Gombert.story

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Maison du Luminaire

Le Moyen Age voit l'apparition de Confréries constituées par une élite d'individus dévots.

Toutes les Confréries n'ont pas le même but.

Certaines diffusent la Dévotion au Christ ou à Marie, d'autres, les plus anciennes, sont attachées à des Métiers.

Ces dernières, aux exigences spirituelles moins dures, jouent cependant un rôle bien particulier dans la vie de la commune.

Leurs tâches sont plus festives (célébration du saint Patron du Métier) ou funéraire (participation aux cortèges funèbres des membres, prières pour les Maîtres défunts).

Apparaissent aussi des Confréries de Gestion.

Elles administrent une œuvre d'assistance, la chapelle du saint Patron de la Paroisse, ou entretiennent le Luminaire d'une église (Maintien des feux et cierges auprès du Saint Sacrement.....).

La Confrérie des Pénitents regroupe des individus plus soucieux de notabilité que de piété particulière.

Cependant l'adhésion à la Confrérie engage à mener une vie chrétienne exemplaire.

Ils disposent d'une chapelle.

On compte au XVIIème siècle, plus de 60% de Paroisses en Provence, ayant une Confrérie (1).

En 1663, un procès impliqua le curé de Château Gombert et ses paroissiens, au motif de l'acceptation d'un leg du sieur Antoine Blanc fait à la Confrérie du Luminaire. Il durera plusieurs dizaines d’années….(2).

La Maison du Luminaire de saint Mathieu, abandonnée au début du XIXème siècle, se situe 14 Place des Héros.

(1) Source : Bnf. - Cultures, sensibilités et société dans la France d'ancien régime.

(2) Source : Bibliothèque Méjanes - Dictionnaire des Bouches du Rhône T2 - Alfred Saurel 1878.

La chapelle Sainte Anne

A l’emplacement de cette chapelle se trouvait une maison qu’un certain Antoine Blanc légua par testament du 23 août 1633 à la Luminaire de Saint Matthieu, en même temps qu’une terre et un moulin à huile situés au quartier des Couestes.

La luminaire de Saint Matthieu était une confrérie établie dans l’église de Château Gombert.

Elle avait en charge l’entretien du maître autel et d’une lampe à huile qui brûlait perpétuellement devant le buste du saint.

On ne sais pas grand chose d’autre de ses activités, mais ses richesses foncières étaient assez importantes pour que les curés soient entrés en conflit avec les responsables au cours du XVIIIème, à propos de la gestion de ses biens.

La maison et la terre des Couestes furent mises en vente lors de la Révolution comme biens nationaux.

La terre trouva acquéreur, c’est l’actuelle « Coueste Saint Matthieu » au chemin des Xaviers.

La maison n’ayant pas trouvé preneur, elle devint en quelque sorte Maison Commune pour le canton de Château Gombert : le rez-de-chaussée servit de corps de garde et de cachot, et le premier étage de bureau au juge de paix chargé aussi de la police et de l’état civil.

En 1801 Château Gombert perdit sont titre de chef-lieu de canton ; la maison dut sans doute rester quelques temps à l’abandon, mais en 1807 elle retrouva son statut de bien cultuel affecté à la fabrique qui la mit provisoirement en location à une institutrice.

Suite à la mission prêchée en 1820 par St Eugène de Mazenod et les missionnaires de Provence, la maison fut transformée en chapelle pour la congrégation des filles qui venait d’être fondée.

Dans les années qui suivirent divers embellissement furent exécutes : pose du maître-autel actuel, plancher et lambris pour lutter contre l’humidité, porte en noyer sur la rue.

En 1842-1843 le décor de pilastres avec chapiteaux ioniques et le couronnement de l’autel avec fronton triangulaire vinrent compléter ces aménagements.

Le clocher qui surmonte la façade date de 1851 ; la cloche de 68 kg, fondue par Baudouin et baptisée Mater Dolorosa y fut placée la même année.

En 1852 la sacristie fut ajoutée à l’arrière de l’édifice sur un terrain donné par Henri Blanc.

Le 13 juillet 1834 la célébration de consécration de l’église commença dans la chapelle par la messe que St Eugène de Mazenod célébra à cinq heures du matin devant les reliques des saints Clément, Donat et Fortuné qui furent ensuite placés dans le tombeau de l’autel de l’église au cours de la consécration.

Le 15 juin 1856 la congrégation des filles, devenue trop nombreuse, prenait possession de sa nouvelle chapelle, située en face du presbytère.

L’ancienne chapelle fut alors mise à la disposition de la congrégation des femmes de Ste Anne. Cette congrégation, fondée en 1844 pour accueillir les membres de la congrégation des filles qui s’étaient mariées se réunissait jusque là dans la chapelle de l’église consacrée à sa sainte patronne (maintenant chapelle de la croix).

C’est sans doute à partir de cette date que la chapelle prit le vocable de Ste Anne et que la statue de la sainte, œuvre de Galard, et le tableau de Marie enfant entourée de ses parents, achetés en 1844, y prirent place.

La confrérie des femmes de Ste Anne était encore active quelques temps avant la dernière guerre ; en particulier ses membres avaient une action caritative dans le quartier, auprès des malades et de leurs familles.

Par la suite la chapelle a été un temps mise à la disposition de l’Entraide qui y organisait des goûters pour les personnes âgées, avant de redevenir dans les années soixante, un lieu de culte épisodique. L’intérieur a été rénové par les soins de la ville de Marseille lorsque le Père Calvier était curé. Il est heureux qu’elle soit maintenant mise en valeur et retrouve définitivement sa vocation de lieu de prière.

Informations tirées essentiellement de la Notice de l’abbé Camoin.

Façade entrée avant remplacement de la porte et création des jours