Gombert-story

Gombert-story

Le Choléra et ses miracles - 1865

Source BnF

L'exode hors la ville.

En 1834 et 1835, le choléra fait ses ravages à Marseille.

Pourtant, certaines familles de la cité, possédant biens dans les campagnes environnantes, s'y réfugièrent pour y échapper.

Ce fut le cas de la famille Montezan (*) qui accueillit plusieurs personnes, de façon désintéressée, dans leur propriété de Château Gombert.

Source : Histoire du Pensionnat Menpenti.

(*) En provence, il était d'usage de donner au nom d'une propriété, celui de la famille, en le féminisant.... La Montezane (Montezan)

Le terme de " moulin de la Montezane " est impropre.

 

Le vieux moulin en bas gauche - La maison de Maître au centre

Source : BnF - Juillet 1835 (Artcle complet dans La rubrique "Nobles/Aristocrates" / Montezan)

Anecdotes & dicton

ENTRESEGNES. Marques, Indices. Signes apparens et probables.

La palour doou souleou et la coulour terno de la luno eroun les entresegnes doou cholera : la pâleur du soleil et celle de la lune semblaient être les indices du choléra.

Source : Dic. Provençal / Français - JT Avril - 1839

Source : BnF

Les quartiers protégés.

Source : BnF

Les Aurengues. Quartier protégé.

Source : Almanach Hachette 1909....... Coll. part.

ÉPIDÉMIE DE 1884 - Les banlieues protégées

Source : Institut Pasteur

SÉMAPHORE ET CHOLÉRA

Le saviez-vous ?

" Pendant la terrible épidemie de 1835 , on avait organisé, sur la hauteur de Notre Dame de la Garde, avec des pavillons de diverses couleurs, un système de signaux qui annonçait aux habitants de la banlieue, le chiffre des décès. Ce fut un jour de fête, celui qui vit flotter, après tant de journées de deuil, la bienheureuse bannière indiquant " zéro ".

Source : Google - Revue de Marseille - Meynier - 1866

Source : BnF Gallica - SÉMAPHORES

STATISTIQUES

Le choléra s'est montré à cinq reprises différentes à Marseille de 1834 à 1865.

En 1834-1835, il fit 3.441 victimes ;

en 1837 : 1.526

en 1849 : 2.211

en 1854-1855 : 4.479

et enfin en 18.65 : 2.037

En tout : 13.694 victimes.

" Le choléra inspire à la population marseillaise une sainte horreur. Aussi dès que la présence du fléau est signalée, il y a parmi elle une grande émigration. Les riches fuyent au loin. Ceux que leurs affaires retiennent à Marseille se réfugient à la campagne avec leurs familles et ne reviennent en ville que vers le milieu de la journée. On prétend à tort où à raison, que le mal se communique et se déclare lorsque le soleil est couché. La peur du choléra a tué des gens que le fléau avait épargnés. On cite même des individus, qui ne pouvant surmonter la terreur qui ies dominait se suicidèrent. Se donner la mort de peur de mourir, c'est le comble de la folie. L'homme est l'être le plus inconcevable de la création."

Source: BnF - La Provence Artistique - 1882

 

La Lèpre.

Maladie bien connue dès le Moyen Âge, il existait une léproserie principale au Nord de Marseille. Toutefois, pour les malades entrant dans Marseille par l'Est (Aubagne, Allauch), un bâtiment avait été aménagé à la Croix Rouge pour accueillir différents malades contagieux (Maladie de Naples,....).

Cf. art. sur le site

Source : BnF

La lèpre autour de Marseille

Plusieurs villages, autour de Marseille possèdaient leur barrière s'entrée. Tous ces endroits, à l'instar de Marseille, étaient le passage obligé pour y accéder. C'est le cas des quartiers dits de "La Croix Rouge" situés à Vitrolles, Berre, Martigues....

La ville de Vitrolles se remarquait par la continuité endémique de la maladie ; à tel point qu'elle fût nommée "Lèpre de Vitrolles". Présence en 1821

Source : Google - Statistiques des BduRh - Comte de villeneuve T1 - 1821

La première transcription sur la présence de lèpre à Marseille, date de la fin du VIème siècle

CLICLETTOS ou CLIQUETTOS DE LADRE, ſ. f. pl. Cliquette, instrument fait avec des petites planches, dont on se sert au lieu de cloches les trois derniers jours de la ſemaine Sainte. Voir TARABAS. On dit cliquettos de ladre, parce que les Lépreux en portoient dans les rues pour avertir les paſſans de s'éloigner d'eux.

Source : Google - Dic. Provençal / français - Achard - 1785

Origine des cliquettos : instrument réalisé à partir de deux petites planchettes de bois, ou d'os, placés de part et d'autre du majeur de la main. Les deux morceaux étaient percutés en cadence sur la paume de l'autre main. Cf. rubrique "Les instruments"

La Peste

Les pestes de 1720, font suite aux 23 (vingt trois), que la Provence et Marseille eurent à subir depuis César (*).

Château Gombert n'y a pas echappé.

Dès que Marseille fut touchée, la décision de vouloir contenir à tout prix le fléau pris forme.

Il fallait impérativement contenir l'épidémie au moyen d'un mur "hermétique" ceinturant l'agglomération, au plus près de sa banlieue.

Ce mur devait avoir une hauteur de six pieds (1,95 m) et d’une largeur de deux pieds (0,65 m). Il était flanqué de loin en loin, de guérites permettant l'accueil d'un petit nombre de militaires, ainsi que de postes de garde à chaque issue de la ville.

(*) Première, 49 ans avant César ; deuxième, en 503 ; troisième, en 586 ; quatrième , en 589 ; cinquième, en 591 ; sixième, en 1347 ; septième, en 1452 ; huitième, en 1476 ; neuvième, en 1484 ; dixième, en 1505 ; onzième, en 1506 ; douzième, en 1507 ; treizième, en 1527 ; quatorzième, en 1530 ; quinzième , en 1547 ; seizième, en 1556 ; dix-septième, en 1557 ; dix-huitième, en 1580 ; dix-neuvième, en 1582 ; vingtième, en 1586 ; vingt et unième, en 1587 ; vingt-deuxième, en 1598 ; vingt-troisième, en 1630 ; vingt-quatrième, en 1639 ; vingt-cinquième, en 1720

Source : google - Histoire de Marseille - A. Boudin - 1852

Château Gombert perdit plus de 641 âmes au décompte de 1722.

Le village fut considéré comme totalement dépeuplé, à l'image du Canet et de saint Marcel (1).

Dès la reprise du mal, la ville rétablit les postes et les barrières qui étaient destinés à exercer une étroite surveillance sur les communications avec l'extérieur.

Ces postes avaient été supprimés, car le 22 avril 1722, nous voyons une expertise faite par les sieurs Chape et Carlet, évaluer les dommages que la barrière établie sur le chemin d'Allauch avait occasionnés à la campagne de Jean Amphoux.

Fixée à 404,12 livres, savoir 251,12 pour la Communauté d'Allauch et 153 pour celle de Marseille, L'indemnité avait été payée par celle-ci, le 2 mai suivant .

" Dès le 10 mai, les troupes campées a la Chartreuse de Marseille reprenaient les corps de garde et les barrières de Septèmes, la Gavotte, la Bégude. Brayc de Camp, la Bastidonne, Château-Gombert et Lestaque ". (2)

" Six jours de quarantaine sont imposés à la femme Pinatel qui avait assisté à la messe à Château-Gombert ".

" Pierre Michel et Pierre Pellegrin, qui sont allés à Marseille, sont enfermés à leur retour :

Le premier, à l’infirmerie ; l’autre, dans sa maison, et cela pour 40 jours ; défense d’en sortir sans avoir été " parfumé " ; ils payeront, en outre, une amende de trente livres ".

" Javelly, de la Ponche (Pounche), a été vu arrivant nuitamment de Marseille ; on l’enferme chez lui et on met deux gardes à sa porte ".

" Le fils de Joseph Camoin, qui avait quitté Marseille en compagnie de sa femme pour se réfugier dans sa campagne, au quartier de la Cavale, est impitoyablement chassé hors des limites du terroir " (2)

Par ordre de l'évêque de Marseille, Henry François Xavier de Belsunce de Castelmoron, l'église de Château Gombert sera la dernière église de Marseille à rouvrir.

La messe continura à être célébrée en dehors ou aux portes de l'église, pour finir la quarantaine (3)

(1) Bnf. La Peste de 1720 à Marseille et en France 1911 et Arch. Municipales. A noter que ce chiffre porte sur l'ensemble de la peste de 1720 à 1722

(2) Congrès des sociétés savantes de Provence Marseille 31 juillet 2 août 1906.

(3) Bnf. Le Mercure sept 1722.

La première peste venant de Grèce est décrite à Marseille en 586. Elle revint d'Espagne en 589.

Source : BnF - Le Mercure 1722 - Dernière église à rouvrir

Source : BnF - Le Mercure 1722 - Dernière église à rouvrir

La contagion du village

Le premier habitant de Château Gombert, déclaré mort sur le régistre paroissial, fut Marie Anne Marin, 30 ans.

Le cas a été signalé le 4 août 1720 par le curé. (Cf. Doc joint)

Source : Archives département.

A noter qu'à partir de cette date, tous les cas de décès par contagion de peste sont répertoriés.

Source : Arch Départementales - Régistres paroissiaux 1720

8 octobre 1720. Enterrement des couples : Nicolas Lion et sa mère - Marie Amphoux et son mari Gaspard Durbec

Mutualisation des écrits

30 septembre 1720

Le nombre de morts contaminés ne peut plus être consigné au quotidien sur le régistre municipal.

Afin de se protéger de tout contact avec les familles du défunt, le curé convient de mentionner ceux ensevelis dans la semaine. Les signatures des témoins (illétérés ou non) sont absentes.

Cette semaine est dramatique...

Jullien François Capitaine 40 ans

Jullien Jean-Baptiste 40 ans

Malet Anne 34 ans

Margaillet Louise 40 ans

Vouaie Jean-Louis 50 ans

Blanc Antoine 45 ans

Amphoux Antoine

Jullien Anne

Boyer François 50 ans

Pinatel Thérèse 66 ans

Jullien Jaques 74 ans

Source : Arch Départementales - Régistres paroissiaux 1720

NB. Perfumaïre

Nom que l'on donnait à ceux qu'on chargeait de parfumer les rues et les maisons pendant la peste, en brûlant du romarin et autres plantes arômatiques.

Source : Frédéric Mistral

" La plus grande partie de ces parfums envoyée à Marseille, de différentes parties du royaume et des provinces étrangères, a été fort inutile, très-dispendieuse. souvent dangereuse et quelquefois funeste ; quelques personnes y ont péri par la suffocation et une toux convulsive » et deux hommes à Lyon succombèrent à la force par la violence des parfums qu'on leur fit essuyer. "

Source : Google - Pièces historique de la peste à Marseille - 1720/1721/1722

NOTA.

Les différentes "solutions" pour essayer d'enrayer les épidémies dans le Terroir, sont données dans la rubrique "Se soigner"....

A lire avec le recul nécessaire......

La peste "devait" être contenue par des fumigations de plantes méditerranéennes : romarin, thym, cade...

RECETTE DU PARFUM ANTI PESTES

Préparation et dose du parfum employé à Marseille, pour Ia désinfection des maisons, chambres, meubles et marchandises. 

" Pour faire un quintal de parfum, on prendra du soufre commun, et de poudre à canon, de chacun quinze livres de poix-résine et de poix noire , de chacune sept livres ; d'arsenic blanc, d'orpiment, de cinabre d'antimoine et deralgar, de chacun demi-livre ; de graines de lierre et de genièvre, de chacune quatorze livres.

On fera torréfier les graines et on mettra le tout en poudre, bien mêlé ensemble ; pn prendra, pour faire la base du parfum, vingt cinq livres de son torréfié, dans lequel on incorporera les drogues pulvérisées, avec la précaution essentielle pour celui qui les remuera avec une spatule assez longue, d'être masqué, ou d'avoir une glace sur le visage, de façon à ne pouvoir respirer aucune poussière de l'apprêt de ces poudres.

Avant de mettre le parfum dans la chambre on fermera exactement toutes les. fenêtres, on bouchera les tuyaux des cheminées , et généralement toutes les ouvertures par où le vent on l'air pourrait pénétrer, faisant ouvrir les garderobes, cabinets, coffres, laissant les meubles dans leur première situation. On mettra ensuite une botte de foin du poids de quatre livres ou environ, au milieu de la chambre, sur laquelle on répandra la masse du parfum, après quoi on y mettra le feu , en se retirant promptement.

Vingt-quatre heures après, on pourra ouvrir les fenêtres et les ouvertures qui avaient été bouchées, et laisser aérer ladite chambre pendant trois jours, avant de l'habiter.

Pour les personnes, on employera pour la composition du parfum, la même dose du soufre, de la poudre à çanon, de la poix-résine, des graines de lierre et de genièvre et du son, en supprimant tous les arsenicaux, l'antimoine, et diminuant même d'un tiers la quantité des autres drogues ci-dessus rapportées : ce  qu'on n'a pas toujours fait.

Parfum prétendu infallible contre l'infection de la Peste

Prenez de graine de genièvre, quatre poignées, de la rue, de la racine d'énula-campana et d'écorce intérieure du bouleau, de chacune deux poignées ; du savinier, trois poignées ; corne de bouc râpée, et autant de celle de cheval, de chacune deux poignées ; feuilles de chêne, huit livres ; myrrhe rouge, deux livres.

Il faut couper et mêler le tout ensemble, et en mettre une portion sur un brasier au milieu de la chambre, ou on placera les personnes qu'on veut désinfecter. "

Source : Google - Pièces historiques sur la peste de Marseille - T2 -1720/1721/1722

Source : BnF Congré des sociétés savantes de Provence.

Source : BnF - Menaces d'excommunication en temps d'épidémie

Source : BnF - Menaces d'excommunication en temps d'épidémie

Source : BnF Congré des sociétés savantes de Provence. Réquisition du moulin à vent de Rollandin pour les malades.

Legs

Source : Google

Source : Google

Source : BnF - La Peste en Provence

Source : BnF - La Peste en Provence

Source : BnF - La Peste en Provence

Source : BnF - La Peste en Provence

Source : BnF - La Peste en Provence

Source : BnF - La Peste en Provence

PESTE & PROVERBE

" PESTO & RECHUTO "

PESTE & RECHÛTE. " Malheur sur malheur ! "

L'on dit cela lorsqu'on est importuné coup sur coup par diverses personnes.

PROVERBE marseillais qui a dû prendre naissance lors de la peste de 1720 , laquelle, après avoir sévi horriblement, fit une deuxième apparition l'an d 'après.

Source : Google - Les Cris des Marseillais - R de la Colombière - 1868

SECRET D'HISTOIRE

L'iconographie représente toujours saint Roch, protecteur invoqué lors des épisodes de peste, découvrant un bubon sur sa cuisse.

En fait, la peste, lorsqu'elle apparait sur le corps de l'homme, se propage depuis les parties génitales (l'individu ne peut plus marcher), et se diffuse progressivement sur le corps.

On disait alors que c'était une " Punition Divine ".

Par pudeur, les représentations de l'Église découvrent la cuisse......

DE L'APPLICATION DE LA LOI EN PÉRIODE DE PESTE...

Nous croyons utile de porter à la connaissance du lecteur, de la lectrice, une Ordonnance parue lors de la peste de 1722. Cette Ordonnance a été appliquée par des habitants de Château Gombert

" De par le Roi,

Le Bailli de LANGERON, Lieutenant-général des armées du Roi, Chef d'escadre de ses galères, Commandant pour Sa Majesté dans la ville de Marseille et dépendances ;

Quoiqu'il n’y ait eu dans la campagne de Marseille que quelques quartiers attaquer de la dernière contagion, et que depuis le 26 du mois de juillet dernier, personne n'y ait été atteint, cette maladie ; cependant pour n'avoir aucun doute sur ce qui pourrait dans la suite en déranger la santé, Nous ordonnons à tous les Capitaines et Commissaires dénommés dans la liste suivante, et établis pour le service de la campagne, d’y visiter toutes les maisons de leurs quartiers et départemens, pour voir si l’on n’y aurait point entreposé des marchandises venues d’Avignon ou du Comtat, ou autres marchandises susceptibles, sorties de cette ville de Marseille, pour en éviter la désinfection.

2° S’ils y trouvent de ces marchandises, ils dresseront un état qu'ils signeront avec le propriétaire, pour être remis à M. le marquis de Mizon, brigadier des armées du Roi, colonel du régiment de Flandre, employé sous nos ordres, et un double dudit état sera laissé au propriétaire ; ensuite de quoi ils envoyeront aussitôt demander aux Echevins des corbeaux et des tombereaux, pour taire transporter lesdites marchandises au Lazaret de cette ville, où nos ordres sont donnés pour les y recevoir et les y désinfecter.

3° Ils demanderont en même-tems à M. le marquis de Mizon des soldats pour faire escorter les corbeaux, et pour les empêcher de communiquer avec personne pendant le tems qu’ils seront employés à transporter de ces marchandises au Lazaret.

4° Ils envoyeront aussi dans le Lazaret les personnes qui habiteront la maison de campagne, ou ces marchandises se seront trouvées, pour y faire la même quarantaine que lesdites marchandises.

5° ils laisseront seulement dans la maison de campagne (qui se trouvera dans le cas ci-dessus) le principal paysan et sa femme, pour avoir soin du bien, qui dépérirait s’il n’y restait personne pour le cultiver ; mais en les y laissant, ils leur ordonneront la quarantaine dans ledit bien, et ils leur signifieront de notre part, que s’ils communiquent avec quelqu’un, et s'ils sortent de l’étendue de la propriété où ils seront consignés, ils seront fusillés.

6° Si les paysans et paysannes qu’on laissera pour la culture des biens ( comme nous venons de le dire ) ont des enfans d’un bas âge, on les laissera avec eux.

7° Lesdits Capitaines et Commissaires feront ensuite donner trois parfums (*) dans tous les appartemens de la maison de campagne qui se trouvera dans le susdit cas ; savoir : un au commencement de la quarantaine, un au milieu , et le troisième à la fin de ladite quarantaine.

8° Ils feront des recherches encore plus exactes dans les maisons de campagne où il y a eu des malades de la dernière contagion, et ils y feront donner de nouveaux parfums, quand même ils n’y trouveraient pas des marchandises.

9° S’il y a des maisons de campagne fermées depuis la peste de 1720 et 1721, quoiqu’elles ayent été déjà désinfectées, ils les feront encore parfumer et nétoyer, et s’il s’y trouve des marchandises susceptibles, ils les feront porter au Lazaret avec les précautions prescrites dans les articles 2 et 3 de la présente Ordonnance.

10° Si dans ces maisons de campagne, depuis le tems que nous venons de le dire, il se trouve des meubles, des hardes, du linge et des marchandises, ils envoyèrent le tout au Lazaret, pour y être purgé, à la réserve de ce qui ne méritera pas d'être conservé, qu’ils feront brûler sur-le-champ, en présence du propriétaire ou de quelqu’un de la maison.

11° Les Inspecteurs, Capitaines et Commissaires de la campagne et du faubourg de cette ville, recevront sur l'exécution de cette Ordonnance des ordres plus particuliers de M. le marquis de Mizon, et ils se conformeront à tout ce qu’il jugera à propos de leur prescrire.

12° Défendons à toutes personnes, de quelque état et condition qu’elles soient, de cacher aucunes marchandises ni effets susceptibles, et d’en transporter aucunes d’un endroit à l’autre, pendant quarante jours ( à compter du jour de la visite ) sans la permission de M. le marquis de Mizon, sous peine d’être fusillés.

13° Lorsque les Capitaines et Commissaires envoyeront au Lazaret des marchandises et autres effets susceptibles, ils auront soin de mettre des étiquettes aux balles, ballots, caisses, coffres et paquets, et de les signer avec le propriétaire desdites marchandises, et en mettant au-dessus desdites étiquettes le nom du quartier, afin que l’on puisse mieux distinguer dans le Lazaret ce qui sera de la campagne, et que rien ne soit confondu,

14° Lesdits Capitaines et Commissaires feront trois visites par semaine ( chacun dans son département) pour voir s’il n’a point été porté des nouvelles marchandises dans les maisons de campagne qu’ils auront déjà visitées, ou si l’on n’aura point enlevé quelqu’unes de celles qu’ils y auront reconnue lors de la première visite.

15° Ordonnons à tous ceux qui sauront où il y aura des marchandises, meubles, bardes, linges et autres effets susceptibles cachés, de nous le dénoncer ou à M. le marquis de Mizon ; lesquels effets, marchandises, meubles, hardes ou linges seront et demeureront confisqués au profit des dénonciateurs, et à eux remis après que la désinfection en aura été faite.

16° Si les Capitaines et Commissaires en faisant leurs visites, découvrent des effets susceptibles qui ayant été cachés d’une manière à vouloir leur en dérober la connaissance, pour en éviter la désinfection, ils les envoyeront aussitôt au Lazaret avec les mesures ci-dessus prescrites, pour y être purgées et ensuite confisquées au profit des hôpitaux.

17° Les quatre Inspecteurs de la campagne ( chacun dans son département ) auront l’œil sur tout ce que les Capitaines et Commissaires feront, et ils se porteront principalement dans les endroits où ils croiront leur présence nécessaire, et les Capitaines et Commissaires leur obéiront dans tout ce qu'ils leur ordonneront de notre part, et de celle de M, le marquis de Mizon, pour le fait dont s'agit.

18 ° Les propriétaires et locataires des maisons de campagne qui se trouvent présentement dans cette ville, porteront ou envoyeront les clefs desdites maisons de campagne, immédiatement après la publication de la présente Ordonnance pour que l’opération dont s'agit ne souffre aucun retardement, et ce, à peine de désobéissance , Et afin que personne ne prétende cause d'ignorance du contenu de la présente Ordonnance, elle sera lue, publiée et affichée partout où besoin sera, et un exemplaire d'icelle, remis à chacun desdits Inspecteurs, Capitaines et Commissaires, pour l’exécuter selon sa forme et teneur.

Donné à Marseille , le 25 septembre 1722

Signé le Bailli de Langeron. Et plus bas, par Monseigneur Menetrier

Liste générale des Inspecteurs , Capitaines et Commissaires des différens Quartiers qui composent le terroir de Marseille, et qui ont été établis pour le service de la Contagion, lesquels quartiers ont été divisés en quatre départemens, comme ci-après :

.. / .. Quartier de Château-Gombert :

Meoulan , Dou, capitaines ;

Allègre , Delestrade , Reynaud , Philip , Amphoux , Rigaud , Jullien, Giniés, Jph. Jullien, Rey, Jullien Jullien , Ronlandin , commissaires.

.. / ..

(*) On commença alors la désinfection générale des maisons proposée par M. de Langeron, au moyen des herbes aromatiques, de la poudre à canon, de L'arsenic et autres drogues employées de tout tems au Lazaret. Les églises, les vaisseaux, les magasins, les maisons de campagnes, furent soumis à cette opération, et on mit les marchandises en purge dans les îles destinées à cet usage. "

Source : Google - Pièces historiques sur la Peste de Marseille 1720/ 1721 / 1722. T1 - 1820

TOTAL VICTIMES : 39.055 - Source : GOOGLE - PIÈCES HISTORIQUES SUR LA PESTE DE MARSEILLE - T2