Gombert.story

Gombert.story

PATOIS, ou PATOUES

Jargon du peuple.

" Le Provençal ne sauroit être regardé comme un patois, puisqu'au lieu de dériver du François, il a la gloire de lui avoir donné naissance. "

Dic. Provençal - 1785

Sobriquets....................ou pas ?

Le Dictionnaire

Provençal - Francais

de 1785

apporte un éclairage particulier concernant la présence des sobriquets....

Sobriquet : " Pessegau ".

Ce terme était utilisé comme sobriquet à l'égard des habitants de Château Gombert. Il signifiait localement "un peu fou, touché par le Saint Esprit....". C'est ainsi que certains habitants provençaux ont été affublés de sobriquets plus ou moins fantaisistes : Marseillais (coucouéu), Avignonnais (petacho), Tarasconnais (badau)....

On attribuait aussi ce nom aux céréales qui poussaient de manière désordonnée (blad (blé) pessegau....). L'origine du mot pourrait provenir du nom provençal de la pêche (pessègue). Certains y trouveront un rapport avec le terroir qui comportait de nombreux fruitiers.

Source : Folklore de Provence - Seignole

Autre origine, plus occitane, qui pourrait accorder plus de crédit : Le combat politique mené au XVII siècle entre les « Pivoulins » ( les Pouilleux, gens du peuple), et les « Pessugaux » ( les Pressureurs, Nobles).

Cette fronde menée au départ dans le comtat Venaissin a su être exportée dans toute l’Occitanie.

Le quartier de Château Gombert était réputé pour compter parmi ses résidents des monarchistes convaincus (prêtres, nobles, aristocrates, élus …). Une chanson en montre l’attachement..., jusqu’aux élections de 1910, qui donnèrent un édile " républicain modéré ".

Sobriquets issus du " Trésor dou Félibrige ", du Prix Nobel Frédéric Mistral :

Afuma : sobriquet des habitants de Pontiac (Pyrénées) (Enfumé)

Bourricot : sobriquet des habitants de Saint Laurens (Aude) (Petit âne)

Charlatans : sobriquet des habitants de St Romanet (Vaucluse)

Coupes-Jarret : sobriquet des habitants de Florensac (Hérault)

Cago-blèdo : sobriquet des habitants de Nice (Amateurs de poirée)

Boufo-lesco : sobriquet des habitants de Sarrians (Vaucluse) (Mangeurs de soupe)

Boufo-tourtoun : sobriquet des habitants de St Saturnin les Apt (Vaucluse) (Souffleur de gâteaux)

Féla : sobriquet des habitants de Cadenet (Vaucluse) (Écervelés)

Assucu - bèmi : sobriquet des habitants de Saint Roman (Gard) (Assomeur de bohêmien)

Esbousaire : sobriquet des habitants d'Eyrargue (B du Rh) (Éventreur)

Escourtéga : sobriquet des habitants de Sainte Croix (Hérault) (Déguenillé)

Fénéant : sobriquet des habitants de Vézenobres (Gard) (Paresseux)

Feiniant : sobriquet des habitants de Martigues (B du Rh) (" Les faits néants des Martégaux " - Nostradamus, XVI ème siècle )

Grincho : sobriquet des habitants de Salon (B du Rh) (escroc, voleur)

Judas : sobriquet des habitants de Malaucène (Vaucluse)

Lico-mourtié : sobriquet des habitants de d'Apt (Vaucluse) (suce mortier (*)) . (*) Pilon pour l'aïoli.

Lipo-cuié : sobriquet des habitants de Roquefort (Aude) (lèche cuiller)

Malo-fe : sobriquet des habitants de Monassut (Basses-Pyrénées) (mauvaise foi)

Lipo-cuié : sobriquet des habitants de Roquefort (Aude) (Lèche cuiller)

Manjo-agasso : sobriquet des habitants de Beaulieu (Hérault) (Mangeurs de pies)

Manjo-barbéu : sobriquet des habitants de Mas Audran (Hérault) (Mangeurs de barbeaux)

Manjo-bardoto : sobriquet des habitants de Bargemon (Var) (Mangeurs de boudins)

Manjo-biou : sobriquet des habitants d'Éguilles (B du Rh) (Mangeurs de boeufs)

Manjo-bledo : sobriquet des habitants de saint Paul Trois Châteaux (Drôme) (Mangeurs de bettes)

Manjo-bôchi : sobriquet des habitants de Crillon (Vaucluse) (Mangeurs de boucs)

Manjo-bourro : sobriquet des habitants de Manduel (Gard) (Mangeurs de bourre)

Manjo-brigadèu : sobriquet des habitants de Villars (Vaucluse) (Mangeurs de bouillie)

Manjo-cabalas : sobriquet des habitants d'Airoux (Aude) (Mangeurs de champignons)

Manjo-cabro : sobriquet des habitants d'Armissan (Aude) (Mangeurs de chèvres)

Manjo-cacalausoun : sobriquet des habitants de Bellegarde (Gard) (Mangeurs de petits limaçons)

Manjo-cacarau : sobriquet des habitants de Lieuran (Hérault) (Mangeurs d'escargots)

Manjo-canard : sobriquet des habitants de Bellegarde (Gard) (Mangeurs de canards)

Manjo-cassoulet : sobriquet des habitants de Castelnaudary (Aude) (Mangeurs de cassoulet)

Manjo-castagno : sobriquet des habitants de Davejan (Aude) (Mangeurs de châtaigne)

Manjo-caulet : sobriquet des habitants de Lusiès (Gard) (MAngeurs de choux)

Manjo-cebo : sobriquet des habitants de Château-Renard (B du Rh) (Mangeurs d'oignons)

Manjo-coucourdo : sobriquet des habitants de Robion (Vaucluse) (Mangeurs de courges)

Manjo-couderlo : sobriquet des habitants de Lanet (Aude) (Mangeurs de champignons)

Manjo-couquiho : sobriquet des habitants d'Adissan (Hérault) (Mangeurs de coquillages)

Manjo-farcit : sobriquet des habitants de Pennautier (Aude) (Mangeurs de farce)

Manjo-fardéu : sobriquet des habitants de Montgaillard (Aude) (Mangeurs de paquets de tripes)

Manjo-favarôu : sobriquet des habitants de Péret (Hérault) (Mangeurs de Haricots)

Manjo-favo : sobriquet des habitants de saint Hilaire de Beauvoir (Hérault) (Mangeurs de fèves)

Manjo-fege : sobriquet des habitants de Barcelonnette (Alpes haute Provence) (Mangeurs de foie)

Manjo-fricasso : sobriquet des habitants de Cabanes (B du Rh) (Mangeurs de fricassée)

Manjo-galavard : sobriquet des habitants de Chalabre (Aude) (Mangeurs de boyau de porc farci)

Manjo-galino : sobriquet des habitants de Jonquières (Hérault) (Mangeurs de poules)

Manjo-garousso : sobriquet des habitants de Lançon (B du Rh) (Mangeurs de gesses)

Manjo-garri : sobriquet des habitants d'Eyrargues (B du Rh) (Mangeurs de rats)

Manjo-gôbi : sobriquet des habitants de Montfrin (Gard) (Mangeurs de goujons)

Manjo-gourrau : sobriquet des habitants de Nésignan (Hérault) (Mangeurs de figues)

Manjo-granouio : sobriquet des habitants de Maillane (B du Rh) (Mangeurs de grenouilles)

Manjo-lèu : sobriquet des habitants de Montpellier (Hérault) (Mangeurs de mou)

Manjo-lesert : sobriquet des habitants de Lastours (Aude) (Mangeurs de lézards)

Manjo-locho : sobriquet des habitants de saint Remy (Mangeurs de loches)

Manjo-meleto : sobriquet des habitants d'Uzes (Gard) (Mangeurs de fretin)

Manjo-mi : sobriquet des habitants de Valréas (Vaucluse) (Mangeurs de maïs)

Manjo-mougeto : sobriquet des habitants d'Espéraza (Aude) (Mangeurs de haricots)

Manjo-nap : sobriquet des habitants de Joucou (Aude) (Mangeurs de Navets)

Manjo-nuco : sobriquet des habitants de Claviers (Var) (Mangeurs de têtes de bestiaux)

Manjo-ourtigo : sobriquet des habitants d'Artigues (Aude) (Mangeurs d'orties)

Manjo-pan-mousi : sobriquet des habitants de Tourreilles (Aude) (Mangeurs de pains moisis)

Manjo-pastissoun : sobriquet des habitants de Toulouse (Mangeurs de pâtisseries)

Manjo-patano : sobriquet des habitants d'Auriac (Aude) (Mangeurs de pommes de terre)

Manjo-perdigau : sobriquet des habitants de Treilles (Aude) (Mangeurs de perdreaux)

Manjo-pero : sobriquet des habitants de Fabras (Ardèche) (Mangeurs de poires)

Manjo-pijoun : sobriquet des habitants de Caseneuve (Vaucluse) (Mangeurs de pigeons)

Manjo-piot : sobriquet des habitants de Fabrezan (Aude) (Mangeurs de dindons)

Manjo-poumo : sobriquet des habitants de Padern (Aude) (Mangeurs de pommes)

Manjo-poumo-aigro : sobriquet des habitants de Fontanes (Aude) (Mangeurs de pommes aigres)

Manjo-sablo : sobriquet des habitants de Cannes (Alpes maritimes) (Mangeurs de sable)

Manjo-sépio : sobriquet des habitants de Bélarga (Hérault) (Mangeurs de seiches)

Manjo-tian : sobriquet des habitants de Carpentras (Mangeurs de terrines)

Manjo-toro : sobriquet des habitants de Baillargues (Hérault) (Mangeurs de chenilles)

Manjo-tripo : sobriquet des habitants de Lodève (Hérault) (Mangeurs de tripes)

Manjo-tripous : sobriquet des habitants de Paulhan (Hérault) (Mangeurs de boudins)

Manjo-troucho : sobriquet des habitants de Navacelle (Hérault) (Mangeurs de truites)

Manjo-turgan : sobriquet des habitants de Juillacq (Basses  Pyrénées) (Mangeurs de goujons)

Mandiant : sobriquet des habitants de Saint Félix (Hérault) (Truand)

Maraud : sobriquet des habitants de Belcastel (Aude) (Maladroit)

Mascaroun : sobriquet des charbonniers

Négat : sobriquet des habitants de Saint Félix (Hérault) (Submergé)

Négo-évesque : sobriquet des habitants de Bouzigues (ceux qui ont (laissé) noye(r) l'évêque)

Lis ome de Papié : sobriquet des habitants de Redessan (Gard) (les hommes de papier)

Parrat : sobriquet des habitants de Lons (Pyrénées) (Moineau)

Pastissoun : sobriquet des habitants de Toulouse (Pastisson, giffle)

Patacairé : sobriquet des habitants de Biron (Pyrénées) (Celui qui se bat volontiers)

: sobriquet des habitants de Poey (Pyrénées) (Idiot)

Pégaire : sobriquet des habitants de Galinagues (Aude) (Gluant)

Peirot : sobriquet des habitants de Teyran (Hérault) (Imbécile)

Pelaire : sobriquet des habitants de Moumour (Pyrénées) (Écorcheur)

Pélatié : sobriquet des habitants de Saint Chely d'Aubrac (Aveyron) (Marchand de peau)

Pelet : sobriquet des habitants de Montseret (Aude) (Petit poilu)

Pelo-Figo : sobriquet des habitants de La Caunette (Hérault) (Pèle figue)

Peluset : sobriquet des habitants de Moncaubet (Pyrénées) (Poilu)

 

Néblat : sobriquet des habitants de Gémenos (BduRh) (Personne pâle)

Pendoulin : sobriquet des habitants de Poujols (Hérault) (Grand et grêle)

Pènjo-saumo : sobriquet des habitants de Saint Saturnin (Vaucluse) (Pendeur d'ânesse)

Pescaire : sobriquet des habitants de Ners (Gard) et de Paraza (Aude) (Pêcheur)

Pesco-bouiroun : sobriquet des habitants d' Entraigues (Vaucluse) (Pêcheur de petites anguilles)

Pesco-luno : sobriquet des habitants de Lunel (Hérault) (Pêcheurs de lune)

Pesouious : sobriquet des habitants de Saint Pierre (Hérault) (Pouilleux)

Pétié : sobriquet des habitants d' Aix (Péteux)

Péto-mi : sobriquet des habitants de Serres (Pyrénées) (Celui qui fait éclater les grains de maïs)

Péu-rouge : sobriquet des habitants de Cassuéjouis (Aveyron) (Rouquin)

Picard : sobriquet des habitants de Saint-Jean de Fos (Hérault) (Susceptible)

Pico-berlo : sobriquet des habitants de Sanilhac (Ardèche) (Batteur de cloche, de vase....)

Pico-cèse : sobriquet des habitants de Mialet (Gard) (Batteur de pois chiches)

Pico-talos : sobriquet des habitants de Salies (Pyrénées) (Frappeur de vers de terre)

Pico-verme : sobriquet des paysans (Frappeur de vers de terre)

Pimpant : sobriquet des habitants de Mouriès (B du Rh) (Pimpant, bragard)

Pign : sobriquet des André de Valborgne (Gard) (Processif, chicaneur)

Porc negre : sobriquet des habitants de Saint-André de Sangonis (Hérault) (Porc noir (Protestant))

Poulacre : sobriquet des habitants de Lasbordes (Aude) (Paresseux, fainéant)

Pounchoun : sobriquet des habitants d'Izeste (Pyrénées) (Taquin, provocateur)

Pourcatié : sobriquet des habitants de Maucor (Pyrénées) (Charcutier)

Raco-poupre : sobriquet des habitants de Toulon (Var) (Qui mange et vomit des poulpes)

Poutagié : sobriquet des habitants de Bidos (Pyrénées) (Fourneau, réchaud)

Poutarru : sobriquet des habitants de Montbrun (Aude) (Lippu)

Poutroun : sobriquet des habitants de Barrème (Alpes) (Poltron)

Rascas : sobriquet des habitants de Baumes (Vaucluse) (Malpropre, crasseux)

Mourre de rat-buffo : sobriquet des habitants de Souilles (Aude) (Museau pointu)

Raubo sarraio : sobriquet des habitants de La Valette (Var) (Voleur de serrure)

Reinard : sobriquet des habitants de Maisons (Aude) (Renard)

Renegat : sobriquet des habitants de Savoillans (Vaucluse) (Rénégat)

Rendié : sobriquet des habitants de Bédarrides (Vaucluse) (Fermier)

Rouigo-calos : sobriquet que les gens de la mer adressent aux paysans (Rongeur de trognon)

Rousigo-poto : sobriquet des habitants de Saint Aunes (Hérault) (Rongeur de thym)

Roupe-testo : sobriquet que l'on donne aux chevaux (Casse-tête)

Saumet : sobriquet des habitants d'Eysus (Pyrénées) (Anon)

Saussaire : sobriquet des habitants de Grabels (Hérault) (Ceux qui aiment les sauces)

Sauto-baragno : sobriquet que les gens de mer donnent aux paysans (Sauteur de haies)

Sauto-bàrri : sobriquet des habitants de Mornas (Vaucluse) (Ecervelé, tête folle)

Sauto-crapaud : sobriquet des habitants de Boulbon (B du Rh) (Sauteur de crapaud)

Sauto-regolo : sobriquet des habitants de Nîmes (Gard) (Blanc-bec, olibrius)

Sauto-ro : sobriquet des habitants de Duilhac (Aude) (Homme léger, coureur)

Semeno-aguïo : sobriquet des habitants de (Fleurance (Gers) (Semeur d'aiguilles)

Senglié : sobriquet des habitants de Fontjoncouse (Aude) (Sanglier, solitaire)

Sènso-som : sobriquet des douaniers (gabians) (Celui qui ne dort pas)

Suço-arencado : sobriquet des habitants d'Apt (Mangeur de harang saur) ( avare)

Li caladaire : sobriquet des habitants de Sommières (Gard) (Pays qui fournit beaucoup de paveurs)

Siblaire : sobriquet des habitants de Puymoisson (Alpes H-Provence) (Menteur)

Siéulet : sobriquet des habitants d'Igon (Pyrénées) (Fabricant de sifflets)

Sourcié : sobriquet des habitants de Bollène (Vaucluse) (Homme heureux)

Variante : parfois appelés souleié

Suço-arencado : sobriquet des habitants d'Apt (Vaucluse) (Mangeur de hareng, avare)

Taloussié : sobriquet des habitants d'Aren (Pyrénées) (Porteur de billot)

Tanot : sobriquet des habitants de Bize (Aude) (Nigaud, imbécile)

Teissendié : sobriquet des habitants d'Arros (Pyrénées) (Tisserands)

Fals témouen : sobriquet des habitants de Manosque (Alpes) (Faux témoin)

Tirasso-bon-Diéu : sobriquet donné aux iconoclastes de la Révolution (Traineur de crucifix)

Tiro-bourro : sobriquet des habitants de Camaret (Vaucluse) (Tire-bourre)

Tissous : sobriquet des habitants de Canet (Aude) (Agaçant, ennuyeux)

Tisteré : sobriquet des habitants de Narcastet (Pyrenées) ( Vanier)

Touchin : sobriquet des habitants de Vezenobre (Gard) (Coquin, brigand)

Toudéire : sobriquet des habitants de Génolhac (Gard) (Tondeur d'assiette)

Traite : sobriquet des habitants de Malaucène (Vaucluse) (Traître, perfide)

Trempo-quiéu : sobriquet des habitants de Montferrier (Hérault) (Trempe-cul) (Dont les femmes sont toujours au lavoir)

Tripassié : sobriquet des habitants de Nousty (Pyrénées) (Mangeur de tripes)

Truco-taulié : sobriquet des habitants de Carcassonne (Aude) (Bambocheur, fainéant)

Tuquié : sobriquet des habitants d'Hérépian (Hérault) (Plan de courge)

Uganaud : sobriquet des habitants de Lacoste (Vaucluse) (Protestant)

Vantaire : sobriquet des habitants de Villes (Vaucluse) (Vantard)

Vaquié : sobriquet des habitants de Bilhères (Pyrénées) (Vacher)

Ventre blu : sobriquet des habitants d'Aigues Mortes (Gard) (Fièvreux)

Vineigrié : sobriquet des habitants d'Oupia (Hérault) (Vendeur de vinaigre)

Viro-gau : sobriquet des habitants de Beaucaire (Gard) (Giffle)

Volo-biou : sobriquet des habitants de Saint Ambroix (Gard) (Ceux qui voulaient faire voler un boeuf)

Voulaire : sobriquet des habitants de Puyloubier (B du Rh) (celui qui vole, volaille)

 

 

Présentation type du " Trésor dou Félibrige " en deux tomes

Source : BnF Inventaire des biens saisis à la Révolution

Source : Google - Dic. de la Provence & du C. Venaissin T2 1785

Lou Trésor dou Félibrige - Frédéric Mistral

Dictons et expressions populaires

Expressions choisies, tirées du Dictionnaire Provençal-Français

J-T Avril - 1839

(Bibliothèque Université de Toronto)

&

Lou Trésor dou Félibrige

Frédéric Mistral

à Dièu sias : A Dieu soyez. Adieu. Se dit à plusieurs personnes ou à quelqu'un qu'on ne tutoie pas.

L'an abéoura (*) coumm'un cougourdié : On l'a fait boire comme un plan de courge

(*) Abeoura : faire boire.

Douna l'aigo

Ondoyer. Baptiser quelqu'un, sans y joindre les cérémonies que l'Église fait hors cas de nécessité

Esquicha l'anchoïo : Presser l'anchois (lésiner, épargner par esprit d'avarice)

A leis hueils bourdas d'anchoyo : Avoir les yeux bordés d'écarlatte. Se dit par mépris d'une personne qui a les yeux chassieux et éraillés. " chassie " sécrétion visqueuse naturellement produite dans les yeux pendant le sommeil... Avoir les yeux bordés d'"anchois", n'en est qu'une mauvaise interprètation....

A toujour lou pissun eis hueils : On dit d'une personne pleureuse, qu'elle a toujours les yeux pleureux. Pissun : pisse, urine.

Quu a fuch an panié poou faire uno banasto (*) : Celui qui a fait un panier, peut faire une hotte.

Celui qui a failli en un point, peut faillir en un autre

(*) Panier de bât

Oou maï boulegas (*) la merdo, oou maï sente : Plus on remue la m...., plus elle pue.

Plus on cherche à justifier une mauvaise action, plus on déshonore ceux qui y ont participé.

(*) Bouger

Que t'y a de ris oou tian : Il y a le feu aux étoupes.

Lorsqu'il y a de vifs débats et des querelles dans une maison ou des affaires épineuses à débrouiller entre particuliers. Il y a du riz dans la terrine. Il va y avoir du grabuge.

Quan lou roumadaou lou prend, li foou ren dire : lorsque sa mauvaise humeur le prend, il ne faut pas le contrarier. Caprice, Accès de mauvaise humeur.

Es gounfle coum'un pese qu'à trempa noou jours : il a le coeur aussi gros qu'un pois qui est resté neuf jours clans l'eau. On le dit proverb. et par ironie de celui qui a le cœur gros et comme gonfle de quelque injure qu'il a reçue,

Voou miou estre prochi d'un cagaïre que d'un chaputaire : Mieux vaut être près d'un chieur que d'un abatteur.

Le premier ne peut vous donner que de mauvaises odeurs, tandis que le second peut faire jaillir sur vous quelque éclat de bois qui vous blesse.

Abatteur (bûcheron)

D'un sac carbounoux (*) poudès pas tira de farino blanco : D'un sac de charbon, on ne peut tirer de farine blanche (On ne saurait tirer du lait d'un encrier).

Il ne faut pas s'attendre à de bonnes actions de la part d'un mauvais sujet.

(*) Carbounoux : charbonné

Qu'es carga (*) d'argent coumo un uou de làno : Il est chargé d'argent comme un oeuf est chargé de laine.

Se dit de celui qui n'a pas de sou.

(*) Carga : chargé

Os carié : Être corrompu jusqu'à la moelle (Avoir l')

Qu'es uno carlamué : C'est une cornemuse.

Pour dire quelqu'un de grognon

Ana aounte lou rei paou manda degun : Aller où le roi n'envoie personne.

Aller où le roi n'envoie personne...... pour faire ses besoins naturels.

Que samblo un fai de fen : Il (elle) ressemble à une botte de foin.

Se dit d'une personne mal agencée.

Fai : charge

Que ven coumo lou canoun de la fouan : Qui vient comme le jet de la fontaine.

Se dit d'une personne qui a une forte diarrhée

Gaou (*) de villo, doulour d'houstaou : Ceux qui sont joyeux et divertissant partout, sont ordinairement insupportables chez eux

(*) Gaou : joyeux

Touto sabato ven groulo (*) : Tout bon soulier devient savate

Il n'est bon meuble (habit) qui ne s'use et ne dépérisse.

(*) Groulo : savate

Touca li cinq sardino : Touche-moi la main !

Es vestido coum'un sant jhorgi : Il (elle) est vêtu(e) comme saint Georges

Il (elle) est vêtu(e) comme un oignon (Variante)

Bras oou couel et cambo oou liech : Bras au cou et jambe au lit

Lorsque le bras et malade, il faut le tenir au cou. Lorsque c'est la jambe, il faut se tenir au lit.

Teizo-ti, ou ti flanqui un lavo-dent : Tais-toi, si non je te redresse les machoires. Lavo-dent. Soufflet. Coup du plat de la main.

Parlaras se'n cop lou fio's acata : Tu auras la parole après le couvre-feu. Se dit à un enfant qui veut se mèler à la discussion de grandes personnes. Acata : se taire

Qau la fach, que lou lipe : Qui l'a fait qu'il le lèche, pour dire, qu'on n'est nullement disposé à rendre à une personne, certains services que les liens du sang peuvent seuls engager à faire. Lipa. lècher. Passer la langue sur quelque chose par friandise.

Longuomai vegues vouesto festo ! Puissiez-vous longtemps voir votre fête ! (Longamai)

Piou-piou toujour viou : Se dit d'une personne qui, quoique d'une mauvaise santé ne laisse pas d'agir et de se maintenir : pot fèlé dure longtemps. Piou-piou : Piolement. : Cris des moineaux et du passereau

Fa veire leis lumes : Elle m'a fait voir les "anges violets". Se dit d'une douleur très-vive que l'on ressent soudainement. Voir trente-six chandelles. Lume : Lampe à huile à queue. Calen

S'en va coum'un lume : Elle s'éteint comme une lampe. Se dit d'une personne malade qui dépérit de jour en jour.   

Que vai vite coum'uno carreto a la moutado : Il va aussi vite qu'une charette à la montée.

Se dit d'un homme extrèmement lent dans ce qu'il fait

N'es pas uno carretto, mai an beou tounibareou : ce n'est pas une charrette, mais un grand tombereau.

On dit figurément et familièrement d'un petit enfant qui tombe fréquemment. ( Le tombereau bascule son plateau ; la charette, non )

Ques pa pu haou qu'un terme, que sembl'un terme. On dit familièrement d'un enfant de très pelite taille. Terme : borne, pierre, limite d'un champ.

Foou pas dansa pu vite que noun lou tambour toco : souvent tout gâte, qui trop se hâte.

Que tirarias pulvou de sang d'uno muraiho : On en tirerait plutôt du sang d'un mur.

Voulé tira de saussisso d'un os (Vouloir tirer une saussisse d'un os)

Saunarias pulèu uno pèiro (Plutôt saigner une pierre)

Se dit d'un homme dur

Que lou rire li passo pas leis dents : Il ne rit que du bout des dents

Il ne rit pas de bon coeur.

Passo(a) res : Prenez-garde !

Cri d'avertisement que l'on crie la nuit en jettant son pot de chambre par la fenêtre...

 Se me fai un pessu, li faou uno graffignado : s'il me donne des pois, je lui donnerai des fêves

pour dire, s'il me fait de la peine, s'il me donne du chagrin, je lui rendrai la pareille

Si suou peisse (*) : il sait paître la meule !

(*) Peisse : terme de moulin à huile. Pousser de force les olives sous la meule avec une pelle. Se dit pour une personne qui, à table, ne se donne aucune relâche... (qui enfourne, s'empiffre, se fait "pêter la sous-ventrière")

S'ooupilo à manjha de gip : elle a la passion du plâtre. Personne qui a un appétit dépravé ; qui mange tout et n'importe quoi. Avoir le pica (S'ooupilo = elle a le pica ; qui pioche).

Leis gros valas si ramplissoun pas d'eigagno : les rivières ne se forment pas de rosée, pour dire, que les grandes et grosses personnes mangent beaucoup plus que celles qui sont faibles et petites. Valat : courant d'eau.

S’enco leis galinos pissoun : lorsque les poules pisseront

(Pissa). Pisser. Uriner. Se dit d’une chose qui n’arrivera jamais.

Resta aqui bastoun planta : être là à garder le mulet

Ètre longtemps à attendre quelqu’un, pendant qu’il est occupé.

Quan ploouriè de merdo faou jamai s'assousta en presoun : quand même il tomberait de la boue, il ne faut jamais aller s'abriter dans un cachot.

Ooussa lou rasteliè en coouqu’un : mettre le râtelier bien haut à quelqu’un,

Lui rendre une chose bien difficile.

Vioure de regardèlos : mâcher à vide.

Ètre là, à voir manger les autres pendant qu'on aurait envie de manger aussi. 

Que sente la sapino : qu'il sent le sapin.

Homme qui a mauvais visage et qui parait devoir mourir bientôt,

(Sapino). arbre résineux.

Toumba. de la febra en maou caou : tomber de la poêle dans la braise,

Tomber d’un méchant état...... dans un pire

Trauca coume un esclop : raisonner comme une pantoufle

Pisso deja sus la sabato : il commence à vieillir !.....

Samblo uno carrélo maou vouncho : elle ressemble à une poulie mal graissée (personne grogneuse et aigrie)

Faire susa de lamo de coutèu : faire suer des lames de couteaux (dire des choses ridicules)

Faire susa de roudello de toun (variante) : faire suer des rouelles de thon

Vai souta de muscle : va pêcher des moules, va te noyer

Roumpre la tata : ennuyer, fatiguer...

A carga de tort : Il a chargé de travers (Ivrogne qui chancelle)

Obro facho li fa(ch) guou : travail fuit lui plaît (en parlant d'un fainéant)

Es uno fremo sujetto eis garris : c'est une femme qui a des rats dans la tête (On ne saurait lui faire entendre raison)

Qu'a pâmai de sens que lou nas li fa d'oumbro, ou qu'a ooutant de sens coum'un grapaou de quoué : qu'elle n'a pas plus du sens qu'une souris n'a d'ailes, pour dire, qu'elle en est totalement dépourvue

qu'A lou goosiè doubla de ferri blanc : qui a le gosier doublé de fer-blanc (personne qui mange et boit extrêmement chaud)

Quan lou chin jhappo caoucarren l'y a: quand le chien aboit ce n'est pas sans raison (d'ordinaire, il ne court point de bruit, qu'il n'ait quelque fondement)

A leissa ana lou gat len lou fromagiero : elle a laissé aller le chat au fromage (elle s'est laissée abuser) 

La lenguo  n'a qes d'oues : Ia langue n'a point d'os,... mais elle en fait briser

Que trouvariè d'ouès à n'un leou : Il trouverait des os au beurre (celui qui a l'humeur contrariante et qui trouve toujours à redire) " Leou " : poumon d'animal. Mou. 

Voou miou donna la lano que Iou moutoun : il vaut mieux faire le sacrifice d'une partie que de perdre le tout.

Soun d'accord coumo doues noues dins un sac : se dit de deux personnes qui sont toujours à disputer et à se débattre, qu'elles sont comme chiens et chats (noues : noix)

Que n'es bouen que per pouiri de paiho : se dit d'un fainéant qui se lève toujours fort tard ; qu'il n'est bon à autre chose qu'à dormir et demeurer au lit. (Qu'il n'est bon qu'à pourrir la paille)

L'an farci coum'uno toouteno : lorsqu'on parle d'une personne crédule a qui on en fait accroire.  (On lui en a fait accroire des belles). 

Toouteno : Calmar farci

A coumo lou guidoun, viro à tout vent :  se dit d'un homme qui change de sentiment à toute heure ; qu'il a comme la girouette qui tourne à tout vent. 

Guidoun : bannière de corporation, petit drapeau, girouette

Qu'an fa ven faou venta : il faut puiser tandis que la corde est au puits, pour dire, qu'il faut savoir gagner et faire ses affaires quand on en a l'occasion. ( Il faut éventer le blé de l'aire quand il fait du vent )

Faire sauta li brigo au saumié : faire bondir les miettes au plafond. ( Manger de grand appétit )

 

 

DICTONS ET EXPRESSIONS POPULAIRES (Suite)

Expressions choisies, tirées du Dictionnaire Provençal-Français

J-T Avril - 1839

(Bibliothèque Université de Toronto)

##

Lou Trésor dou Félibrige

Frédéric Mistral - 1878

&

Vocabulaire Provençal - Français - 1785

Qu'a lou perié dur, qu'à bouen perié : elle a le cœur dur et insensible

C'est pourquoi l'on dit en ce sens d'une personne, et pour dire, qu'on ne saurait la toucher ni l'attendrir.

Perié : Le cœur de l'homme, expression détournée du gésier des oiseaux.

Manda la peiro et escouendre (*) lou bras : jeter la pierre et cacher le bras. Se dit d'un homme qui fait du mal à un autre si secrètement et si adroitement qu'on ne l'en soupçonne pas.

L'a tres cavos que si pouedoun pas escoundre (*), la toux, lou fum & l'amour. On ne peut cacher la fumée, la toux & l'amour.

(*) Escoundre : Cacher, mettre une chose en lieu où l'on ne puisse la découvrir. Signifie aussi avoir "honte".

Touleis leis fes que la mandan en coumissièn, fa caouqu'oouretori : à chaque fois qu'elle sort, elle s'arrête pour causer. Faire d'oouretoris :  s'arrêter. Faire des pauses pour caqueter. Oouretori : oratoire sur le bord du chemin.

Faire peta la narro : dormir, renifler, ronfler avec bruit. On dit plaisamment de plusieurs personnes réunies qui s'étaient endormies : Siè par bémol, siè par bécarro, chacun fasiè peta la narro. Narro : narine.

Que soou pas teni lou cristeri : Se d'une personne qui ne garde pas le secret. Cristeri. Clystère. Lavement.....

Qu'a coumolou couteou d'uno tripièro, que coupo de tout caire : se dit d'une personne qui est comme le couteau d'une tripière, qui tranche des deux côtés,..... pour dire, que des deux personnes qui lui ont fait la confidence de leur différend, elle en dit du mal à tour de rôle. Se dit d'une mauvaise langue.

Qu'à fach la buqado : Se dit d'un enfant qui pisse au lit, qu'il a fait la lessive. Coula la bugado : couler la lessive. Bugado : lessive que l'on met au cuvier.

Es bouen chivaou de troumpetto creque pas lou brut : Se dit d'un homme qui ne s'étonnne point de ce qu'on lui fait, ni des menaces qu'on lui dit  : il est bon cheval de trompette, il ne s'étonne pas du bruit.

Pren leis affronts per d'amendos sucrados. Il reçoit les injures comme des douceurs.

A un agassin darrie l'esquino. Il a un cor à l'échine. On le dit d'un bossu Du celte gas, mal, et  cin, piquant. Agacin ou agassin, Cor, Durillon qui vient aux pieds.

As un coou sur lou ceoucle. Tu as un coup sur le reveille-matin. Il perd la tête. Ceoucle : cercle , cerceau ; lien fait avec des branches de saule.

Marsilhes coucourèou, mangeo la car & laisso la peou. Les Marſeillois sont des nigauds, ils mangent la viande & laissent la peau. Coucouréou :  Niais, imbécille, sot. Proverbe qui n'est pas à la honte des Marseillois.

A coulero, tuarie un pan per un Fournier. Il est en colère, il tuerait un pain pour un Boulanger. Pour se moquer des personnes qui se mettent en colère pour peu de chose.

As tant de counscienço, coumo un grapaud de quoue.Tu as autant de conscience qu'un crapaud a de queue.

L'an dounat lou courchoun. Expression d'un jour de nôces : on dit que l'on a donné le quignon à une demoiselle qui a assisté aux nôces, pour dire que c'est à son tour. Courchoun, quignon, morceau de pain coupé du bout, du côté le mieux cuit.

Naisset eme leis dents. Il nâquit avec les dents. Pour désigner un homme méchant.

L'a demargado. Il est " parti ". Au figuré, il a " tourné la cervelle " : il fait des folies. Démargar : démancher, ôter le manche à un outil. Si demargar.  Se demancher , on le dit d'un outil qui quitte son manche.

Esquicho-bougnetto. Avare, par allusion à celui qui presserait les beignets pour en retirer l'huile.

La fremo & la castagno de fuero bello, dintre es la magagno. Il ne faut pas juger d'une femme & d'une chataigne par l'écorce.

Es dins leis vignos. Il est ivre

Quand leis galinos an doueis testos. Quand on y voit double : lorqu'on est ivre. Galinos : poule

D'uno mousquo si fa un tavan. Il s'épouvante de la moindre chose. Tavan : bourdon

Mi fagues pas venir lou sant suffrèn. Ne me mets pas en colère. Saint Suffren : Abbé de Saint Victor, qui mourut en odeur de sainteté : les femmes l'imploraient pour les préserver de la colère

Es drech coumo un oulame. ll est droit comme une S. On dit ironiquement d'une personne qui n'est pas bien droite. Oulame : faucille

Fa leis estrouens pichouns. Il chie menu, faute de nourriture

Feno jouve è homme viei fan de marris un plein fouyé. Femme jeune et mari vieux font d'enfants une pleine maison. F.Mistral. A noter qu'en Provençal, "enfant" n'existe pas. "Fan" n'est pas son diminutif et provient du verbe "faire". Enfants se dit marri.

 

La semaine

En Provençal, les jours de la semaine se prenonçaient de la même façon qu'on le dirait en "verlan" de nos jours.

Ainsi :

Dimenche : premier jour de la semaine, consacré au service du Seigneur

Dilun : deuxième jour de la semaine (dies lunae)

Dimar : troisième jour de la semaine (dies martis)

Dimècre : quatrième jour la semaine (dies mercurii)

Dijoou : cinquième jour de la semaine (dies jovis)

Divendre : sixième jour de la semaine (dies veneris)

Dissoto : septième jour de la semaine (sato)

Source : Dictionnaire Provençal-Français J-T Avril - 1839 (Bibliothèque Université de Toronto)

A noter que le calendrier de Frédéric Mistral joint, est mis aux normes du républicain. La semaine débute un lundi.

Les mois se disaient :

Janvié (Janvier - 1785)

Fébrié (Fébrier - 1785)

Mars

Abrieu (Abrieou - 1785)

Mai (Mai - 1785)

Jun (Jhun - 1785)

Juliet (Juilhet - 1785)

Avoust

Sétembre (Settembre - 1785)

Outobre

Nouvembre (Nouvèmbre - 1785)

Désembre (Décembre - 1785)

 

Origines des dialectes de la Provence du Sud-Est

Chronologie à partir des langues d'origines :

Ligurienne, (*) (liguro-celte)

Grecque,

Latine,

Barbares, (**)

Romane,

Provençale,

Française

(*) Langue primitive, issue de la Ligurie (province de Gènes). Langue mèlée à la Celtique, en usage chez les premiers habitants des "Gaules".

(**) Langues issues des Francs, Bourguignons, Slaves, Lombards, Saxons, Sarrasins, Wisigoths...

Mots demeurés dans le Provençal (échantillons)

Liguro-celtique --> Provençal :

Poutargo --> poutargo (caviar)

Grec --> Provençal :

Boridia --> bourrido (soupe de poissons à l'ail)

Cheiloter --> chilet (sifflet de chasse)

Évohé --> évohé (*)

Guios --> goï (boîteux)

Kampos --> ganchou (croc) (utilisé par les dockers)

Ochetos --> ouïde (tas de pierres)

Phrygo --> fregir (frire) (chichi frègi)

Strangizo --> strancinar (se consummer) (être tout "estranciné")

Sypidion --> supioun (petite sè(i)che)

Té --> tiens (**)

Tomos --> Tron (tonnerre)

NB. Afin d'éviter la présence trop "voyante" du Grec dans ce qui devait devenir la langue Provençale, la lettre"K", à quelques exceptions près (noms propres....), a été remplacée par "Qu" dans la presque totalité des mots. Eskeira -->Esqueira (Dic. Provençal - J-T Avril)

Latin --> provençal

Aqua --> aïgo (eau)

Allium --> aillet (ail)

Apium --> api (celeri)

Arripere --> arrapar (saisir)

Condere --> escoundre (cacher)

Dies --> di (jour)

Spica --> espigo (épi)

Gaudium --> gaou (joie)

Jacere --> jas (étable)

Moles --> mouloun (amas

Paganus --> pacan (rustre, paysan)

Palus --> palu (marais)

Sal --> saou (sel)

Salus --> salut (santé)

Turdus --> tourdre (grive)

Urtica --> ortigo (ortie)

Vesper --> vespre (soir)

Barbares :

On notera que la presque totalité des mots arabes et turcs utilisés, sont demeurés dans le language courant : Artichaou, almanach, magazin, masquo, assassin, caravano, mousseline, bazar, carat, café, safran,.....

Source : Google - La Provence, Usages, coutumes idiomes - Henri Oddo - 1902.

(*) Cri des anciens marseillais dans les réjouissances publiques. Ce mot est parfois utilisé de manière détournée comme pour  appuyer une assertion Il est, comme d'autres mots antiques, intraduisible (Abba, alléluia, amen, maranatha, hosanna en araméen) ou certains, en grec ancien . Il marque le contentement. Il prend à témoi (les) Dieu(x).

A ne pas confondre avec (et)vouhi (adv., ou part. affirm.) : (et)Oui.  Dic. Prov. J-T Avril

(**) Parmi ces mots grecs, il n'en est aucun qui soit plus en usage que . Ce mot est à tout instant dans la bouche des Marseillais. Il se rencontre avec un sens identique dans le provençal et dans Homère. Il est très expressif et ne peut se traduire littéralement en français. Il exprime à la fois l'étonnement, l'admiration et le doute. J'engage les Marseillais à le conserver dans leur langage imagé et expressif. Il y a des mots qu'on ne remplace pas, est de ce nombre.

Songez que les héros d'Homère, l'employaient non moins fréquemment que les Marseillais de nos jours ; on n'ignore pas que les poèmes homériques sont écrits dans le dialecte ionien que parlaient les fondateurs de Marseille. Méry disait que s'il avait été de l'Académie Française, il aurait proposé à la docte assemblée d'introduire dans le français divers mots provençaux qui n'ont pas d'équivalents dans cette langue. était du nombre de ces mots. Je crois que c'est altérer une langue que d'y introduire des mots nouveaux. En voulant l'enrichir on l'appauvrit.

Source : BnF - La Provence artistique - 1882 - AIMÉ DY

Té !

Source : Marcel Pagnol - La Trilogie - La Partie de Cartes

Étude des patois méridionaux

Achard. — Dictionnaire de la Provence et du Comté Venaissin..., par une Société de Gens de Lettres. Marseille, 1785-1787. 4 vol. in-4o. Les tomes I et II comprennent un vocabulaire français-provençal et provençal-français dû à Achard.

Avril (J. T.). — Dictionnaire provençal-français et français-provençal. Apt, 1839-1840. 2 vol. de x-481, 152 p.

Fourvières (Xavier de). — Lou Pichot Trésor, dictionnaire provençal- français et français-provençal. Avignon, 1902. xxiv-774, 204 p. pet. in-8°.

Garcin (Et.). — Dictionnaire provençal-français. Draguignan, 1841. 2 vol. in-8° de vi-560, 534 p. Cf. infra, M. G.

Honnorat (J.). — Dictionnaire provençal-français ou Dictionnaire de la Langue d'Oc ancienne et moderne, suivi d'un vocabulaire français-provençal. Digne, 1846-1847. 3 vol. in-4°.

Honnorat (S. J.) — Vocabulaire français-provençal. Digne, 1848. In-4° de vii-184 p.

M. G. — Le nouveau Dictionnaire provençal-français, précédé d'un abrégé de grammaire provençale -française et suivi de la collection des Proverbes provençaux. Marseille, 1823. Pet. in-8°, 385 p. C'est la 1ère édition du Dictionnaire provençal de Gargin (Et.) ; cf. supra.

Pellas. — Dictionnaire provençal et français..., par le Père Sauveur-André Pellas, religieux minime. Avignon. 1723 ; in-4°, 326 p.

Sources : Archive.org - Pour Étudier les Patois Méridionaux - Joseph Anglade - 1922

Oddo Henri - La Provence Histoire Usages Coutumes Idiomes - 1902 (source : Google)

Secret d'Histoire

CRAPAUD !

Dans " La Gloire de mon père ", de Marcel Pagnol, Le père (Joseph) interpelle à plusieurs reprises  son fils (Marcel), en le traitant de "crapaud". Les explications qui suivent éclaireront sans nul doute, lectrices et lecteurs.

Le texte qui suit est extrait de l'ouvrage :

" ENFANT "," GARÇON "," FILLE "

DANS LES LANGUES ROMANES

ÉTUDIÉS PARTICULIÈREMENT

DANS LES DIALECTES GALLO-ROMANS

ET ITALIENS

ESSAI DE LEXICOLOGIE COMPAREE

PAR

IVAN PAULI

1919

" Nous avons étudié plus haut, quelques mots, qui, au premier coup d'œil, paraissent fournir des exemples de la métaphore " crapaud " --> " enfant "', tandis que, en réalité, ces deux sens doivent remonter à une origine commune, à un mot désignant quelque chose d'informe.

Les langues romanes offrent en outre un bon nombre de dénominations d'enfants, qui reposent sur une comparaison réelle entre un enfant et un crapaud.

L'exemple le plus typique nous est fourni par le wallon crapaut—crapaute, qui, dans certaines régions, est le terme courant pour " garçon ", " fille ".

L'amélioration complète du sens de ce mot est attestée par le fait que crapaute signifie aussi " amante ", " bonne amie ".

Crapaud se retrouve dans le langage populaire et familier de Paris, appliqué à un gamin  ou à un petit homme laid, et dans plusieurs patois. On l'a relevé à Saint-Pol, en Suisse romande et à Montjean (Anjou) au sens de " gamin ", " marmot ", " moutard ".

Dans le Midi il a une nuance marquée de mépris: provençal. grapaut, languedoc. grapaôu (diminutif : grapaïoù), béarn. crapaut (crepaut) signifient tous " drôle ", " polisson "; le béarnais en a tiré crapaute (crepaute) " petite fille insupportable ", " drôlesse "; le collectif grapaudaio (béarn. crapautalhe, carpjautalhe) veut dire " tas de crapauds, de drôles ".

A côté du diminutif crapautin " garçonnet ", qui se rencontre à Saint-Pol et en Suisse romande, il y a un dérivé irrégulier, " crapoussin " qui, dans le langage populaire, se dit d'une personne courte, grosse et mal faite, et qui, dans plusieurs patois (rouchi, picard, normand, berrichon), s'applique aussi aux enfants, mais toujours avec un sens de mépris. Il en est de même des dérivés angevins crapasson, crapuchon, crapichon. Rolland  relève encore crapion, crapàyon (Avon, Seine-et-Marne), et crapouya (Marne) " crapaud ", au sens de " enfant ".

Les autres termes de ce genre qu'on trouve dans le domaine français, semblent être d'un emploi beaucoup plus local.

Dans les Alpes, on appelle, en bien des localités, le crapaud habi ; parfois ce mot s'emploie (à côté de crapaud) pour désigner un crapaud de petite espèce. Comme dénomination d'enfant, ce mot paraît avoir toujours une nuance péjorative. D'après Chabrand et Rochas d'Aiglun, il signifie, dans le patois du Queyras: " petit enfant étourdi ".

Mistral le traduit par " babouin ", "bambin ", (*)

Azaïs par: " crapoussin ", " babouin ", 'crétin "."

Source : Archive.org

(*) Source inconnue.

A noter :

- dans " Lou Trésor dou Félibrige ", Mistral met ce mot à " Grapaud ". Grapaud, crapaut, crapaud, crapaut, crapal, crapard. Homme trapu, drôle, polisson. Il mentionne aussi : grapaudaio, grapaudalho : Tas de crapauds, marmaille, troupe de petits enfants

- dans l'intimité familiale du film de "La Gloire de mon Père", le père (Joseph) appelle son fils Marcel !

Crapaud

Source : La Gloire de mon Père. Film d'Yves Robert - 1990 - extraits

CRAPAUD ?.... ou TE(S)TARD ?

La lecture des différents dictionnaires provençaux nous apprend de biens curieuses définitions, pour grands nombres de mots ; sens qui ont souvent été détournés de leur signification première.

Prenons le mot "crapaud" utilisé par le père de Marcel Pagnol. Certains, comme lus précédemment, y ont trouvé une origine bien peu flatteuse, dévalorisante même. Il y a fort à parier que c'est sous le ton badin que Marcel Pagnol le fait dire à son père.

Il aurait pu mentionner dans son script une expression provençale voulant dire la même chose : " Testard ".

Testard, ou tétard : animal pas tout à fait formé (*) ; ce qui rejoint les définitions précédentes de petit animal informe.

Or, il se trouve que ce mot est issu de l'association de DEUX mots provençaux ; chacun voulant dire séparément :

Teste (ou testo) : tête

Aze (ou ) : âne.

Mais alors, la tentation d'insérer un mot provençal aurait pu être grande pour Pagnol : " Testo d'aze " ou " Tête d'aï "....., mais les spectateur n'y auraient rien compris. Que viendrait faire une tête d'ai(l) dans cette apostrophe ? Certains, pour ne citer que l'expression "tête d'aï", on pensé y voir "Tête d'âne" (Âne : Ai, Aie ou Aze chez Mistral (**)).

En fait la langue Provençale est construite autour d'une multitude de mots ayant parfois plusieurs significations

Il se trouve qu'à l'origine, " Tête d'aze " signifie : petite grenouille , qui n'est pas encore développée...., mais aussi une personne têtue, comme plus tard il fût dit par confusion en prenant les deux mots séparément......

Il ne suffit pas de prendre un mot, seul, isolé parmi un dictionnaire pour tirer une conclusion hâtive. Ce mot peut avoir une signification différente s'il est associé avec un autre.

(*) Source : Dictionnaire Provençal - Claude François Achard - 1785

(**) On notera que le Trésor du Félibrige mentionne uniquement "Ase, Ai ($) ", pour dire "Âne". Rien pour "Ai", "Aze". D'où la confusion des dires.

($) A noter que le mot " Ase " renvoie à " Ai "......, alors que ce dernier ne figure pas au Dictionnaire.....

Il devient dès lors judicieux de prendre certaines définitions provençales du " Trésor dou Félibrige " avec une extrême prudence ; d'autant que sa finalité était avant tout de faire connaitre les dialectes "provençaux",......tout en expugeant les mots ou expressions qui n'apportaient plus aucun intérêt. Voire...