Gombert.story

Construction de l'école du village.

Une demande de budjet est proposée au Conseil Général en octobre 1934. Elle est adoptée en séance.

 

Les écoles du village

L'école de garçons

Une demande de subvention, sur les Fonds de l'État a été formulée le 17 octobre 1934 par le Conseil Général , pour la réalisation d'une école de garçons de six classes, à Château Gombert.

Coût total : 2.407.000 francs.

L'ouverture de l'école eut lieu le 1er octobre 1936.

Source : Bnf. Rapport Conseil Général 1936.

L'école de filles

Une demande de subvention, sur les Fonds de l'État a été formulée le 16 novembre 1936 par le Conseil Général : extension de l'école de garçons, avec deux classes pour filles, à Château Gombert.

Coût total : 337.000 francs.

Source : Bnf. Rapport Conseil Général 1936

A la demande de la Direction de l'Hygiène par l'Exemple, une Colonie de vacance (appelée Maison de Campagne des Écoliers) a été instituée pour la première fois dans l'école de garçons de Château Gombert. Cette structure qui accueillait des enfant de Paris et des écoliers de Marseille a fonctionné durant les vacances de Pâques, ainsi qu'aux grandes vacances de 1938.

Source : Bnf. Rapport Conseil Général 1939. 

L'école maternelle

En 1896, Marseille comptait 39 écoles maternelles privées.

Celle de Château Gombert était dirigée par les Sœurs de Saint Joseph des Vans (Ardèche).

En 1902, Sœur Marie Armande était Directrice.

Source : BnF

Source : BnF

Source : BnF - Demande

Source : BnF - Adopté

Source : BnF

La colonie des paralysés

En août 1949, une partie de l'école est affectée à une colonie d'enfants paralysés.

Source : " Le Provençal "

Source : google

La Colonie de Vacances

 La fin des années 1800, puis l'entre-deux guerres vit une colonie de vacances " les abeilles " non loin du village de Château Gombert

Cette structure était sous l'égide de la Petite Œuvre de Marseille (Saint Vincent de Paul).

L'établissement était situé à quelques distances du Collet Redon (environs 150 mètres).

Il accueillait des jeunes filles.

Géod. 43°21'10" N - 5°25'26.8"E

Colonie sous la flèche. Le Collet Redon est en haut. Vue prise vers l'Est

Vue depuis la colonie

La chapelle

La grotte du collet Redon

Vue actuelle

Les jeux dans la cour

BAGUO : La Merelle

Merelle. Jouer au Galet et à l' Échelle.

Jeu d’enfant, fait en manière d’échelle que l’on trace à terre avec de la craie, et où les joueurs, marchant à cloche- pied, poussent un petit galet dans chaque espace de l’échelle.

" Juga à la baguo " : jouer à l’échelle , jouer à la merelle , jouer au galet.

Source : Université de Toronto - Dictionnaire Provençal - Français. 1839 - J-T Avril

Origine de la marelle

" Cette peinture, empruntée à un vase grec, nous montre deux enfants, un garçon et une fille, occupés à jouer à la marelle ou à la mérelle.

A travers les âges, le jeu ne devait rien perdre de sa vogue : il se jouait au moyen âge, il figure dans la liste des jeux de Gargantua, il apparaît encore dans nos classes ; il est commode, il est silencieux, il se dissimule aisément derrière une pile de livres. Il est dangereux cependant : car l'attention se détourne à ce jeu ; le professeur s'étonne du silence inaccoutumé d'élèves d'ordinaire turbulents ou bavards, le mystère s'éclaircit vite, et les joueurs se voient allouer quelques heures de retenue ou de consigne... bien méritées."

Source : Université de Toronto. Les jeux et les jouets - Leur histoire. 1912. A. Parmentier

La "Marelle ", a donc deux significations :

1) Celle qui consiste à jouer au sol, à deux ou à plusieurs, avec un galet et à cloche-pied.

2) Celle qui consiste à jouer à tour de rôle à deux, avec des pions à aligner sur des lignes, pour former des suites. C'est la forme originelle.

Les Billes

De tout temps, et jusqu'au siècle passé, les jeux de billes sont très variés.

" On comptait :

La Poursuite, le Cercle ou triangle, la Tapette, la Bloquette, la Pyramide, le Tirer, le Pot, les Villes, le Serpent, la Trime, la Fossette aux noyaux, Pair ou impair.

Dans la Poursuite, le Triangle, le Pot et les Villes, le joueur est tenu de "caler", c’est-à-dire qu’il ne peut lancer sa bille qu’en la tenant appuyée sur l’index et le médius, tandis que le pouce, la prenant en dessous, se détend comme un ressort et l’envoie, modérant ou augmentant sa force, jusqu’au point où elle doit arriver.

Le calot (*) est une grosse bille à l’aide de laquelle on joue à la poursuite et surtout à la « trime ». Un trou de forme ronde pouvant contenir une balle à jouer a été creusé dans le sol, c’est le pot.

C’est vers le pot que, d’un point déterminé, les joueurs font rouler leur calot ; celui qui se sera le plus éloigné du but aura le rôle peu envié de « trimeur ».

Le trimeur envoie son calot vers le pot, mais rarement il le fait entrer dans le trou et alors les partenaires se placent au pot même, frappent son calot avec les leurs, le repoussant, le chassant l’un après l’autre le plus loin possible.

Que de peine ensuite, que d’efforts pour rejoindre le but ! Lorsqu’enfin, après bien des luttes, le trimeur y réussit, il est délivré, et celui qui occupait après lui le dernier rang au début le remplace "

(*) Le Calot figure sur la photo prise sur le boulevard Blain (dans la main d'une fille). Il peut s'agir d'une variante de la Gobille

Source : Google - Plaisir & jeux depuis les origines - Gaston Vuillier - 1899

" Voici d'abord de jeunes Romains qui semblent jouer aux billes (fig. en annexe).

Erreur! c'est une noix que l'un d'eux fait rouler sur une planchette, se proposant d'atteindre l'une de celles qui sont rangées devant lui sur le sol. Les noix tenaient lieu de nos billes, et le jeu des noix était chez les Romains un des divertissements les plus chers aux enfants. Tantôt l'on jouait à la rangette, comme l'on voit sur cette figure ; tantôt, on faisait un petit tas de noix, et il s'agissait d'en lancer une autre sur le tas assez adroitement pour ne pas le faire crouler; celui qui réussissait cette besogne délicate gagnait les noix.

Ou bien encore on traçait à la craie sur le sol un triangle traversé par des raies parallèles, le joueur devait lancer la noix de telle manière qu'elle parcourût le plus grand nombre de divisions sans pourtant sortir du périmètre de la figure. On pouvait encore jeter la noix dans un trou ou dans un pot, ou bien jouer avec quelques noix à pair ou impair, ou enfin à qui fendrait le plus vite une noix par coup ou par pression ; et la supériorité de ce jouet sur nos billes actuelles, c'est qu'en conclusion du jeu, il pouvait toujours se manger.

Les noix étaient si bien considérées comme l'attribut de la première jeunesse, qu'on disait d'un enfant qui devenait un grand garçon : « Il a pris congé des noix. »

On dirait de nos jours "J'ai passé l'âge de jouer aux billes"

Source : Archive.org - Les jeux et les jouets - A Parmentier - 1912

Le Pot en Bleu. Le Calot en Rouge

La Fossette

La Fossette aux noyaux

La Gobille

Jeu de Billes au Bd Blain (Fr. Durbec)

Lorsque Château Gombert accueille Allauch

7 mai 1904.

Les constatations et résolution mentionnées sur un P-V du Conseil Général des Bouches du Rhône, font suite à une situation insolite...

Source : BnF

Les Petits Frères Maristes présents en 1864, assuraient l'enseignement en 1902 : Directeur Frère Stéphan.

Les petits Frères quittèrent Château Gombert en 1904.

Début de l'école laïque

Emile Combe, président du Conseil, fait voter la loi du 7 juillet 1904 qui ordonne la fermeture des écoles tenues par des religieux.

Les frères et les sœurs enseignants se sécularisent ainsi que leurs écoles qui s'inscrivent dès lors dans le cadre de la loi de 1886, et sont reprises par des associations, conformément à la loi de 1901.

Ci-après, un rapport dressé, suite à une inspection de l'école de Château Gombert

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INSTITUT

ANNALES  de PROVINCE des Petits Frères de Marie

rédigées à St Paul-3-Châteaux

le 17 avril 1888

No 18

MAISON CHATEAU-GOMBERT 215/18

Altitude : 120 mètres

Population : 1500 habitants

Fondée en 1864 pour 3 frères (3 présentement)

Par M. le curé Jouvat et des Bienfaiteurs

Genre primitif de l'école libre payante puis communale gratuite - id - actuel libre payante

Traitement primitif : 1800 francs ; actuel 2100 francs Fourni par les rétributions, M. le curé, le comité et Marseille Mobilier payé par M. le curé et des dons

Valeur actuelle : assez bon ; appartient aux Frères

Mobilier scolaire payé par les mêmes

Valeur présente : assez bon ; appartient à l'oeuvre

Local primitif incommode et irrégulier

Cour, jardin assez bien Fourni par M. le curé (600 f. de loyer)

Local actuel décrit dans la notice

Cour, jardin idem Appartient à à la Fabrique

Servitudes 800 mètres de l'église

Max. d'élèves au début : 40 ; aujourd'hui : 78.

Résultats religieux : aussi bons que possible.

Résultats scolaires : 12 certificats d'études

Résultats pour l'Institut : Deux sujets

Réputation de l'école : assez bonne

Appui du clergé très hargneux parfois

Appui des autorités civiles : indifférent aujourd'hui

Services particuliers : aucun

Frères Directeurs : Simon, Palmace, Constancien, Antonius, Ezéchiel, Venant.

N O T I C E  Château-Gombert est une paroisse rurale faisant partie de la commune de Marseille. Elle compte 1500 habitants. Le village est à 120 mètres d'altitude, à environ 8 km de St Barnabé, 9 de Marseille, 195 de St Paul-3-Châteaux, et 368 de la Maison-Mère, par Marseille et Lyon.

A l'époque dont nous allons nous occuper, M. l'abbé Jauvat était curé de Château-Gombert. Notre frère Esdras, qui prenait alors des bains de mer, vint le voir, en fut très bien accueilli, s'installa même un peu chez lui et l'engagea à demander de nos frères.

Il écrivit lui-même au cher frère Assistant dans ce but, lui dépeignit M. le curé comme étant un saint, le pressa de lui envoyer des frères et appuya sa demande par un interminable grimoire, dans lequel il tançait les instituteurs laïques et jetait même la pierre à certains congréganistes.

M. le curé écrivit ensuite, mais nous n'avons pas sa première lettre.

Voici la seconde (juillet 1864)

" Bien digne Supérieur, Encore une raison qui a son poids et qui vous fera comprendre notre nécessité, nos ardents désirs, nos pressantes sollicitations à vous demander des Frères : c'est que je prépare une première communion qui aurait dû se faire au mois de mai ; or, mes supérieurs ecclésiastiques m'ont autorisé à la renvoyer jusqu'à ce que j'aie quelques mains habiles, savantes et pieuses pour nous seconder, car nos pauvres enfants perdent plus qu'ils ne gagnent, sous tous les rapports, entre les mains de l'instituteur, qui est un extravaguant, qui ne sait ni se faire craindre, ni se faire aimer ; il n'a aucune influence, aussi il n'inspire ni confiance ni respect ; il y a deux mois, quelques élèves se révoltèrent contre lui. A tous les instants du jour, on en voit cinq ou six simultanément au même commun ; il n'y a point de police, c'est un désordre continuel. Aussi, les enfants sont très dissipés, et ne savent pas leur catéchisme. Quelle noble mission viennent remplir vos frères ! Et sous ce rapport, tous les parents les attendent avec impatience. De plus, j'ai une maîtrise de 12 élèves à leur confier. En voilà d'éléments, en voilà des portes, pour entrer dans l'esprit du peuple. En voilà des instruments, des armes, pour combattre et vaincre les plus formidables ennemis ! Vénérable Supérieur, c'en est trop pour vous faire comprendre notre position et vous faire espérer l'heureuse réussite de notre fondation. D'ailleurs, nous nous connaîtrons toujours mieux, non seulement pour ne pas avoir de regrets ni les uns ni les autres, mais pour bénir toujours la divine Providence de nous avoir mis en relation, etc..."

Le frère Félicité, visiteur, vint voir le local et envoya le rapport qui va suivre au Supérieur sur ce nouveau poste :

" Le local destiné aux Frères est celui que les sœurs quitteront la semaine prochaine pour aller en habiter un autre qui sera inférieur à celui qu'elles laissent, jusqu'à la mort de la personne qui leur donne actuellement une partie de sa maison et qui la leur laissera en entier après sa mort. Ce local a un premier seulement. Il est très bien situé ; il peut être considéré comme hors du pays, bien qu'il ne soit éloigné de l'église que de 2 ou 3 minutes. Les appartements du rez-de-chaussée sont : un très joli salon, déjà meublé, destiné sans doute à un parloir ou à un réfectoire ; une petite cuisine et une cave, puis les deux classes séparées par une cloison et une porte. Elles n'ont que 4,50 mètres sur 3 mètres, environ 30 m2 pour les deux. Mais il est à remarquer :

1) qu'une vaste cave et une écurie disponibles, dépendantes dudit local, et adossées, partie contre les classes, partie contre le reste de la maison, permettent de faire toutes les améliorations convenables ;

2) que M. le curé est tout disposé à apporter toutes les modifications nécessaires ;

3) que dans le principe, les classes seront peu chargées, attendu que l'instituteur communal a une bonne partie des enfants que le pays peut fournir, et qu'ils ne quitteront, sans doute que petit à petit. Les appartements du premier sont :

1) Une salle avec alcôve, pouvant servir de dortoir ; elle est très convenable,

2) Une 2ème salle ayant ainsi que la 1ère, deux fenêtres, cette dernière ferait une salle d'études ;

3) Un petit oratoire, ordinaire, mais assez bien ; l'autel restera etc..

4) Une petite sacristie ;

5) Une espèce d'antichambre ou alcôve. Toutes les portes et les principales fenêtres de la maison donnent hors du village et font face à la cour et au jardin, très réguliers, qui sont également pour les frères. La cour est un peu petite, mais il est facile d'empiéter un peu sur le jardin qui est passablement vaste. Deux puits alimentent : l'un la maison et l'autre le jardin. L'eau est basse mais elle ne tarit jamais. C'est M. le curé, à la tête des notables du pays, qui se charge de la fondation.

Tout d'abord l'école sera libre. Le traitement sera composé :

1) Des produits des mois d'école ;

2) Du complément promis par les fondateurs. La prime sera payée par annuités de 400 fr ou de 420, selon que vous fixerez pour chaque frère. M. le curé recevra indifféremment, dans le principe, soit deux, soit trois frères, et il consent volontiers à ce que le traitement soit de 1200 fr pour deux frères ; il n'a pas été question du traitement pour trois ".

 

Les supérieurs envoyèrent ensuite le Frère Onésiphore, Directeur à la Seyne, pour voir si tout était prêt. Il leur rendit compte de sa mission en ces termes :

" M.T.C.F. Assistant, Le jour désigné, je me suis rendu auprès du F. Simon, que j'ai trouvé aux Aygalades à 11 h 1/2, et à 1 h 1/2, nous sommes partis pour Château-Gombert son nouveau poste.

1) J'ai trouvé le linge des frères à peu près prêt, et le mobilier de même, sauf les bois de lit, les matelas et les chaises, que l'on fera confectionner plus tard, attendu que le F. Visiteur a approuvé la maison et ses meubles pour le temps provisoire, qui ne sera pas de longue durée selon toute apparence, l'emplacement de la nouvelle construction est déjà désigné et M. le curé n'est pas en peine pour trouver l'argent nécessaire pour cela.

2) Il reste 580 fr de l'argent du mobilier des frères qui n'est pas encore employé, mais ce qui est fait est assez bon pour ne pas donner lieu de se repentir d'avoir laissé faire M. le curé ; le linge vaut 1/5 de plus que ne le porte la liste.

3) M. le curé verra MM. les bienfaiteurs de l'œuvre pour l'argent qui lui manque en ce moment : sa visite du premier de l'an sera faite dans ce but. Ils ont signé, mais ils sont à Marseille en ce moment. 500 fr seront remis au F. Simon à l'entrée en fonction, et le reste tous les trimestres ; une partie de la prime sera payée cette année aux premiers mois : 700 fr à ce que m'a promis M. le curé. Je crois que vous n'avez rien à craindre ; le brave homme a aussi bon cœur que bonne langue.

4) Les classes sont prêtes, mais bien petites, elles peuvent contenir 50 élèves ; il y a des tables et des bancs pour ce nombre. Les deux ouvertures devaient se faire le jour de mon passage, elles donneront de l'air et non du jour, car elles aboutissent à une cave... Les griefs qui pèsent sur le pauvre instituteur sont plus que suffisants pour le faire révoquer dès que les frères seront installés ; ce sera un grand service que l'on rendra au pays, si cet homme est aussi mauvais qu'on le dit...

Voyant que je paraissais désirer quelque chose de plus, M. le curé m'a dit, avec un peu de chagrin : "Mon Frère, qu'est-ce que vos Supérieurs désirent de plus ? parlez, je suis prêt à tout ce que l'on voudra, et je le signerai de mon sang, s'il le faut. Je n'ai pas d'autres héritiers que les frères, et si je n'ai pas beaucoup d'argent en ce moment, je sais où en prendre. Après avoir fait élever des églises, des chapelles et des établissements de religieuses, je ne laisserai pas celui-ci inachevé. Dites à vos Supérieurs d'avoir un peu de confiance en moi ; ils me verront à l'œuvre. Mr le curé écrivit encore plusieurs lettres et alla voir notre R.Frère, à St Genis, qui lui donna de l'espoir. Il fit intervenir l'un des grands vicaires, au commencement de septembre. Le 26 octobre, il remercia le Révérend qui venait de lui promettre trois frères. Il accepta les conditions proposées, se réservant seulement de fournir le mobilier personnel en nature, parce que des personnes charitables lui en offraient les diverses parties.

Le brave homme faisait déjà des provisions pour les frères. Son style prolixe et un peu diffus annonce un homme simple et droit. Il avouait que le local offert ne convenait pas, mais il assurait qu'il ne serait que provisoire et que, aidé par ses bourgeois, il en ferait bientôt construire un ad hoc. Le Révérend lui ayant annoncé le 5 novembre que l'envoi des frères était ajourné, il communiqua cette triste nouvelle au baron de Gombert, son paroissien. Celui-ci voulait monter à St Genis sur le champ. Mr le curé l'en dissuada, réfléchit pendant toute la nuit et recommanda cette affaire à Notre Seigneur en disant sa messe le lendemain. Il alla consulter ensuite son confrère des Aygalades, ainsi que le frère Directeur de cette localité et celui de St Geniez.

Après ces précautions, il écrivit au Révérend et le pressa vivement de hâter l'envoi des frères, ajoutant que M. B. Martin, adjoint au maire, et un chef de bureau de la Préfecture, attendaient impatiemment la déclaration légale, pour l'appuyer. Il revenait encore sur le mal que faisait l'instituteur laïque dans sa paroisse. Les conventions que l'on va lire furent signées le 10 décembre 1864. En les envoyant, Mr le curé s'applaudissait du bon choix du F. Simon, qui allait diriger la nouvelle école et déclarait que ce frère et lui ne faisaient déjà qu'un. Frère Simon avait peut-être mérité cet éloge en acceptant sans difficulté, tous les objets offerts pour le mobilier personnel, y compris les meubles laissés provisoirement par les sœurs dans le local qu'elles avaient cédé moyennant un loyer annuel de 600 francs : leur sacrifice n'était pas grand.

Voici les conventions :

Entre les soussignés etc.

Art. 1er. Le Supérieur fournira trois frères, etc. Ils auront, en se conformant aux lois, etc.

Art. 2. Il sera fourni aux Frères ce qui suit :

1) Une maison convenable avec cour et jardin, le tout clos et indépendant. Le local offert par M. le curé est accepté pour un an, moyennant les réparations convenues.

2) Un mobilier classique ainsi qu'il est exprimé dans le prospectus.

3) Un traitement annuel de 1800 francs. Ce traitement se composera des rétributions scolaires et d'un supplément assuré par les Fondateurs dans le cas où le chiffre des rétributions n'atteindrait pas 1800 fr. Les rétributions des enfants étrangers à la paroisse et toutes celles qui excéderont 1800 fr seront bénéfice des frères et leur appartiendront.

4) Pour le mobilier et le trousseau des Frères, une somme de 1800 fr payable à l'ouverture de l'école. Ce mobilier est entretenu par les Frères et devient leur propriété par dixième chaque année.

5) Une prime de 1200 fr qui sera payée à la Maison-Mère à l'époque de la fondation.

Art. 3. Le chauffage et les faux frais de l'école, pour encre, modèles, etc. sont à la charge des élèves. L'entretien de la maison et du mobilier classique ainsi que les frais de distribution de prix sont à la charge de la Fondation, qui, en outre, fera exempter les Frères de tous impôts et charges communales ou les supportera pour eux.

Art. 4. Les frères et leurs élèves auront des places gratuites à l'église. Le 12 décembre, le frère Simon écrivait que l'instituteur était très immoral, que son adjoint s'ennuyait avec lui, que son école avait 70 enfants payant 1,50 fr ou 2,50 fr par mois, tous très mal élevés et ignorants ; qu'une vingtaine d'enfants attendaient l'ouverture de la classe des Frères et qu'on y admettrait un certain nombre de gratuits.

Le 4 janvier 1865, Mr le curé écrivait une interminable missive. Mon Révérend Supérieur, Trois ou quatre de nos bien aimés et honorables fondateurs, voulaient partir pour aller vous présenter leurs hommages et vous faire agréer leurs vœux de bonne année, mais aussi pour vous prévenir en toute franchise et naïveté que nous n'avions pu résister aux pressantes sollicitations de 15 ou 20 jeunes hommes, qui, en dépit des poursuites hostiles de notre fameux instituteur ont attendu nos bons Frères en disant qu'ils se respectaient trop pour faire bande avec ceux qui fréquentent l'école communale, qui sont la lie du pays.

On a cru, digne Supérieur, qu'il était mieux dans les convenances que je vous avertisse moi-même, que nous avons simplement et pieusement supposé votre paternelle autorisation, et nous avons promis de commencer au plus tard lundi prochain cette classe du soir, et cela soit dit pour respecter la délicatesse du frère Simon, rehausser et vénérer son exactitude religieuse à sa sainte Règle, aux ordres de ses supérieurs, pour sauvegarder, tranquilliser la conscience et mettre à l'abri la responsabilité de ce cher Directeur qui n'a rien voulu prendre sur lui-même... Les classes du jour ont commencé hier, et elles débutent assez bien, etc...

Le frère Visiteur vint voir cette école, le 29 juillet 1865. Il y trouva les frères : Simon, Dulas et Jephté, avec 49 élèves dans les classes. La visite ne donna lieu à aucune observation.

Le 13 octobre, le frère Simon demandait un plan pour une construction définitive qui devait être placée, assez loin de l'église, sur un terrain de 25 mètres sur 28,50 mètres, que ces Messieurs devaient acquérir deux jours après. Le frère désirait que frère Théodore vint diriger cette construction.

Le 28 juillet 1866, les classes avaient 67 enfants. Les seconds étaient les FF. Dulas et Firmin. Le Frère Visiteur nota ceci :

" Notre maison de Château-Gombert prospère ; la population est contente des Frères et le nombre des élèves va toujours croissant ; la régularité règne dans la maison. Si j'ai un voeu à former, c'est que le bon frère Simon se rende de moins en moins pénible à ses frères et à son digne curé ; vous savez que par caractère, ce brave frère est difficile à contenter. Mais, grâce à Dieu, les frères qu'il a ne sont pas hommes à s'effrayer, et Mr le curé, patiente assez facilement à cause du bon résultat que le Frère Simon a obtenu jusqu'ici tant avec les enfants qu'avec les parents. La construction n'est pas commencée. On a deux emplacements en vue. Le 1er, qui est à 200 m environ de l'église, coûterait au moins 12.000 fr et j'y vois cinq ou six lacunes ou servitudes assez graves. Le second serait donné par l'un des vicaires généraux. Il a 80 m sur 20. Il est à 50 m de l'église, mais mieux à la portée des enfants que l'autre. J'incline pour ce dernier, mais je prie le Révérend Frère de trancher lui-même la question. En attendant le remplaçant du F. Simon, le 16 mars 1867, Mr le curé donnait au Révérend Frère des détails très minutieux, sur la maison en construction, dans laquelle il comptait 24 fenêtres. Il se disait obligé d'encourager l'entrepreneur qui se plaignait souvent des changements opérés dans le plan par le frère Simon. Je lui recommande, ajoutait-il, de suivre en tout les indications du frère, car je désire que tout soit pour le mieux ".

Le F. Simon fut remplacé par le F. Palmace comme Directeur, le 31 mars. Dans cette lettre indéchiffrable du 23 octobre, après s'être plaint vivement de l'absence des trois frères pendant leur retraite, au moment où il avait le plus besoin d'eux, après avoir demandé que l'un des trois assistât à une autre retraite, de manière que les enfants fussent toujours surveillés, Mr le curé annonçait que la maison était terminée, que Mgr et son Grand-Vicaire en étaient enchantés, qu'il avait dû emprunter 10.000 francs pour la payer, plus 4.000 francs pour agrandir celle des sœurs et qu'il n'avait pas le sou pour payer les 700 francs d'intérêt de ces deux emprunts. En définitive, il demandait que les frères pussent recevoir quelques pensionnaires pour lui alléger un peu la charge de leur traitement, attendu que les rétributions mensuelles ne produisaient qu'environ 800 francs par an.

 

D'après sa lettre, il faisait lui-même la plus grande partie du cours d'adultes, mais il s'encourageait par la pensée que les frères l'aideraient davantage dans leur nouveau local.

Frère Palmace ne resta que 18 mois ici. Durant l'année scolaire 1868, il fut aidé par les FF. Dulas et Agapius.

Les classes eurent un maximum de 82 élèves, dont 58 payants.

Le Frère Visiteur prit cette note :

" Mes observations ont porté sur le manque de ponctualité et sur la charité fraternelle. L'établissement va à peu près, Mr le curé est content des frères mais il reproche au Directeur de manquer de piété. Je dois ajouter que ce dernier est trop large, trop susceptible et peu prudent ".

Le Frère Constancien remplaça le Frère Palmace après la retraite. Ce nouveau venu dirigea la maison jusqu'au vacances de 1874. Il fut secondé par les Frères Dulas, Achillas, Gonthier, Josédech, Geoffroy, Urbase, Congall et Sigebert. Durant ce temps, les classes enregistrèrent un maximum moyen de 86 élèves, parmi lesquels 54 payants. Les frères Visiteurs notèrent ce qui suit :

1869. " Mr le curé est content et tient surtout au F. Gonthier ".

1870. " Faire constamment ensemble tous les exercices de piété ".

1871. Pas de rapport.

1872. " Les études ont été assez négligées. A cause de la culture du jardin, l'office du soir ne s'est pas toujours dit à l'heure, ce qui a occasionné quelquefois l'omission de la lecture spirituelle. Le frère sous-directeur pourrait remplir un peu mieux son emploi ".

1874. Le rapport est muet.

Après la retraite, le frère Antonio succéda au Frère Constancien, pendant une année, étant aidé par les frères Urbase et Léoncien, et ayant 95 enfants sous la main ; ils étaient tous gratuits depuis le 1er janvier 1873. Le Frère Visiteur n'eut rien à reprendre. Néanmoins le Frère Antonio fut remplacé après la retraite par le Frère Ezéchiel, et il partit pour l'Océanie.

Le 31 mars 1876, le nouveau Directeur reçut l'avis suivant de la mairie

" Monsieur le Directeur, Monsieur le Préfet ayant décidé que la nouvelle école communale de garçons, crée à Château-Gombert, serait confiée à des congréganistes, je vous prie d'inviter votre Supérieur Général à faire parvenir au plus tôt les propositions nécessaires pour la nomination d'un Directeur et d'un adjoint, à M. le Préfet. Daignez agréer, etc. "

L'école devint donc communale, et, en vertu de la convention, pour 7 ans entre la Mairie et l'Institut, les frères de cette maison furent payés, comme ceux de la plupart des autres maisons de la banlieue, 2300 fr c.à.d. 800 fr le titulaire et 750 chacun des autres.

A ce moment, les seconds étaient les Frères Urbase et Hortense, les classes avaient 90 élèves, tous gratuits. Le FrèreVisiteur put constater que tout allait bien.

En 1879, les classes enregistrèrent 103 élèves. Le Frère Ezéchiel dirigea la maison pendant 8 ans ; frère Urbase, son second, fut changé en avril 1881.

M. le curé Caillol, successeur de M.Camoin, mort ici, écrivit une lettre un peu vive au Révérend, à cette occasion.

Il s'en excusa ensuite en ces termes :

" Mon Très Révérend Frère Supérieur, Lorsque je vous ai écrit ma dernière lettre, j'étais tellement contrarié du changement du Frère Urbase, que j'ai employé des termes que je regrette. Vous faites bien, Mon Révérend Frère, de compter sur moi, les frères sont mes meilleurs auxiliaires.

Si j'ai laissé percer au sujet de la capacité et de l'ordre du Frère Directeur, ce n'est pas que je ne l'estime pas, c'est un excellent professeur, mais, comme Directeur, je craignais qu'il ne laissât à désirer ; je vois maintenant qu'il va très bien. Le frère Directeur mérite les éloges qu'on vous en a faits. Je tenais, Mon Révérend Frère, à faire disparaître la mauvaise impression que ma lettre a pu vous laisser, et je ne doute nullement de votre désir de nous être utile en toute occasion ".

Monsieur le curé était sans doute dévoué aux Frères, comme le dit sa lettre, mais il avait déjà une dévotion singulière pour ceux auxquels leur position permettait de ne rien démêler avec lui. A son avis, le sous-directeur et la sous-directrice étaient toujours parfaits, tandis que le frère Directeur et la sœur Directrice ne valaient souvent pas la corde pour les pendre.

A l'expiration de la convention susdite, la municipalité de Marseille laïcisa l'école.

Etant dans un local qui appartenait à la fabrique, les frères n'eurent pas à se déranger ni à se pourvoir d'un matériel scolaire, la ville n'ayant aucun droit sur le leur. Ils se bornèrent à la déclaration légale, qui fut faite par le frère Joseph Gabriel. Le Frère Venant succéda au Frère Ezéchiel, et devint titulaire de l'école, trois ans après.

La position n'était point aimable.

L'un des seconds du Frère Ezéchiel, qui l'avait volé plusieurs fois à son insu, venait de décamper avec la domestique du médecin pour aller prendre une place d'adjoint à l'école laïque de St Rémi.

La domestique étant mal famée, la sortie de l'ex fit ici beaucoup de bruit et les frères étaient fréquemment insultés. Dix-huit mois plus tard, la nuit du Vendredi Saint, pendant le sermon sur la Passion, le défroqué vint voler 600 fr. dans la maison.

Le bruit commença de plus belle.

Bien que dénoncé, la police ne l'inquiéta nullement.

Durant les 4 années suivantes, il fut secondé par les frères Joseph Gabriel, Constancien, Népotien, Lezin, etc... Les deux classes inscrivirent un nombre moyen de 78 élèves, dont 58 payants. Leurs rétributions entraient dans le traitement de 2100 fr garanti aux trois frères par Mr le curé.

Le Frère Visiteur constata que tout allait bien en 1883.

Il nota ceci en 1884 :

" A propos de rien, il s'élève des disputes entre M. le curé et les frères. Ces derniers feront en sorte de mieux s'entendre avec lui, si cela se peut ".

Son rapport de 1886 a cette note :

" Mr le curé demande qu'on garde un peu les enfants le soir, jusqu'à 5 h 1/2. Les concurrents font l'étude toute l'année. Il est indispensable que les frères fassent quelque chose, pour contrebalancer ".

Fatigué des exigences fantaisistes de Mr le curé Caillol, le Frère Venant a prié le Frère Assistant, aux vacances dernières, de le remplacer par son second. Le Frère Renobert a donc reçu l'ordre de remplir les formalités légales pour devenir titulaire de l'école.

M. le curé a été enchanté de cet arrangement ; mais sa joie a été de courte durée, car, réflexion faite, le Frère Assistant a prié le Frère Venant de garder la direction de la maison jusqu'à nouvel ordre, tout en laissant le Frère Renobert titulaire.

Les choses en sont là au milieu du mois d'avril 1888.

M. Caillol vient d'être nommé curé d'Endoume, quartier de Marseille. Il a réglé tous les comptes avec les Frères, avant son départ, et donné des preuves d'estime au Frère Venant en disant :

" Maintenant que nous nous connaissons, il faut nous séparer ".

M. l'abbé Maurette, son successeur, a été installé avant-hier, le dimanche du Bon Pasteur. Le jeune frère Jovita fait présentement la cuisine. Les deux classes ont 78 élèves inscrits, parmi lesquels 55 payant 1 fr ou 1 f 50 par mois, ce qui produit environ 500 francs par an.

Le comité de Marseille a successivement réduit son allocation annuelle à 950 francs.

M. Caillol quêtait le reste, plus les impôts, les prix, etc.. ; son successeur devra faire de même s'il veut conserver les frères.

M. Loubet, décédé, instituteur communal, estimait bien peu ses 35 élèves, car il avait défendu à son propre enfant de se recréer avec eux ; celui-ci se recréait avec les élèves des frères et se plaçait parmi eux aux offices. Les instituteurs qui pensent comme M. Loubet sans oser l'avouer, sont plus nombreux qu'on ne le croit.

Si les élèves sortis de l'école ne donnent pas aux frères les consolations religieuses qu'ils auraient droit d'en attendre, les mauvais conseils, surtout les mauvais exemples que ces jeunes gens reçoivent dans leurs familles en sont la grande cause. Les résultats scientifiques donnés par l'école ont été assez bons : une douzaine d'élèves au moins ont obtenu le certificat d'études depuis 10 ans.

M. le curé ne donne que 40 francs par an pour les prix ; il serait superflu de dire que cette maigre somme n'excite nullement les frères à distribuer solennellement ces prix. Ils n'ont aucune fonction à remplir à l'église, laquelle est bien pourvue de chantres et d'organistes.

Le noviciat provincial n'a encore reçu que deux sujets de Château-Gombert.

Le matériel est complet, mais il a 23 ans d'usage. Le mobilier personnel, y compris la bibliothèque et les livres laissés aux frères par M. le curé Jovat, est en assez bon état et suffisant pour trois frères ; il leur appartient.

Le Frère Visiteur nous a dit que l'emplacement accepté par lui pour y placer la maison actuelle était à 500 mètres de l'église ; il aurait pu dire 800, sans crainte de mentir, et ajouter que le chemin est très mal entretenu, et très boueux en temps de pluie ;

Il est vrai que ce local est des plus tranquilles, mais les petits enfants ne peuvent y aborder en hiver.

La maison est sur le même plan que celle de St Loup et de St Marcel.

Le rez-de-chaussée, contient trois bonnes classes, un parloir et un bon escalier.

La cuisine, le réfectoire, l'étude des frères, une chambre libre, un dépôt et un grand dortoir occupent le 1er.

La cour et le jardin sont très suffisants, mais celui-ci n'a pas d'autre eau que celle d'un puits.

Le village étant petit, la grande majorité des paroissiens habite la campagne. Aussi sont-ils bien paisibles et relativement religieux. Les offices sont fréquentés et le devoir pascal rempli par environ 120 hommes et à peu près les trois quarts des femmes.

La plupart vivent du produit de leurs champs, lesquels sont assez rémunérateurs, grâce à l'arrosage du territoire par le canal amenant les eaux de la Durance. Ils produisent surtout des primeurs, des fleurs, des légumes, des fruits, surtout des pommes.

Source : BnF

 

École de la Fabrique (le puits est à droite)