Gombert.story

Gombert.story

Premières traces de la présence de Gombert

1348. Début de la peste à Sisteron

1384. Un noble, Gombert Jacques, arrive à Sisteron

1405. Un noble, Gombert Geoffroy, est Premier Capitaine du Guêt.

1419. Gombert Jean est présent à Sisteron

1500. Noble Gombert Marc est Commandant " Hommes d'armes "

1500. Gombert Antoine est seigneur de Dromon

1562. Noble Gombert François (dit "Monsieur de Verdaches") est Conseiller

1564. Gombert Jacques est Second Consul

1564. Gombert Marc est seigneur de Dromon

1573. Gombert Jean est présent à Sisteron

1595. Gombert Pierre est seigneur de Verdaches, Avocat du Roi, émissaire du duc de Guise.

1638. Gombert Jean est le dernier avocat du Roi à Sisteron

1651. De Gombert-Dromon Alexandre, chevalier de Malte est seigneur de saint Geniez

1660. De Gombert-Dromon Jean-Baptiste est chevalier de Malte

1669. De Gombert-Dromon Jean-Henri est chevalier de Malte

1679. De Gombert-Dromon François-Auguste est chevalier de Malte

1764. De Gombert Jean-Joseph-Laurent est Prévôt et chanoine de saint Victor

1789. De Gombert Jean-Joseph-Laurent est Prévôt et chanoine de saint Victor émigré de la Révoultion s'installe définitivement à Sisteron

1815. 5 mars. Entrevue de De Gombert Jean-Joseph-Laurent, maire de Sisteron, avec Napoléon Bonaparte

1815. 10 avril. De Gombert Jean-Joseph-Laurent est destitué de sa fonction par Napoléon Bonaparte

1820. De Gombert Jean-Joseph-Laurent est reconduit dans ses fonctions

Sources :

Google - Histoire de Sisteron - Ed. de Laplane 1843

BnF - Catalogue des Chevaliers de Malte 1099-1890

BnF - Revue Bleue 1924

Nota. Les historiens qui se sont penchés sur les origines des Gombert et de Gombert à Sisteron, ne préjugent pas de celles antérieures au XIV ème siècle.

 

Véritable : deux annelets

Erreur : un besan(t) or

Confusion

Gombert et Napoléon Bonaparte

Avertissement.

Lectrices, lecteurs,

Certains documents qui suivent sont extraits de chroniques rédigées de manière à donner un point de vue plus ou moins partial ; royaliste ou Bonapartiste.

Il vous appartient de les consulter dans leur intégralité, afin de comprendre un évènement important vécu par les habitants et édiles de Sisteron ( site de BnF-Gallica )

Annales 1928 - 1929

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" de puissants protecteurs ; quelques-uns enfin, n’ont qu’un but, satisfaire des rancunes personnelles, ou même dénoncer leurs supérieurs pour prendre leur place. Comment être exactement renseigné alors que M. de Gombert, dont l’attitude le 4 et le 5 mars a été pleine de loyauté et de dignité, qui a fait prendre les armes contre Napoléon, lui est dénoncé comme bonapartiste par le procureur de Sisteron, alors que le lieutenant de gendarmerie Julien, son ami, son compagnon de lutte au mois de mars, est sur le point d’être déféré à la cour prévôtale ? Quelle confiance peut-il avoir dans les renseignements de M. Vallet, certainement royaliste, mais qui, pour conserver sa place durant les Cent-Jours, a prêté serment à l’usurpa¬teur et sévi contre les perturbateurs hostiles à l’Empire ? Pour éviter les conséquences fâcheuses que pourrait entraîner leur attitude et conserver leur place, tous les fonctionnaires qui peuvent compter sur "de puissantes’’ amitiés à Paris se sont hâtés de les faire agir auprès des ministres et échappent ainsi à toute répression ; les plus compromis ont môme couru à Paris pour justifier leur conduite, d’autres se sont bornés â envoyer des mémoires où ils dénaturent â plaisir tous leurs actes. D’autres font mieux, ils n’hésitent pas à payer d’audace. Ainsi agit l’inspecteur des directes, Beau, signataire et rédacteur de l’adresse de la Fédération toulonnaise. Il ne craint pas d’affirmer qu’il s’est montré un des plus dévoués défenseurs du trône, qu’il commandait un détachement de la garde nationale envoyé par Digne contre Bonaparte, alors que chacun sait, et le préfet tout le premier, qu’il a fallu sévir contre lui, comme étant un des partisans les plus déter¬minés de l’usurpateur et l’envoyer en surveillance â Barcelonnette. Ne vient-il pas, en octobre, se présenter hardiment à la préfecture et annoncer â M. de Villeneuve qu’il vient reprendre ses fonctions ? Bien mieux, comme son chef, M. Bovis, est parti pour Paris, il émet la prétention de remplir les fonctions de Directeur par intérim (1).(

1) Arch. B.-A. K 7, 2 ; K. 4; K 7 7, lettre du 20 juin 1816... "

Annales 1936

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Le reste de la troupe, M. de Magnan en tête, avec J.-A. Nalin pour porte-drapeau, s’engage sur la route principale, par Peyruis. Nombre de volontaires de Forcalquier en faisaient partie, inter quos, Fortuné de Berlue, collégien de 16 à 17 ans. M. de Croze-Lincel s’y joignit avec 9 volontaires de sa commune, tandis que son gendre, le général de Gardane était demeuré, au contraire, partisan de Napoléon. La chronique assure que plusieurs fois dans sa retraite de Lincel, Gardane aurait reçu des lettres de l’Ile d’Elbe ; le facteur Glavel les lui apportait, cachées dans un double fond de son chapeau, et recevait chaque fois une gratification de 20 francs. A Peyruis, au passage de la troupe, oh prépare dans chaque maison des pierres et de l’eau bouillante pour arrêter les troupes bonapartistes qui pourraient se présenter. A Peypîn, où les deux colonnes se sont jointes, elles sont passées en revue par le général Miollis (oncle de M de Magnan) qui arrivait d’Aix, Là, on apprend que Bonaparte a déjà passé. Quelques gardes nationaux poussent jusqu’à Sisteron. Les Marseillais arrivent à leur tour et sont meurtris à la Saulce. Deux épisodes ; à Peyruis on entend un galop au tournant de la route ; une sentinelle tire un coup de fusil pour donner l'alarme ; grand émoi ; prise d’armes. C’était un âne en belle humeur qui avait rompu son licou. Rire général. A Sisteron, M. de Magnan qui avait emprunté un Chapeau et une épée à l’avocat Delestic, de Mane, employé à la sous-préfecture, s’aperçoit que son épée à un aigle à la poignée, et le vent (le temps était affreux, marsejavo) soulève sa cocarde blanche, dont le dessous était tricolore. Pareille mésaventure advint à son oncle le Général Miollis que l’on accusa, là-dessus, d’avoir jouer un double jeu. Il y eut, à Sisteron, un contraste remarqué entre l’attitude du maire, M. de Gombert et celle du futur général de Laidet.

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M. de Gombert se présenta bravement devant Bonaparte, l’écharpe blanche à la ceinture et la fleur de lys (1) sur la poitrine. Napoléon, soulevant du doigt la fleur de lys, lui dit : — « Qu’est-ce que ce haricot ? Quittez donc ça. Mes gens le prendraient pour une mauvaise plaisanterie. » Laidet, qui ensuite alla à Gand, n’osa pas bouger à Sisteron devant l'Empereur. Un détail à relever, c’est que Gravier, plus tard pair de France sous Louis-Philippe, était venu prêcher la croisade royaliste à Forcalquier. La garde nationale séjourne deux, jours et demi à Peypin, du 9 au 11 mars. Le sous-préfet Calvet — nommé le 11 novembre 1813 et installé le 9 mars 1814 — neveu du Maréchal Soult, Granier, greffier, et autres bonapartistes de Forcalquier se retirèrent à Sisteron pour se mettre sous la garde de la garnison. La garde nationale de Forcalquier, sous les ordres de M. de Magnan, part pour Sisteron où ce dernier voulait la faire pénétrer par surprise, en suivant un canal souterrain qui débouchait dans le jardin de M. de Gombert, son parent. Arrivé à Peyruis, un chef de poste, Louis Madon, arrêta M. Calvet qui revenait de Sisteron et qui fut amené à M. de Magnan. On le fit revenir à Forcalquier, où il était marié (avec Mlle Félicité Maurel, sœur de Mme Dessane d’Apt, et fille de la maîtresse de pension de la grand’rue, (1) M. de Magnan avait reçu avec la croix de lys à 4 branches, une délégation pour conférer le lys simple aux gardes nationaux de la légion ; et plusieurs brevets (en blanc) de capitaine et de lieutenant dans l'armée active, qu’il délivra des officiers de la garde nationale. C’est ainsi que Gassand, Bêche et autres entrèrent dans la carrière militaire.

Bulletin 1884

LA PRÉVÔTÉ DE CHARDAVON EN 1761

Nous devons à l’obligeance de M. Victor LIEUUTAUD, vice-président de la Société scientifique et littéraire de Digne} la communication du curieux document suivant. Il intéresse à la fois le département des Hautes-Alpes, celui des Basses-Alpes et plusieurs familles nobles de nos contrées. Que M. V. Lieutaud reçoive ici, l’expression de nos remerciements. MISE DE POCESSION DE LA PRÊVOTÈ DE CHARDAVON DIOCESE DE GAP Pour messire de Gombert.1 « L’an 1761 et le 24° jour du mois de may, à l’heure de neuf, avant midy, sous le reigne de très-chrestien et puissant prince Louis XV de ce nom, par la grâce de Dieu roy de France et de Navarre, compte de Provence, For¬çalquier et terres adjasentes, sachent tous présents et avenir que fu messire Pierre de Lieutaud, prêtre de la ville et diocesse d’Aix, licentié en sainte théologie, viquaire général et official du diocesse d’Orenge, prévôt de l’église Notre Dame de Chardavon, située au présent lieu de la Baume-les-Sisteron, étant décodé le quatorze février der¬nier, il a plu au roy de nomer à laditte prévôté messire Laurens Joseph de Gombert, prêtre de la ville et diocesse de Sisteron, docteur (f° 83) en sainte théologie, chanoine de l’église insigne et noble collégiale du chapitre de Saint

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Victor de la ville de Marseille, lequel auroit en consé-quence, obtenu de N. S. P. le Pape une bule qui luy confère laditte prévôté, donnée à Rome à Sainte Marie Majeure le huit des ides du mois d’avril dernier1, et qui commet M. l’offlcial de Févêché de Gap pour procéder à la fulmination de laditte bule et recevoir le serment de fidélité dudit Messire de Gombert, laquelle bule a été an¬nexée par NN. SS. de la souveraine cour du parlement de ce pays de Provence, suivant l’arrest rendu le 20 du présent mois. « Et après, il a été procédé le jour de hier par messire Jean Hodoul, chanoine théologalde l’église cathédralle de la ville de Sisteron, viquaire général et offecial dudit diocesse, offecial de Gap au département de Provence, commissaire délégué au verbal de fulmination de laditte bulle et prestation de serment, collationné et signé par Imbert, secrétaire de laditte offecialité. « Et s’étant, en conséquance, ledit messire de Gombert rendeu en la ville de Sisteron en l’effait de prendre pos-session (v°) de laditte prevosté, il a été visité par MM. les chanoines do l’église collégiale de Notre Dame de Chardavon de la Baume-lès-Sisteron. Lesquels ayant arangué ledit messire de Gombert par messire Pontet, chanoine et doyen dudit chapitre, ledit messire de Gombert leur ayant donné jour et heure auquel il souhetoit d’étre reçeu et mis en possession, lesdits MM. du chapitre se seroint encore rendeus en corps au jour et heure assignée en habit de cœur, à la maison destinée pour l’habitation dudit prévôt pour le prendre et l’acompaigner dans l’église. Lequel messire de Gombert s’étant de suite habillé d'un rochet en petite menche, d'un camail noir et d’une croix que. S. M. a permis ù MM. les dignitaires et chanoines de l’église insigne et noble collegialle de Saint Victor de Marseille de porter suspendue au cou par un ruban couleur do feu, moiré, sans lisseré ni bande, par ses lettres pattentes données à Versailles le mois de mars 1700, enregistrées • 6 avril 1761.

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au parlement de cette province suivant larrest du 20 avril 1760, entérinées et enregistrées à la Cour des comptes, aides et finences, suivant l’arrest du 18 juin 1760, lesdits M.M. (f° 87) du Chapitre, précédés de la sainte croix, au- roint commensé de defiler chacun en leur rang et par ordre, ledit messire de Gombert étant et marchant le dernier. « Dans cette seremonie, arrivés dans laditte église, ledit messire de Gombert étant entré dans la sacristie d’icelle, en compaignie de nous, notaire royal et apostolique du lieu de Volone, et des témoins bas només, où les dits sieurs Chanoines se trouvoint capitulèrement assemblés, leur a exibé la susditte bulle ennexée, le verbal de fulmination et prestation de serment, avec réquisition de le recevoir à la place de prévost et de députes tel que le chapitre avisera pour le metre en pocession. « Desquelles pièces lecture ayant été faitte, et désirant ledit chapitre donner des marques audit messire de Gombert de l’empressement qu’il a de le recevoir pour prévost et de metre le tout a due et entière exécution, ledit Messire Pontet, chanoine sacristain ayant été commis et député à cet effait par délibération capitulaire du jour d’hier, en recevant la commission avec l’honneur et reverence qu’il apartient, a de suite pris le dit Messire de Gombert par la main droitte , en présence de nous, notaire et témoins, l’a mené et (v°) conduit au devant le metre hôtel, où, après avoir fait la génuflexion, ledit Messire de Gombert a entonné le Veni Creator qui a été chanté par ledit chapitre et ensuite il a découvert, baisé et couvert ledit autel, ouvert le tabernacle et après les génuflexions par lui faittes, il a été mené et conduit à la grande porte de laditte église qu’il a ouverte et fermée, pris de l’eau bénitte, sonné la cloche, et ensuite conduit toujours en même compaignie que dessus à la place du seigneur prévôt, à laquelle ledit messire de Gombert s’est assis, et par toutes ces sérémonies, il a été mis en la vraye, réelle,

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actuelle et corporelle pocession de laditte prévôté pour pouvoir eu jouir à l’avenir, plainement et plaisiblement, avec tous les droits, honneurs, prérogatives, prééminence, fruits, rentes et revenus y attachés. Après quoy, il a été chanté le tedeom, et iceluy finy ledit seigneur prévôt étant encore revenu en compaignie dudit messire Pontet, de nous, notaire, et témoins à la grandeporte de ladite église, ou etant, nous, dit notaire, avons leu et publié à haute et intelligible voix l’acte cy dessus, en présence d’un grand concours de peuple pour qu’iceluy n'en prétende cause d’ignorence et qu’il (f° 85) ait a reconnoitre ledit Mre de Gombert, prévôt de la ditte église; et en cette qualité seigneur temporel et spirituel de Chardavon et autres lieux dépendant de laditte prévôté et luy rendre en cette qualité l’honneur, le respect et l'obéissence que l’apartient « Et après laditte publication faitte, étant encor tous rentrés dans laditte sacristie, les dits sieurs Gapitulans y étant encor assemblés, ont receu comme resoivent ledit Mre de Gombert pour prévôt du chapitre et installé à la place dévolue audit seigneur prévost pour jouir de tous les droits attachés à la ditte prévôté. « Après quoy ledit seigneur prévost ayant désiré d’en-tendre la sainte messe, elle a été chantée. De quoy etdetout ce que dessus, il nous a été dômendé acte, que nous luy avons concédé. « Fait et publié à la Baume-les-Sisteron, dans la sus ditte sacristie, en présence de Messire Ambroise Barlet, prieur de Fonds, (v°) résident en cette ville, de Mr Jean Antoine Salva, Dren médesine de la faculté de Monpeilier, résedent aussi en cette ville, de SrHonnoré Bourrelli, receveur à l’entrepôs du tabac de cette ville et Me Joseph Claude Latil, notaire royal et procureur en la chenechossée de la même ville, témoins requis et signés avec le dit sei¬gneur prévôt, tous les MM. du Chapitre et autres.

— Signés à l’original : l’abbé DE GOMBERT, prévôt. — BARLET, prieur. — SALVA. — BORELLY. — PONTET, chanoine et sacristain. — PARET, chanoine. —LATIL, chanoine. —

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Civet, chanoine. —Lieotaud, chanoine. — Quatre de Gombert différents. — BURI/J de Curban. — Curban, si devant capitaine des grenadiers au régiment de Bigorre. — Eclangon, curé. — MEGY, notaire. {Protocol» de Jean Mègy, notaire de Volone, volume de 1760-1789, fo* 82 v®-85 v° —Aux minutes de M J. C. Toppin, notaire à Volone.)

Pour copie conforme, V. LIEUTAUD.

Peu de temps après, le 28 novembre 1700, par suite do la démission de messire Laurens Joseph de Gombert, M" Honoré Ricaudj', prêtre dudioeôse de Sisteron, prend possession de la prévôté do Chardavon à laquelle il a été nommé parle roi. L’abbé H. Ricaudy était vicaire général de Perpignan, chapelain de la Dauphino et chanoine do Sisteron. Il résidait alorsàParis, quaides Augustins, etétait représenté par son frère J. Pierre Elzear MAry. La bulle de Clément XIII qui le nommait prévôt était datée du 31 décembre 1700. Elle chargeait Jean Hodoul, official du diocèse de Gap en la manche de Provence de fulminer cette nomination, enregistrée au parlement d’Aix le 17 novembre. C’est encore le chanoine sacristain et doyen Jean André Pontet qui l’installa cette fois, mais sans discours. Les chanoines présents qui signent sont: Pontet, Paret, LATIL, Lieutaud et Civet—qui signe curé, parce qu'il était devenu curé du faubourg de la Baume desservi par les chanoines Augustins de la prévôté. Le 24 février 1783, M18 Félix Grimaud était installé curé do la paroisse de la Baume en vertu du foi'ma dignum de l’évêque de Gap du 19 janvier 1783, (ibid. 1> 851-853). Y. L.

Bulletin 1899

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QUELQUES HOMMAGES BAS-ALPINS (1385-1647) (Suite et fin)

La formule était identique pour tous les actes d’hommage du registre. Voici les particularités de ceux que renferme notre volume, lesquels nous donnent ainsi le nom des partisans des Angevins de nos Alpes, — opposés aux Durassions, si chaudement soutenus par Barcelonette et les Alpes-Maritimes. Tous les actes suivants sont de 1885.

31 novembre. — Noble Raoul d’Ancelle (1), donzel (?), fait

(1) Cette famille, originaire d’Ancelle en Champsaur (Hautes-Alpes), parait avoir, dès le XIVe siècle, comme la plupart des familles nobles ethniques quitté peu à peu le pays dont elle portait le nom. Ses représentants sont rares en Provence. Bobert de Brianson (III, 170) mentionne une Catherine d'A., dame de Reynier et d’Astoin, peut-être fille de notre Raoul, qui épousa, en 1438, Pierre de Valavoire, seigneur de Vaumeil et Talavoire. Bertrand d’Ancelle, fils de Raoul et probablement père de notre Raoul, prêta hommage à la reine Jeanne pour Astoin et Dromon, en 1349 et 1350. (Arch. B.-d.-Rhône B, 759.) Si son laconisme excessif ne nuisait à sa clarté, on pourrait peut-être tirer quelques renseignements complémentaires de J. Roman : Tableau hist, du dép, des H.-Alpes, 1ère partie, Grenoble, 1887, 4°, p. 74, et de sa 2è partie 1890, si la table était pius complète, en noms de famille. Bertrand d’A. reçut 100 florins, de la ville de Digne en septembre 1436. Romania, 1898, p. 398. Y. aussi Clapiers : Centuriœ Caussarum, 1616, 2e partie, p. 113. Il s’agit des terres données par Jean et Raoul d’A. en emphitéose à Dromon.

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(fo CXX). L'abbé innommé du monastère de Saint-Pons de Nice, pour Saint Biaise, Gordolon et la moitié de Falicon (1) (fo CXXI). Cet hommage était probablement destiné à. prouver au public que tout le Comté de Nice n’était pas Durassien. Peut-être aussi faut-il y voir, comme en tout ce qui concerne les affaires des Angevins et leurs partisans ecclésiastiques à cette époque, un effet de l’influence du pape d’Avignon opposée à celle du pape de Rome, son rival. 27 mars. — N. Jacques Gombert, de Sisteron, pour ce qu'il a en la Val de Dromon, Entrepierres et Baudument (fo CXXII) (2). 28 mars 1386. — N. Guilhem de Mevouillon, mandataire de noble... (prénom en blanc) de Vilanis, dame de Limans, sa femme, pour Limans, C. de Limasio (fo GXXIII). 29 mars, Apt. — Vénérable frère Réforciat d’Agout, cheva¬lier (de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem), précepteur de Puymoisson et d’Aix, pour Vinon, Ginasservis et Puymoisson (fo GXXIV) (3). 31 mars, Apt. — N. Armand de Barras, pour le Castrum de Vilhosc (fo GXXV). 9 mai, Apt. — N. Bertrand de Grasse, pour le Bar et Saint-Paul-de-Ganal (fo GXXVI).

(1) Ce dernier hommage est daté par erreur de 1387, dans l’original. Tout ce qui précède et suit est daté de la véritable année 1386. On sait combien les erreurs de cette nature sont fréquentes, même dans les originaux des actes les plus authentiques. Elles proviennent de la numérotation en chiffres romains, dans laquelle il est si facile d'omettre ou d'ajouter à la fin d’une date une barre de plus ou de moins, et quelquefois de remplacer un V par un X, et vice versâ.

(2) Et non Faucon (B.-Â.), comme l'a imprimé l'Inventaire.

(3) L'abbé Maurel, dans ses Commandeurs de Puimoisson (Bulletin, vin, 20), ne mentionne pas cet acte, mais seulement l’hommage des deux préceptoreries (et non comnanderies) d’Aix et de P., les 26 mars 1385 et 24 juillet 1386. Ces dates mêmes sont-elles bien exactes ?

Bulletin 1901

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(fo CXX). L’abbé innommé du monastère de Saint-Pons de Nice, pour Saint Biaise, Gordolon et la moitié de Falicon (1) (fo CXXI). Cet hommage était probablement destiné à prouver au public que tout le Comté de Nice n’était pas Durassien. Peut-être aussi faut-il y voir, comme en tout ce qui concerne les affaires des Angevins et leurs partisans ecclésiastiques à cette époque, un effet de l’influence du pape d’Avignon opposée à celle du pape de Rome, son rival. 27 mars. — N. Jacques Gombert, de Sisteron, pour ce qu’il a en la Val de Dromon, Entrepierres et Baudument (fo CXXII) (2). 28 mars 1386. — N. Guilhem de Mevouillon, mandataire de noble... (prénom en blanc) de Vilanis, dame de Limans, sa femme, pour Limans, C. de Limasio (fo CXXII1). 29 mars, Apt. — Vénérable frère Réforciat d’Agout, cheva¬lier (de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem), précepteur de Puymoisson et d’Aix, pour Vinon, Ginasservis et Puymoisson (fo CXXIV) (3). 31 mars, Apt. — N. Armand de Barras, pour le Castrum de Vilhosc (fo CXXV). 9 mai, Apt. — N. Bertrand de Grasse, pour le Bar et Saint-Paul-de-Ganal (fo GXXVI).

(1) Ce dernier hommage est daté par erreur de 1387, dans l’original. Tout ce qui précède et suit est daté de la véritable année 1386. On sait combien les erreurs de cette nature sont fréquentes, môme dans les originaux des actes les plus authontiques. Elles proviennent de la numérotation en chiffres romains, dans laquelle il est si facile d'omettre ou d'ajouter à la fin d’une date une barre de plus ou de moins, et quelquefois de remplacer un V par un X, et vice versà.

(2) Et non Faucon (B.-À.), comme l’a imprimé l’Inventaire.

(3) L’abbé Maure!, dans ses Commandeurs de Puimoisson (Bulletin, VIII, 20), ne mentionne pas cet acte, mais seulement l’hommage des deux préceptoreries (et non commanderies) d’Aix et de P., les 26 mars 1385 et 24 juillet 1386. Ces dates mômes sont-elles bien exactes ?

Bulletin 1915

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entreprise, exposer le rétablissement du pouvoir impérial, sa chute après Waterloo et les conséquenses que cette dernière entraîna pour ce pays. La traversée des Basses-Alpes était pour l'empereur d’une importance capitale. Si la surprise devait per¬mettre à la petite troupe débarquée au Golfe-Jouan de s’acheminer sans opposition jusqu’aux confins du Var, les conditions changeaient à partir des Basses- Alpes. La nouvelle du retour de l’empereur devait être connue au chef-lieu avant que Napoléon l’eût atteint, et des mesures efficaces pouvaient être rapidement prises pour l’arrêter ou tout au moins retarder sa marche. Quelques centaines d’hommes résolus pouvaient arriver à ce résultat, grâce à la nature montagneuse du pays, aux gorges étroites que longeaient les sentiers, aux rivières torrentueuses, à l’absence de ponts, à. la présence d’une citadelle commandant le seul passage sur la Durance. Un premier échec ou même la seule nécessité pour l’empereur de s’arrêter ou bien de se détourner de la route directe eût amené dans l’opinion des popula¬tions un flottement, une hésitation grosse de consé¬quences, eût encouragé les éléments hostiles, permis le rassemblement des gardes nationales du Midi, en majorité royalistes. Réduit pour lutter contre elles à la seule troupe amenée de l’île d’Elbe, Napoléon eût succombé. Il était donc intéressant de rechercher quel était l’état d’esprit des populations bas-alpines à la fin de ’Empire, comment elles avaient accueilli la Restaura-

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récit publié, en 1816,. par Fabry, sous le titre : Itinéraire de l'ile d'Elbe à Sainlé Hélène, ou du Mémoire de M. de Gombert, maire de Sisteron en 1815. Fabry, comme il nous a été permis de le constater, est venu se documenter sur place ; il est particulièrement informé en ce qui concerne le séjour à Barrême, mais n’a certainement pas poussé jusqu’à Casteïlane. Il est, d’ailleurs, nettement hostile à l’Empereur. Les Annales des Basses-Alpes ont édité, en avril et en août 1840, une relation du retour de Napoléon, inspirée en partie par Montholon, las Cases et surtout par Fabry, en ce qui concerne le département (1).

Les mêmes Annales des Basses-Alpes ont publié, en. juillet 1843, une notice sur le passage de Napoléon à Sisteron, écrite, en 1838, par M. de Gombert, maire de cette ville en 1815. Ce récit, bien qu’émanant d’un royaliste avéré et écrit plus de vingt ans après l’événement dans le but de réfuter en partie les assertions contenues dans les histoires de Beauchamp, Lubis, Michaud et de Norvins, paraît exact dans l’ensemble (2).

C’est en s’inspirant de ces sources que M. l’abbé Féraud fit paraître dans la Géographie historique et biographique des Basses-Alpes, publiée en 1844 et

(1) Signalons cependant, à côté do reproductions textuelles, quelques modifi-cations, suppressions ou additions, par oxomplo, au sujet du séjour à Malijai

(2) La relation de M. de Gombert a été donnée en 1898 par M. Rodolphe Vagnair, d’après un manuscrit à lui communiqué par le petit-fils de M. Machomin, qui commandait la place de Sisteron eu 1815; elle aurait été écrite « quelques mois après l’événement » ; elle n'est que la reproduction à peu près textuelle de celle que M. de Gombert publia dans les Annales des Bansses- Alpes, en 1843 et qui est datée du 25 août 1838.

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maire, M. de Gassendi-Tartonne, et quelques conseillers sont favorables à la cause royale, les adjoints, Ëstornel et Itard, chefs de bureau à la préfecture, sont partisane de l’empereur. Toutes ces circonstances lui enlèvent tout espoir d'interdire à Napoléon l’accès du chef-lieu ; mais, si toute tentative de résistance sérieuse à Digne doit être écartée, ne lui reste-t-il pas la ressource de prendre nettement parti pour le roi, de se poser en défenseur du trône? Ne put-il lancer une proclamation aux habitants, faire exécuter quelques travaux sur la route de Barrême, faire même barricader l’étroite rue qui, après le pont du Pigeonnier, donne accès à Digne? Faibles défenses qui n’arrêteront que quelques minutes la troupe, mais qui montreront avec évidence aux détracteurs de M. Du val, à ceux qui l’ont accusé auprès du roi, qu’ils se sont trompés, et à ses chefs que ses ennemis n’ont obéi qu’à des rancunes personnelles. Ne peut-il faire appel au concours des gardes nationaux de Riez, Gréoux, Manosque, qu’il sait tout prêts à marcher pour la cause royale, gagner, en attendant, Sisteron, y rallier les défenseurs du roi, faire sauter le pont et, si toute résistance est impossible dans la citadelle, se replier plus loin encore. Oui mais est-il assuré, en adoptant une pareille attitude, de désarmer ses ennemis ? Son adhésion franche et entière à la royauté, en 1814, l’a-t-elle mis à l’abri des dénonciations, l'a-t-elle empêché d’être suspecté ? Est-il. certain d’effacer ainsi son long passé révolutionnaire, qui pèse actuellement si cruellement sur sa carrière, qui lui a valu la haine des ultras (1)?

(I) M. de Gombert, maire de Sisteron, malgré ses sentiments royalistes, sera accusé, plus tard, d'avoir favorisé la marche de l'empereur par des ennemls personnels décidés à saisir toutes les occasions pour se débarrasser de lui, et Julien, lieutenant de gendarmerie, bien qu’il se fût nettement prononcé contre Napoléon, fut longtemps suspect, malgré les attestations lés plus élogieuses du préfet, M. de Villeneuve.

Bulletin 1922

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de M.. Bignon, sous-préfet de Sisteron ne paraissent pas non plus très arrêtées.;- On l’accusera plus tard d’avoir favorisé le passage dé l’Empereur, puis, d’avoir, pendant les Cent jours, dressé une liste des personnes suspectes dans cette ville et de l’avoir communiquée à l’autorité, militaire ; mais cette accusation n’a jamais , été prouvée. D’autre part, en juillet il abandonnera Sisteron, où s’est réfugié le préfet impérial avec son état-major, poür venir se mettre aux ordres du préfet royaliste. Seulement cette démarche lui sera inspirée, non par d’impérieuses raisons politiques, mais par la certitude qu’il a acquise que l’Empire est bien mort, qü’il doit songer avant tout à prendre des précautions contre les attaques acharnées dont il est l'objet de la part du parti ultra que dirigent le procureur de Barlet et le garde général Briançon. Déjà, sous l’empire Barlet et Briançon furieux de le voir étroitement lié avec M. de Gombert leur ennemi personnel, ont fait courir le bruit qu’il s’était laissé acheter par des conscrits désireux d’échapper au service militaire. Ces accusations de déconsidèrent dans l'arrondissement, le rendent impuissant. Quant au nouveau sous-préfet de Gastellane Itard, nul ne peut contester son attachement à la cause impériale, mais il n’a qu’une personnalité assez effacée ; sa carrière administrative, honorable sans doute, ne l’a jamais mis en pleine lumière. Ancien inspecteur de la grande armée, Galvet, sous-préfet de Forcalquier, a été appelé à ce poste depuis moins de deux ans, par l’administration impériale. Heureux sans doute d’avoir été épargné par la.Restauration, il a manifesté, lors du retour de l'île d’Elbe, par d’énergiques mesures prises pour seconder l’action de l’armée royale du midi, l’ardeur de son dévouement à Louis XVIII. Cette conduite doit le rendre suspect aux bonapartistes de son arrondissement. Est-ce le désir de montrer par des actes qu’il a obéi en cette circonstance uniquement à ce qu’il croyait être son devoir, mais qu’il

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grosses lettres ces mots :« Vive le roi Louis XVIII » Le maire, sur l’invitation du sous-préfet, a dû pour empêcher ces manifestations royalistes, faire prendre les armes à la garde nationale et établir plusieurs postes dans la ville. Elles ont d’ailleurs une conséquence curieuse ; elles finissent par troubler complètement l’esprit du maire de Mane, commune voisine de Forcalquier. Cet homme "faible et crédule" au retour des voyages qu’il fait au chef-lieu de l’arrondissement " trompé par toute espèce ​nouvelles et imbu d’idées différentes, fait placer et déplacer successivement à la mairie de Mane le drapeau blanc et le drapeau tricolore ", au \grand ahurissement de ses administrés, intrigués par ces manœuvres, à la grande joie certainement du capitaine en retraite Pourpre que l'on accuse d’exercer une influence funeste sur l’esprit du maire. A la fin, Besson, fatigué sans doute de manier sans cesse ces drapeaux, a pris le parti de les remiser définitivement dans un placard et s’obstine, malgré les avertissement répétés du sous-préfet, à laisser le. clocher et la mairie dépourvus de pavillons tricolores. Il faudra le déposer pour mettre fin à cet état de choses (1).

Quelque inquiétante que soit la situation dans la partie occidentale du département, elle ne présente poùrtànt pas le même caractère d’acuité qu’à Sisteron « où la tranquillité publique et même la sûreté individuelle sont compromises. » Non seulement bonapartistes et royalistes s’observent, s’épient, se dénoncent, mais encore les passions politiques sont envenimées par les inimitiés, par la persistante rivalité entre le clan des Gombert et celui des Barlet. Le long séjour de l’armée royale du midi a eu pour résultat d’exaspérer les passions ; le voisinage des Hautes-Alpes y contribue encore. Un certain nombre de royalistes de ce dernier département, craignant des

(1) Archives nationales F. 7, 8980. — Archives Basses-Alpes M, 6, 8 ; K. 14 bis, 11​

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L’entretien du maire de Sisteron, M. de Gombert, avec Napoléon, le 5 mars, a été rédigé par lui le 25 août 1838 et publié en 1843 également. M. le comte de Vitrolles a eu la bonté de me communiquer, il y a dix ans, le récit justificatif du secrétaire général des Basses-Alpes Barbier écrit du 1er avril au 13 novembre 1816 qu’il conserve dans ses archives.

L’entretien du secrétaire général des Hautes-Alpes, M. Farnaud, avec Napoléon, à Gap, le 6 mars, rédigé dans ses mémoires en 1841, a été publié en 1903.

L’audience de la Cour de Grenoble, le 8 mars, a été notée par l’avocat général Bérenger sur le moment même et publiée en 1866, puis en 1898 10.

A ces témoignages directs s’ajoutent ceux du maire d’Upaix,

 De Gombert. Napoléon à Sisteron (Annales des Basses-Alpes, t. VI, juillet 1843, pp. 107-120). Digne, typographie de Repos, éditeur.

Jean-Joseph-Laurent de Gombert est né le 15 février 1706 à Sisteron.

Ce récit de M. de Gombert a, depuis lors, été transmis par M. Machemin, vice-président du tribunal de Nice à M. Rodolphe Vagnair qui, en 1898, l’a publié sous le titre suivant :

Un épisode du retour de l’ile d’Elbe. Napoléon 1er à Sisteron, 5 mars 1815. — Récit de M. de Gombert, maire de Sisteron (La curiosité historique et militaire, n° 65. mai 1898 et 66, juin 1898).

1 Mon compte n’est pas un conte ou notice sur l’arrivée et le passage à Digne des débarqués de l’Ile d’Elbe (Arch. du château de Vitrolles. Cahier de 30 feuillets, les 6 derniers blancs, communiqué le 26 septembre 1932. • (Paul Lemaitre).

Le passage de Napoléon 1er à Gap en 1815 : extrait des manuscrits de M. Farnaud (Bulletin de la Société d’Etudes des Hautes-Alpes, 22ème année, 3ème série, n° 6;

2ème trimestre 1903, pp. 97-125; n° 7,

3ème trimestre, pp. 263-289; n° 8,

4ème trimestre, pp. 329-315). 10 Episode | du | retour de file d’Elbe | Récit | de la visite faite par la Cour de Grenoble | à Napoléon lrr le 8 mars 1815 | par M. Bérenger | Avocat général ' Extrait du Bulletin de l’Académie delpbinalc I Séance du 15 décembre 1865 Grenoble | Imprimerie de Prudhomine. rue l.afayette, 14 ! 1866; in-8* de 1 p. nch. (Titre de couverture) 4- 1 p. bl. 4- 1 p. nch. (Titre) 4- 1 p. bl. 4 1 p. nch. (litre courant) 4" 0-21 4- 3 pp. bl. — Cour d’appel de Grenoble | [Tiret] | Audience solennelle de rentrée | du 17 octobre 1898 | [Tiret] 1 La cour de Grenoble et Napoléon r Tiret [ Discours ! prononcé par | M. Biscuit I Avocat général I [Tiret] | Grenoble | Imprimerie et lithographie Allier frères | 2«». cours Saint-And ré, 26 | [Tiret] | 1898 | 1 p. nch. (Faux-t«tre) 4- 1 p. bl. 4* 1 p- nch. (Titre) 4- 1 p. bl. 4* 1 p. nch. (Titre courant) 4- 6-36, in-8* broché de papier gris avec le titre répété sur la couverture (Arch. des Hautes-Alpes, Z. Guillemin 6.392, n* 41).

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arrière de Digne, à sept heures de marche, un autre point de résistance, à Sisteron, situé au-delà d’un pont d'une seule arche sur la Durance et dominé par une fortification pourvue de quelques pièces d’artillerie abandonnées depuis longtemps sur le sol des plates-formes et sans affûts...

Cette ressource peut-on l’envisager ? Le général Loverdo n’hésite pas à déclarer qu’il est impossible d’y songer un seul instant. « Lors même qu’on aurait assez de temps et des moyens pour faire sauter le pont, l'on resterait exposé à voir la troupe ou démolir des maisons en tête du pont pour former à l’instant un rideau, ou se diriger en dessus ou en dessous de Sisteron pour y faire la même opération avec d'autres bois ou pour faire usage des bacs nombreux qui s'y trouvent placés. »

Ce dernier parti est donc abandonné.

Les notables conjurent le général de ne commettre aucune hostilité contre l’empereur à Digne afin d’épargner au département les derniers désastres. En conséquence, le Préfet dit au Maire de Digne de n’opposer aucune résistance et de fournir tout ce qu’on demandera.

CLXXXVIII.

Digne, 4 mars 1815, à 5 heures du matin Lettre du préfet des Basses-Alpes à M. Bignon, sous-préfet de Sisteron.

De Gombert. Napoléon à Sisteron (Annales des Basses-Alpes, t. VI, juillet 1843, p. 110). — Cauvin, t. I, pp. 100, 134. — Dor de la Souchère, t. I, p. 81, n° 174.

Digne le 4 mars 1815 à cinq heures du matin,

" Monsieur le Sous Préfet, J’ai l’honneur de vous informer que la nouvelle du débarquement de Sa Majesté l’empereur Napoléon se confirme, qu'il a débarqué à Cannes le 1er mars, qu’il a couché à Séranon le 2, et le 3 à Barréme et qu’il arrive anujourd'hui au milieu du jour à Digne se faisant précéder d’un ordre de cinq mille rations de vivres. Comme nous n’avons aucun moyen de résistance, il suffira de metre les caisses publiques en sûreté. Nous verrons le parti ultérieur que nous aurons à prendre. J’ai l’honneur de vous saluer. Duval "

CLXXXIX.

Digne, 4 mars 1815, a 5 heures du malin

Lettre du préfet des Basses-Alpes à M. Harmand, préfet des Hautes-Alpes. Arch. du Ministère de la guerre. Archives histo-

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riques, 1ére restauration.

Correspondance du 1er au v 9 mars 1815. Carton C 14 18. Dans la lettre suivante du même jour, écrite par le préfet des Hautes-Alpes à celui de l’Isère. Copie due à M. le Capitaine Jean Cardot, 5, rue Lagarde, Paris, du 24 mars 1936.

Digne, le 4 mars 1815

" Je m’empresse de vous donner avis que je reçois à l’instant la confirmation de la nouvelle que m’a adressé le préfet du Var du débarquement de l’Empereur Napoléon à Cannes le 1er de ce mois vers le soir. Il est arrivé le 2 à Seranon l, le 3 à midi à Castelane et le lendemain à 8 heures du matin à Barrême. Il va arriver probablement à Digne ce matin: il est précédé par un ordre de fournir 5.000 rations de pain, viande et vin. Ne pouvant offrir de résistance dans une circonstance aussi imprévue, nous ne pouvons que nous occuper de mettre les caisses publiques en sûreté et, hors du passage, les forces militaires dont nous pouvons disposer. "

CXC.

Digne, 4 mars 1815, à 5 heures du matin

Lettre du général de Loverdo 1 commandant le département des Basses-Alpes, à M. Machemin \ commandant la place de Sisteron.

De Gombert. Napoléon à Sisteron (Annales des Basses-Alpes, t. VI, juillet 1843, pp. 108-109). — Gauvin, t. I, pp. 100, 133. Digne, le 4 mars 1815 à 5 heures du matin

" Monsieur le commandant, Dès la réception de ma lettre vous ferez sur le champ évacuer sur Manosque toutes les munitions de la citadelle de Sisteron de peur qu’elles ne tombent au pouvoir d’un détachement débarqué à Cannes. Je laisse sous votre responsabilité personnelle la prompte exécution de cet ordre qui ne peut souffrir le moindre délai. J'ai l’honneur de vous saluer. Le comte de Loverdo."

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trouver en face de cet homme qui avait fait trembler l’Europe. Aussi, je le considérai attentivement et sa physionomie est demeurée empreinte dans mon âme.... »

CCXIX.

Malijai, 4 mars 1815, 4 heures du soir

Le général de Loverdo qui occupe Malijai avec 132 hommes du 87ème de ligne, s'en retire à l'approche de Cambronne. Au lieu de se porter à Sisteron pour en barrer le pont, ce qui aurait arrêté la marche de Napoléon en attendant les troupes du général Miollis, il bat en retraite sur Oraison. Ibidem, pp. 128-129.

CCXX

Grenoble, 4 mars 1815 dans la soirée

Le préfet de l'Isère fait part au lieutenant-général Marchand, commandant la 7ème division militaire de la lettre du préfet du Var qufil vient de recevoir annonçant le débarquement de Buonaparte à Cannes le 1er de ce mois à la tète de douze à quinze cents hommes et faisant connaitre qu’on assure qu’il avait le projet de se rendre à Paris en passant par Digne, Grenoble et Lyon. Exposé de la conduite du général Marchand dans les événements des 5, 6 et 7 mars 1815 Arthur Chuquet. Lettres de 1815, p. 155.

CCXXI.

Sisteron, 4 mars 1815, à 5 heures du soir

Convocation du Conseil municipal par le maire \ Dor de la Souchère, t. I, p. 81, n4 174.

1 Jean-Joseph-Laurent de Gombert, né le 15 février 1760, à Sisteron, émigré en 1793, nommé maire de Sisteron en 1807 (Dor de la Souchère, t. 2, p. 213, ir 450).

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CCXXII.

Sisteron, 4 mars 1815, publié après six heures du soir à son de trompe Proclamation de M. de Gombert, maire de Sisteron, annonçant l'espèrance que les autorités de la ville conservent encore dans l'intervention heureuse du général de Loverdo et d’un secours étranger : dans ce cas, à la première alerte la générale sera battue pour grouper tous les défenseurs de la patrie et du roi.

De Gombert. - Napoléon à Sisteron (Annales des Basses-Alpes, t. VI, juillet 1843, pp. 115-116). — Cauvin, t. I, pp. 138-139.

" Citoyens, celui qui naguère mit la France à deux doigts de sa perte arrive, nous annonce-t-on, à grandes journées passant par cette ville. Il vient sans nul doute désoler notre belle patrie parce qu’il emmène avec lui la guerre et avec elle tous les fléaux. Que tous les citoyens fidèles au trône légitime se lèvent, se procurent des armes, que les plus empressés se hâtent de venir auprès de leurs magistrats se concerter avec eux. y retremper leur dévouement au roi. Quoique nous paraissions tout-à-fait abandonnés à nous-mêmes dans cette conjoncture difficile, ne nous laissons point abattre. Il peut encore nous arriver quelque chance heureuse. Ce ne peut être sans but que le maréchal-de-camp commandant pour le roi notre département a appelé â lui la nuit dernière notre brave brigade de gendarmerie ainsi qu’un fort approvisionnement de cartouches. Il a sous ses ordres un bataillon du 87' régiment de ligne, plusieurs autres brigades de gendarmerie et la garde nationale du chef-lieu. Livrons-nous à l’espoir qu’avec de tels moyens il réussira tout au moins à ralentir la marche de l'usurpateur et que des secours étrangers pourront nous arriver à temps pour payer, nous aussi, notre écot de dévouement â la patrie et au roi. Citoyens, c’est dans ce cas qu’il nous faudra tous être prêts à les seconder, ces secours, de tous nos efforts. C’est alors que par les soins de vos magistrats à la première alerte, la générale sera battue. Celui qui prend ainsi l’engagement de vous donner le signal compte sur vous. Vive le roi ! Le maire de la ville de Gombert,

CCXXIII. Gap, 4 mars 1815, à sepl heures 3/4 du soir Lettre de M. Normand, préfet des Hautes-Alpes, à M. Fourier, préfet de l'Isère.

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CCLIII.

Sisteron, 5 mars 1815, à midi

Entrée de Napoléon à Sisteron où il descend à l'hôtel du Bras d’Or tenu par Arène. Entretien auec le maire et avec le sous-préfet. Ibidem, p. 144. — Dor de la Souchère, t. I, p. 83, n* 177. — Rodolphe Vagnair. Un épisode du retour de l’Ile d’Elbe. Napoléon 1er à Sisteron, 5 mars 1815.

Récit de M. de Gombert, maire de Sisteron (La curiosité historique et militaire, n° 65, mai 1898 et 66, juin 1898). — Cauvin, t. I, pp. 150-151.

-- Vous êtes bien étonné, n'est-ce pas Monsieur le Maire, de me voir ici ? 

Mais, Sire, on le serait à moins.

Pourquoi cela, monsieur le maire, pourquoi cela, ne suis-je pas le père des Français ? Vous le voyez j’arrive avec confiance, je n’ai pas beaucoup de monde. > « Vous me parlez de mon abdication. Je ne l’ai faite que dans les vrais intérêts des Français. Il fallait, l’année dernière, faire cesser l'effusion du sang. Aujourd'hui, le trône des Bourbons est entouré de la féodalité. Il laisse dans des transes éternelles les acquéreurs des biens nationaux. Il faut que je profite de ces avantages.

Mais, Sire, votre abdication n’en est pas moins pour nous un fait accompli et, puis, il fallait, dites-vous, faire cesser l'effusion du sang. Votre Majesté ne craint-elle pas de le faire verser plus abondamment encore cette année ?

Pas du tout, Monsieur le Maire, soyez tranquille, il n’en sera pas versé une seule goutte ni brûlé une amorce. Deux régiments m’attendent à Gap, tout autant à Grenoble et j’ai de bonnes nouvelles fraîches de Paris. Enfin, si l'armée est à moi comme je m’en flatte, j’ai la certitude de remonter sur mon trône. Je n'ai pas passé par Marseille parce que les Marseillais ne sont pas mes amis. »

Après quelques propos concernant M. de Gombert, comme ce dernier lui déclare franchement avoir fait la veille une proclamation qui lui était hostile. Napoléon riposte :

- « Bah ! ce n’est rien, je sais que les Français sont des écrivassiers I »

Puis il le questionne sur le nombre des officiers à demi-solde et les émigrés de Sisteron. Mais le général Bertrand a ouvert brusquement la porte et jeté sur M. de Gombert un regard de suspicion.

Bonaparte le congédie donc :

« Allez, Monsieur le Maire, maintenez toujours le bon ordre dans votre commune. »

M. de Gombert s’incline :

« Quelle que soit. Sire, l'issue des événements qui se préparent et tout ce qu'a eu pour moi de pénible l'aveu de ma conduite, je n’en conserverai pas moins le plus mémorable souvenir de l’honneur que Sa Majesté a bien voulu me faire en m'écoutant avec bonté.

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La population se pressait devant les proclamations apportées par l’escorte et affichées sur l’ordre de l’Empereur.

CCLIV.

Sisteron, 5 mars 1815, à 1 heure après midi La colonne part pour Gap. Dor de la Souchère, t. I, p. 84, n° 180.

CCLV.

Sisteron, 5 mars 1815 Portrait de Saint-Denis, dit Ali, mameluk de l'empereur, par M. de Gombert. Rodolphe Vagnair. Ibidem, 1898. — Cauvin, t. 1, pp. 152-153).

« C’était un homme jeune encore, au teint basané, à la moustache longue et tombante. Il était coiffé d’un turban écarlate, de forme haute et qu'on pourrait comparer à un schako sans visière. Il avait une veste et une culotte turque de couleur rouge. Ses jambes étaient enfoncées dans de longues bottes à l’écuyère. Il portait à la ceinture, du côté droit, deux pistolets et du côté gauche un long poignard, un sabre bancal pendait du même côté. Enfin, il avait mis en bandoulière une carabine tromblon dont la gueule évasée s'apercevait au-dessus de son épaule gauche. Ce singulier cavalier avait ses bras croisés sur le pommeau de sa selle et paraissait très fatigué. Tout à coup une sonnerie de trompette se fait entendre sous le vestibule de l'hôtel. Il se redresse aussitôt et vient se placer derrière son maître qui apparait au même instant dans la rue. »

1 II  s'agit, d’après e rlapport de Oignon, de la proclamation que l'empereur luidit avoir été imprimée à Digne, quoiqu'elle indique qu'elle l'a été au golfe Juan.  (Cauvin, t. I, p. 152). * Louis-Etienne Saint-Denis, né à Versailles le 22 sept. 1788, piqueur aux écuries de l’Empereur en 1806, devient, en décembre 1811, second mameluk de l'Empereur et prend le nom d'Ali, rejoint, en 1814, l'Empereur à l’ile d'Elbe, le 1er mameluk Roustan ayant refusé. Le 1er mars 1815, débarque au golfe Juan et fait son service jusqu'à Waterloo. Suit l’Empereur à Sainle- Hélène.

+ Sens, 6 mars 1856. Napoléon lui laisse 185.000 fr. et 400 volumes choisis dans sa bibliothèque (Dor de la Souchère, t. 1, p. 34, n° 100). » Hôtel du Bras d'Or au centre de la ville tenu par Paul Arène, gendre de Laurent Hubert Bertrand (p. 145).

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M. de Gombert, maire de Sisteron, le destituant au nom et par ordre de S. A. R. le duc d’Angoulême et nommant M. de Laplane maire provisoire.

Collection Huard (Dor de la Souchère, t. 2, p. 213, n° 453).

Sisteron, le 27 mars 1815

" Nous avons l’honneur de vous prévenir, Monsieur, que, d’après les ordres de S. A. R. Mgr le Duc d’Angoulême, vous cessez vos fonctions de maire de la ville de Sisteron et que M. Edouard Laplane est nommé provisoirement maire de la ville de Sisteron en votre remplacement. Le maréchal de camp Cte de Loverdo "

DXXXI.

Gap, 27 mars 1815 Arrivée, à Ventrée de la nuit, d'une estafette expédiée directement de Paris. le 23 mars, qui remet au directeur des postes un paquet timbré du ministère de l'intérieur avec le décret du 22 mars et la dépêche ministérielle du 23. Mémoires de M. Farnaud.

DXXXII.

Gènes, 27 mars 1815, à 11 heures du soir Lettre du marquis d'Osmond, ambassadeur de France, au préfet des Hautes Alpes. Arch. de la terre de Mantever. Ibidem, .2 fî. papier copie jointe à la lettre de M. Harmand du 2 avril.

Gènes, 27 mars 1815 à 11 heures du soir. A Monsieur Harmand, préfet des Hautes-Alpes à Gap. Monsieur le Préfet

" Nous avons de Vienne des détails qui me paraissent assez importants pour vous les transmettre par un courrier que je me hâte d’expédier. J’ai l’honneur d’étre avec une haute considération &a ". L'ambassadeur de France près la Cour de Sardaigne Le Marquis d’Osmond

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NAPOLÉON DE L'ILE D’ELBE A LA CITADELLE DE SISTERON

Le « vol triomphal de l’Aigle, de clocher en clocher » prit difficilement son essor. L'accueil réservé par la Provence à l’Usurpateur fut, on le sait, plutôt frais. Un épisode moins connu est que, dès la cinquième journée, l’équipée aurait pu fort mal tourner si le maire de Sisteron avait été en mesure de réaliser son projet d’interdire à la petite troupe le passage de la Durance, soit en coupant le pont, soit en le faisant battre par les feux de la citadelle. Ce maire, Jean Joseph Laurent de Gombert, est l’aïeul de l’auteur du présent volume ; il a laissé, des événements de mars 1815, une relation que celui-ci a prise pour base de son travail, en la complétant par une quantité d’autres matériaux. Ainsi est née cette étude attachante. Etait-il bien nécessaire toutefois, de revenir sur les faits connus de la « grande histoire » : la vie du souverain à l’île d’Elbe, la décision de répondre aux soi-disant vœux du peuple français (Napoléon reconnaîtra plus tard qu’il était mal renseigné et que ses informateurs l’avaient trompé), les circons-

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tances du débarquement ? De même apparaissent éloignées du sujet les pages de planches relatives a Waterloo, à moins que l’auteur n’ait voulu souligner — sans l’écrire — que l’aventure ne pouvait avoir un dénoûment différent. Ce qui fait, au contraire, l’intérêt de ce volume ( ), c’est totite sa partie c petite histoire » : ce qui s’est passé à Digne, chef-lieu du départe¬ment, et à Sisteron, quels ont été les principaux acteurs, leurs attitudes, les raisons de celle-ci, les réactions de la population... Le fait est que les Sisteronnais, d’opinion royaliste en majorité, n’ont pas suivi leur maire, auquel au surplus les autorités tant civiles que militaires n’ont pas apporté le moindre concours. La surprise, la stupeur, expliquent sans doute, en partie, une telle passivité; celle-ci étonne pourtant de la part d’une com¬munauté qui, en 1788 — et nous abordons ici la deuxième partie de l’ou¬vrage, consacrée, sans souci de l’ordre chronologique pur, à la Révolution à Sisteron — se joignit au mouvement déclenché par l’assemblée de Vizille, et qui au cours des années suivantes, manifesta une vive opposition à l’instauration du nouveau régime. Vingt ans de révolutions puis de régime autoritaire avaient, ces pages en apportent une nouvelle preuve, singuliè¬rement émoussé les réflexes : en 1814, Napoléon constatera que le peuple ne trouvait plus en lui-méme le ressort de s’opposer à l’invasion; on s’était trop habitué à ce que les impulsions viennent de Paris et du souverain; la centralisation absolue qui avait remplacé les particularismes de naguère portait déjà ses fruits. L’on s’inquiète enfin, en 1968, d’en limiter les fâcheux effets. Ainsi, en mars 1815, l’attentisme l’emporta...

Pierre de Gombert met en vedette, c’est légitime, l'initiative tentée par son aïeul ; peut-être eût-elle changé le cours de l'histoire? Toutefois, si l’on y regarde de près, l’argument invoqué par des chefs qui cherchaient à tout prix des raisons de ne rien faire, et suivant lequel Napoléon pouvait, a défaut de Sisteron, utiliser d’autres points de passage, en particulier des bacs, n’est pas sans valeur. Moins d’un millier d’hommes accompagnaient l’Empereur; cette faible troupe venait de triompher d’obstacles naturels dont la « route Napoléon » actuelle ne donne plus aucune idée mais que l’auteur rappelle avec bonheur; il est très vraisemblable qu’en dépit du courant violent — la Durance coulait « à toute volée » — elle fût venue à bout de cette nouvelle difficulté. Sans doute aurait-elle perdu un peu de temps ; mais comme, en face, personne ne voulait sérieusement s’opposser à sa marche, ce retard n’aurait peut-être pas été catastrophique.

Remarquons toutefois avec l’auteur qu’une chute de neige un peu abondante, qui n’était pas impossible à la date choisie par l’Empereur, aurait mis un terme définitif â son équipée : la nature est souvent plus forte que les hommes.

Mais quittons le domaine des hypothèses. Le lecteur intéressé par la vie d’une modeste cité de province à la veille de la Révolution trouvera ici un tableau détaillé, fort agréablement présenté, de la vie sociale à Sisteron, des activités commerçantes, de la culture de la vigne, aujourd’hui disparue. Il est complété par la reproduction d’un nombre impressionnant de gravures anciennes représentant divers aspects du Sisteron d’autrefois. Ainsi, en dépit des quelques réserves que nous nous sommes permises au début de ce compte-rendu, faut-il féliciter Pierre de Gombert d’avoir su ressusciter les heures fiévreuses qu’a connues jadis sji ville natale.

Pierre de Gombert : Napoléon (de l'île d'Elbe à la citadelle de Sisteron, suivi de Ia Révolution à Sisteron, Ed. du S.O.CL.K., Aix-en-Provence. En vente chez l’auteur, Domaine de Ste-Euphémie - 04 Sisteron (C.C.P. Marseille 621-11) ou chez les libraires : 30 F. (port en sus, 3,40 F.).

Napoléon et Gombert - La Revue Bleue 1924

Doute sur les origines de Gombert

Source : BnF - Archives de Sisteron

Secret d'Histoire

Le trésor de Napoléon.

Lors de sa marche sur Paris, et, ne pouvant passer par Marseille (le blocus par les anglais de la cote (1804 - 1814), avait fait des ravages dans le commerce et l'industrie locale (*)),

Napoléon décida de la contourner. Il comptait avec lui un millier d'hommes (parmi lesquels des cavaliers polonais qui portaient leurs scelles en attendant de trouver des chevaux à acquérir sur la route), ainsi qu'un trésor de guerre, composé de plusieurs caisses d'or portées par des mules.

Lors de sa marche, entre Barème et Digne un évènement  malencontreux survint.....

(*) Les royalistes provençaux avaient donné le sobriquet de "castagné" à Napoléon 1er, par allusion aux chataigneraies de Corse

" Napoléon, quand il revint de l'île d'Elbe en 1815, ne voulut jamais passer par Marseille ni remonter la vallée du Rhône. C'eût été pourtant la route la plus courte et la plus commode. Il préféra s'engager dans la région des Alpes et s'exposer à y être enveloppé par les troupes royales.

On raconte que le maire de Sisteron, de Gombert, lui demanda le motif de cette décision. « Si je n'ai pas passé par Marseille, lui répondit l'Empereur, c'est que les Marseillais ne sont pas mes amis!»

Rien de plus vrai. Ni les Provençaux en général, ni les Marseillais en particulier n'éprouvaient d'affection pour le redoutable général, qui, depuis longues années, les traitait avec rudesse et entravait leur prospérité matérielle. Ils avaient eu trop à souffrir du régime impérial, et ne lui pardonnaient pas la stagnation des affaires, la ruine pour beaucoup d'entre eux et pour tous les sévérités implacables de l'administration."

Source : Archive.org

Chemin escarpé entre Barème et Digne

Source : archive.org

Source : archive.org

Source : archive.org

Source : archive.org

Sainte Euphémie

Château habité par le Baron Joseph Marie de Gombert, décédé le 18 juin 1898 ; toujours habité en 1927.

Source : BnF

Source : Google

Source : BnF

Doléance de Gombert - 13 mai 1875

Assemblée Nationale, 14ème Commission.

Source : BnF - A noter la mauvaise orthographe, le rang de Marquis

Secret d'Histoire

Commémoration du Centenaire de la mort de Voltaire. Mai 1878

La commémoration du premier centenaire de la mort de Voltaire fut accaparée par les militants républicains dans le cadre de leur lutte pour affermir la IIIe République.

Deux comités organisèrent parallèlement les manifestations à Paris. L’un, plutôt modéré, était présidé par Victor Hugo.

L’autre, politiquement plus engagé, regroupait la quasi-totalité des conseillers municipaux radicaux de Paris, avec le soutien financier de l’industriel du chocolat Emile-Justin Menier.

En réaction, les milieux traditionalistes, catholiques et monarchistes, emmenés par Mgr Dupanloup, évêque d’Orléans, essayèrent de promouvoir un «contre-centenaire (*)»

(*) Le Marquis de Gombert de Sainte Euphémie, y participa financièrement

A noter que le nom de Gombert est orthographié différemment...

Source : BnF - Chronique dans " l'Univers " 1878