Gombert-story

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Les instruments de musique

Les instruments Provençaux forment deux catégories :

1) Ceux qui appartiennent exclusivement à la Provence : Tambourin-galoubet (*), Timbale, Timbalon (ou Tympanon) & Palets.

2) Ceux qui font partie d'instruments employés ailleurs qu'en Provence, et qui s'y rattachent par leur utilisation : le Fifre, le Bachas.

(*) Autrefois, le tambourin passait pour l'instrument du Diable.

Tambourin-galoubet : le plus ancien des instruments, appelé aussi Tympanion par les Grecs, 600 ans avant J-C. Les Saliens qui occupaient la Provence au 2ème siècle avant J-C nommaient le Tambourin : Tabalin.

Nota. Le " Tambourin-galoubet ", alors même qu'il s'agit de deux instruments distincts, devrait être joué logiquement par deux individus. Il n'en est rien. un seul suffit.

Le tambourin est suspendu au coude gauche, tandis que la main gauche tient le galoubet. La main droite manoeuvre la baguette du tambourin, dénommée masseto. La caisse du tambourin est trois fois plus allongée que celle d'un tambour classique, et de diamètre plus petit. Sa caisse est faite en bois de noyer roulée, dont les deux extrémités sont collées. Quelques rarissimes échantillons sont creusés puis évidés dans une seule pièce découpée dans le tronc du noyer.

Les premiers tambourins furent appelés tambourins à baguettes, par la forme des raies gravées sur les génératrices de l'instrument.

Les autres modèles, appelés Tambourins à festons & baguettes, comportent, outre les baguettes, des ornements et festons, alternativement.

Le dessus du tambourin est composé d'une peau, tenue au fût par un cerceau de branche de châtaignier.

La peau, fabriquée généralement en peau de chien, est tendue tout autour par des ficelles de chanvre attachées sur des boutons en os, fixés sur le pourtour du tambourin. Les tambourinaïres l'appellent " peoù de maroun ". Il y a une peau de chaque coté du tambourin.

Particularités qui différencient le Tambourin du Tambour :

Le système de tirants de tension de la peau activée, fonctionne de bas en haut, à l'inverse des tambours traditionnels.

La peau du dessus est la plus fine, celle du dessous est la plus épaisse....toujours à l'inverse d'un tambour classique.

Pour donner toute sa sonorité, le tambourin est doté d'un timbre disposé sur la surface de la peau supérieure. Ce sont généralement deux petites cordes de boyau tendues diamétralement. A noter que sur un tambour classique, elles sont disposées au dessous de la peau.

Le tambourin est tenu par une bretelle en cuir, fixée à son fût par deux boucles, nommées " reganchos ".

Le son du tambourin est produit par l'action de la main droite (pour les droitiers), d'une masseto sur la peau supérieure.

La masseto est constituée d'une baguette de bois dur, terminée d'un coté par la poignée qui à la forme d'un petit œuf. L'autre extrêmité est terminée par un gland ou oulivo (ou ouliveto), réalisé en corne ou en ivoire.

Remarque : Souvent, la partie tenue par le tambourinaïre était constituée de deux demi sphères assemblées par un pas de vis. Ces demi éléments étaient creux, et pouvaient contenir une petite éponge trempée dans du parfum. La véritable raison est inconnue, mais il semble qu'elle soit rattachée aux conditions d'hygiène rencontrées parfois par les tambourinaïres aux endroits où ils étaient appelés......

Lou tambourin marco lou ritme de l'er canta pèr lou galoubet ( F.Vidal )

Galoubet

Le galoubet, flûtet ou flûte de tambourin, fait partie de la famille des flûtes à bec à une main, à trois trous.

Nom issu d'un troubadour " Gualaubet ". Source : Lou trésor dou Félibrige

Timbale

La Timbale, appelée aussi " Tamburo ", est plus petite que le Tambourin. L'instrument, construit en bois, sur les bases du Tambourin, est de formes plus grossières.

Les deux peaux sont en veau mort-né (peou de mor-na). La Timbale n'a pas de timbre. C'est un instrument à percussions typique.

Timbalons

Les Timbalons (parfois appelés à tort Tympanons), sont beaucoup plus petites que les timbales. Elles ont la forme de petits chaudrons, vont par paire, et donnent deux notes différentes. Elles sont difficiles à accorder. Il n'y a aucun système externe pour les accorder ; ni tirants, ni vis.... Certaines sont réalisées en poteries, recouvertes de peau.

Palets

Les Palets sont de véritables petites cymbales métalliques. Lorsqu'ils s'entrechoquent, ils rappellent le timbre des clochettes.

Timbalons, palets et deux tambourins-galoubets formaient les processions de Notre Dame de la Garde au 19ème siècle.

Fifre

Le fifre Provençal, flûte traversière réduite à sa plus simple expression, est constitué en un morceau de roseau, percé de sept trous : un pour la bouche, et six autres pour placer les doigts. Le plus souvent, il est réalisé en buis ou amandier. Il ne peut être joué que par un seul individu, à la différence du tambourin galoubet.

Bachas

Le bachas, ou caisso (Tambour de la Saint Jean), est un tambour de grande dimension, généralement peint en bleu. Le vrai bachas possède deux timbres parallèles sur la peau du dessous. Ses peaux sont moins tendues et se battent au moyen de deux baguettes. Le mot Bachas proviendrait de Bachus. Le Bachas est assez peu utilisé sur Marseille ; tout au plus dans quelques arrondissements.

Source : Bnf. La Provence Artistique & Pittoresque 1883.

 

Tension de serrage vers le haut

Tension de serrage vers le bas

Aubade à Mistral

Vincent de la Crêche

Source : Archive.org - François Vidal 1864. La référence sur le tambourin. A noter que la peau de chien est peu à peu remplacée par de la peau de mouton P.32

Partition de la " Marche de Saint Éloi "

JOUER DU GALOUBET

Le Galoubet est percé seulement de trois trous, qui se trouvent vers le bas : deux devant, du côté .de la lumière, et un en dessous.

On le tient de le main gauche, à l’aide du petit doigt et de l’annulaire ; en-suite, le majeur bouche le trou d’en bas, l’index celui du dessus et le pouce celui de derrière.

Son diapason s’étend à deux octaves ; mais le rê grave, l'ut et le ré aigus sortent si difficilement qu’on peut le réduire à un intervalle de 13ème. Sans être musicien, on comprend qu’avec le peu de ressources qu’offre cet instrument, il est difficile d’en siffler d’une manière convenable.

Il ne faut pas boucher avec la pointe du doigt (comme on fait pour beaucoup d’instruments), mais en posant le bout de plat, par-là vers le milieu de la première phalange.

Source : Google - Lou Tambourin - F Vidal - 1864

TENU DU GALOUBET ( Petit doigt / Annulaire ) A noter les deux trous obturés par la deuxième phalange....

ANECDOTES INSTRUMENTALES

Le nom d'origine du joueur de flûtet et de tambourin est : Tambourin.

Le nom de " Tambourinaïre " a été donné à une personne qui tape mal à propos sur son tambourin. On ne sait comment, seul ce nom est resté...

Le galoubet est naturellement en si b majeur c'est à dire que le si et le mi sont bémolisés et non naturels.

Le " Tambourinaïre " qui joue en groupe, utilise un galoubet (ou flûtet) diapasonné de quatre façons différentes, selon le morceau et la façon de l'exécuter : en La, Si b, Ut, Ré.

Lorsqu'il joue solo, il utilise celui en Ut.

Le galoubet a un son clair et aigu.

Cependant, dans le quartier de Saint Barnabé, à Marseille, où on l'utilise beaucoup, ils sont confectionnés de manière moins mince et plus sonore. On les appelle "Saint Barnabé ". Cependant, ils ont le défaut d'être réalisés de manière moins précise... Le son s'en trouve altéré.......

La caisse de tambourin est généralement faite en bois de noyer, montée en peaux de chien, puis progressivement, en peau de mouton.

Source : Archive.org - Lou Tambourin - F. Vidal - 1864

 

NB. Son prix variait de 60 à 80 francs (Francs de 1860).

Un franc de 1850 était égal à 3,27 euros ; soit entre 200,00 et 260 euros le tambourin. Le prix d'occasion (2020) est de 350,00 €.

BIEN LIRE LES NOTES

ONOMATOPÉES DE TAMBOURINAÏRE

" Chi-chi-pan-pan " : sons produits simultanément par le galoubet et le tambourin

" Chi-chi-chiéu " : son produit par le galoubet

" Chi-chi (*) " : nom donné au sifflet de foire

(*) Nom donné à un petit oiseau. Cf. toutes les déclinaisons dans les rubriques "Recettes" & "Faune"

Source : Google - Lou Tambourin - F Vidal - 1864

CHI-CHI

Secrets d'Histoire

Origines du tambourin.

Dans la mythologie grecque, les Corybantes sont des prêtres qui célèbrent le culte de la déesse phrygienne Cybèle. Ils dansent et jouent des flûtes, des tambourins, des cymbales et des cors lors des fêtes de Vesta.

" Érato explique le bruit caractéristique de l'escorte de Cybèle. Les cymbales et les tambourins commémorent le bruit que firent les Curètes et les Corybantes sur le mont Ida, pour couvrir les vagissements de Zeus-Jupiter, que sa mère Rhéa avait soustrait à la voracité de son époux Saturne, lequel, pour sauvegarder son trône, dévorait ses enfants à leur naissance. "

Source : Ovide - Fastes IV

SECRET D'HISTOIRE DE NAPOLÉON 1er

 " On peut assurer, sans raillerie et sans crainte d’être démenti, qu’aucun n’a surpassé ni même égalé François Michel, d’Aix, qui fut le Tulou (*) du Flûtet, le Berbiguier (**) du Galoubet

Les sons moelleux, doux et flûtés qu’il tirait de son instrument si ingrat, la souplesse et la pureté de son exécution, la flexibilité de son coup de langue, joints aux grandes connaissances musicales qu’il possédait (il faisait la partie de cor au théâtre), l’avaient fait atteindre l’apogée de sa célébrité.

(*) Il avait été l’élève d’un nommé Cabassol, qui fut aussi un joueur très habile ; mais bientôt il devint l'émule de son maître, car il le supplanta en entrant le premier dans le cercle de ses confrères les Tambourinaires, qui lui firent place en son honneur.

(**) C’est le nom d’un des plus habiles joueurs de flûte.

Le roi des flûtistes de ce siècle a été Berbiguier, de Caderousse, a qui Napoléon 1er fit présent d’une flûte de cristal garnie d'or.

On dit qu’étant enfant, il avait appris son art le long du Rhône, en imitant, sur des sifflets de saule et des flûtes de roseau, le chant « des tourterelles et des fauvettes. (Le Galoubet, d’Hyacinthe Morel ; préface biographique.) Cet ingénieux présent de l’Empereur au Vauclusien Berbiguier, me fait dire que non-seulement on fait des flûtes de tout bois, mais. encore de toute matière : un Galoubet en cuivre, imaginé par un amateur, en est la preuve ; ce qui me rappelle un violon fabriqué du métal des ophicléides,  et une ophicléide faite du bois des violons; triple curiosité instrumentale que chacun péut voir à Aix."

Source : Lou Tambourin - F Vidal - 1864

LE TAMBOURIN DE VAUCANSON

En 1730 Vaucanson proposa ses automates à l'Académie Royale, puis les exposa au public en 1734. Il s'agissait du joueur de flûte traversière, du Tambourin et du canard.

" Le deuxième automate, était un homme de grandeur naturelle habillé en berger provençal qui joue 20 airs différents sur le flûtet de Provence (appelé aussi galoubet) d'une main et du tambourin de l'autre avec toute la précision et perfection de même qu'un habile joueur. Il existe très peu de documentation sur cet automate. Cependant, celui-ci, debout sur un piédestal, devait disposer d'un mécanisme très complexe puisqu'il jouait de deux instruments de musique différents et que le flûtet de Provence était, d'après le mécanicien, l'instrument "le plus ingrat et le plus faux qui soit". Il fit d'ailleurs la remarque suivante : "Une découverte curieuse qui se rattache à la construction de cet automate, c'est que le galoubet est un des instruments les plus fatigants pour la poitrine dont les muscles font parfois un effort équivalent à 56 livres... "

Source : www.automates-boites-musique.com

Affiche de l'Exposition

MAUVAISE BLAGUE...!