond que techniquement, la touche est parfaite, mais qu'historiquement, la scène est fausse.

Il lui fait comprendre que, si saint Mathieu est le 9ème apôtre, bien que l'Évangile ne fasse mention que du 5ème, alors, il manque alors trois personnages.

Cependant la tradition veut que, lors de la Vocation de saint Mathieu, six apôtres furent présents. En ce cas, il en manquerait un.

L'artiste comprit rapidement qu'il fallait réparer une telle omission.

Il demanda au sacristain de conserver la pose, et le peignit immédiatement dans l'église, avant de le mettre en place derrière le Maître Autel.

On notera parmi les autres assertions :

'"Derrière l'autel, dans un bel encadrement, une Vocation de saint Mathieu, peinte par Pierre Puget dans le couvent des Pères de l'Observance de Saint-Jérôme, et payée 300 livres. '' (4) "

L'église paroissiale de Château Gombert renferme plusieurs tableaux de Serre et cette Vocation de Saint Mathieu que le petit fils de Puget a fort imprudemment contesté à son grand-père.

L'auteur de Milon pouvait seul aborder une toile de dimensions aussi considérables, et la couvrir, non pas d'un chef-d’œuvre, mais d'une composition savante et grandiose." (5)

Sources :

(1) Bnf. Voyage Littéraire de Provence & Gazette de Beaux-Arts 1859.

(2) Bnf. Gazette des Beaux-Arts juillet Août 1935. Gazette des Beaux-Arts T 14 1935.

(3) Archives Méjanes : Monographies Communales T XIV - P. Masson. 1935.

(4) Archives Méjanes : Dictionnaire des Bouches du Rhône T2. A. Saurel 1878.

(5) Gazette des Beaux-Arts T23 - 1867 - Léon Lagrange.

 

Extrait du document

" Ce grand tableau, malgré ses tons très sombres, attire l’œil dès que l’on entre dans l’église par sa position au-dessus de l’autel majeur.

Depuis plus de trois cents ans, malgré une courte interruption, il occupe cette place comme l’ont voulu les constructeurs mêmes de l’église.

Dès la construction de l’édifice, achevée en 1688, les habitants du quartier ont songé à l’aménagement intérieur, et en particulier à l’autel, qui est le centre de la liturgie ; suivant les règles de l’époque, l’autel devait être placé au fond du sanctuaire, de sorte que le célébrant et l’assemblée, tournés vers l’orient, s’adressent au Père par l’intermédiaire du Fils, Jésus-Christ, soleil levant pour tous les croyants.

Le mur du sanctuaire situé au-dessus de l’autel recevait donc la décoration la plus remarquable, à savoir un grand retable orné de quatre colonnes torses entrelacées de vignes et surmonté d’un fronton soutenant la croix entourée d’anges.

Ce retable fut commandé aux frères Bernard, deux sculpteurs marseillais de renom à la fin du XVIIè siècle. On en a la description dans le contrat passé devant notaire au moment de la commande ; c’est ce que l’on appelait à l’époque le « prix-fait ».

Il fut doré à la feuille au cours du XVIIIè siècle, et l’autel situé au pied reçut alors une décoration de miroirs.

Le retable était destiné à recevoir un tableau évoquant Saint Matthieu, patron de l’église et du quartier.

Pour ce tableau on s’adressa à François Puget, peintre ordinaire de Roi, fils du célèbre Pierre Puget, avec qui on passa devant notaire un second prix-fait le 6 septembre 1691, lequel prévoyait la livraison du tableau dans huit mois pour la somme de trois cents livres.

Le sujet choisi fut celui de la vocation de Saint Matthieu, dont le récit se trouve dans l’évangile de Matthieu (IX, 9-13) mais aussi dans Luc (XX, 25-32).

" Nous sommes au bureau de l’octroi, à la sortie de Capharnaüm ; le registre pour inscrire les sommes perçues est encore ouvert, et l’épée destinée à faire payer les récalcitrants se trouve à proximité… Mais la grâce a déjà fait son chemin, Matthieu est aux pieds de Jésus, prêt à le suivre et à témoigner ".

Dans l’esprit d’une religiosité baroque, cet immense retable doré, occupant tout le chevet de l’église jusqu’à la voûte, et brillant de mille feux, devait évoquer la gloire céleste à laquelle l’homme est appelé par la conversion, à l’exemple de Saint Matthieu.

En 1794 le retable et le tableau furent saisis, ainsi que tout ce qui se trouvait dans l’église et la sacristie.

Le retable a disparu à jamais.

Le tableau, déposé de son châssis et roulé fut entreposé dans les caves du couvent des Bernardines, alors siège du conseil général du district, aujourd’hui Lycée Thiers ; avec une multitude d’autres œuvres d’art

il était destiné à entrer dans le fonds du musée prévu dans chaque département par la Convention.

Les choses ayant traîné, et par chance le curé de Château Gombert nommé après le rétablissement du culte étant un ami du préfet, le tableau a pu reprendre sa place, dans un cadre moins somptueux que celui qui avait été conçu au départ sans doute, mais enfin il n’a pas été perdu pour notre église.

Les restaurations qui ont dû être faites au XIXè siècle ont vieilli, ce qui explique le peu de lisibilité de la toile.

Il faudrait une restauration générale, qui ne peut être décidée que par le service des monuments historiques "

 

Extrait du document (suite)

" A noter l'anecdote concernant le personnage assis à droite sur la table. Il s'agirait du Père Boul(l)eguon, sacristain de la Paroisse des Accoules, venu par curiosité assister à la mise en place du tableau par son auteur Puget, selon les dires rapportés. A peine les dernières retouches de peinture furent-elles apportées par le Maître, que ce dernier, se tournant vers le sacristain, lui demande si cette oeuvre lui convient. Le sacristain lui répond que techniquement, la touche est parfaite, mais qu'historiquement, la scène est fausse. Il lui fait comprendre que, si saint Mathieu est le 9ème apôtre, bien que l'Évangile ne fasse mention que du 5ème, alors, il manque alors trois personnages. Cependant la tradition veut que, lors de la Vocation de saint Mathieu, six apôtre furent présents. En ce cas, il en manquerait un. L'artiste comprit rapidement qu'il fallait réparer une telle omission. Il demanda au sacristain de conserver la pose, et le peignit immédiatement dans l'église, avant de le mettre en place derière le Maître Autel."

source : Bnf Gazette des Beaux Arts juillet Août 1935. Gazette des Beaux Arts T 14 1935

 

Saint Lazare

Saint Lazare

Ce tableau, œuvre du peintre Flamand Finsonius, élève du Caravage, n'est pas considéré comme l'une de ses œuvres majeures (1).

Elle appartenait à la Confrérie des Pénitents de Château Gombert, dont elle décorait la chapelle avant qu'elle ne soit ruinée.

Le peintre s'y est représenté à gauche, arborant barbe , moustache et toque à plumes.

Sa signature sur le cadre indique : LOGWICUS FINSONIUS BELGA BEUGENSIS FECIT A° 1613. (2)

(1) Source Bnf Gazette des Beaux Arts T 36 1859

(2) Source .Gazette des Beaux Arts T 23 1867

On notera : la Résurrection de Lazare (1613), qui ornait encore en 1878 la chapelle des Pénitents, inaugura l'Exposition d’Art Provençal de l’Exposition coloniale de 1906.

 

Tableau dans l'exposition, en haut à droite

Détail du coin bas gauche du tableau

Détail du tableau exposé

Détail du tableau réel

Le Purgatoire

Le Purgatoire

Ce tableau, œuvre de Michel Serre, appartient à l'époque du "Culte des Morts".

Au 17 ème et 18 ème siècle, une véritable dévotion aux morts se révéla sous plusieurs formes.

Les Confréries Luminaires (*) passent commandes d'objets rappelant aux croyants, que la vie après la mort peut s'arrêter au Purgatoire, en attendant mieux.

Une véritable hantise pour le commun des mortels, qui n'hésite pas, quand les moyens lui en sont donnés, de prévoir, de son vivant, son "après-mort", en faisant réaliser des objets de piété ; souvent, même en payant de nombreuses messes et dévotions pour le salut de son âme.

Cette forme de culte est souvent rencontrée dans les églises en Provence.

Elle se manifeste par des autels, des retables, ainsi que des décorations picturales (tableaux ou peintures murales).

Elle se manifeste aussi par : la représentation du Christ seul en présence des âmes du purgatoire, de la Vierge intercédant le Christ pour le salut de quelques-unes ou la présence de Saint Michel, une balance à la main, dans l'attente de la pesée des âmes.

Le tableau de Château Gombert est assez unique : il associe : le Christ, assis sur le globe terrestre, Marie à sa droite et, élément assez rare, Saint Joseph à sa gauche.

Certains peintres sont "spécialistes" de la chose : Michel Serre, tout d'abord, mais aussi Mignard, Daret....

A contrario, et par opposition à un Purgatoire qui évoque une mauvaise issue de la Mort, une nouvelle idée de l'"Après" se fait jour : celle de la "Bonne mort".

C'est ainsi que nombre d'églises dédièrent, au travers de donations, certains de leurs lieux (chapelles...), à la Résurrection de Lazare ou Saint Joseph agonisant (deux tableaux présents dans l'église de Château Gombert).

(1) Les Confréries Luminaires regroupent au 18ème siècle les Confréries du Saint Sacrement, du Rosaire, des âmes du Purgatoire.

Source : La mort et l'au-delà en Provence d'après les autels des âmes du purgatoire (XVe-XXe siècle) Vovelle Michel, Vovelle Gaby

 

Apothéose de l'Ordre de saint François

Appothéose de l'Ordre de saint François

Peinture de Michel Serre (1658 - 1733)

 

 

Agonie de Madeleine

L’agonie de Madeleine

Il existait, depuis 1595, à la Bégude de la Croix Rouge, une chapelle.

Elle appartenait en 1715 aux familles Doria et Michel de Léon.

Restaurée en 1853, son dernier propriétaire fit enlever en 1875, tous les objets de culte : cloche, autel, tableaux,... pour les transporter à l'église de la Croix Rouge.

L'Agonie de Madeleine sera transportée à l'église de Château Gombert.

A noter que l'inventaire dressé en avril 1882 par "La Provence Artistique" ne le mentionne pas dans l'église de Château Gombert.

Source : Archives Méjanes - Encyclopédie Départementale - P. Masson - 1935.