Gombert-story

Gombert-story

SOURCE : BIBLIOTHÈQUE NUMÉRIQUE AIX - ENQUÊTE PUBLIQUE - 1832

Création du canal 1

Source : BnF

Création du canal 2

Source : BnF

Création du canal 3

Source : BnF

TOUS EN GRÈVE !......

25 février 1848. Louis Philippe est déchu. La Révolution est dans Paris. Le mouvement peut faire tache d’huile. Marseille l’apprend rapidement. Les Aristocrates et les commerçants sont sur le qui vive. Pour l’instant, le canal qui doit amener l’eau de la Durance au centre de Marseille, en passant par le contournement Nord du Terroir, est en cours de finition.

Les travaux ne vont pas bon train. Un antagonisme patent est en cours.

D’un coté, les volontaires qui voulaient se battre en Italie, et qui ont été stoppés dans leur course par le changement de Régime. Ces volontaires, livrés à eux-mêmes, ont pu être engagés comme main d’œuvre pour réaliser les travaux de terrassements, nivellements et creusement du canal. Ils sont appelés sous le nom de ‘’Parisiens’’.

D’un autre coté, les ouvriers du Terroir et alentours, qui ont cru que ce vent de Révolution apporterait tous les biens faits. Pourtant, le grand danger venait des ouvriers des ateliers nationaux, dont la création, à Marseille, avait rencontré beaucoup de difficultés et devait amener d’irréparables malheurs. Les seuls travaux que l’on pût confier au peuple, après le décret du Gouvernement provisoire, ne pouvaient s’effectuer que sur le parcours du canal.

La colère gronde. Les ‘’Parisiens’’ travaillent 10 heures par jour pour avoir un salaire, quand les ‘’Locaux’’ doivent en travailler 11, pour le même salaire.

Les travaux s’en trouvent ralentis sur certains tronçons. Le début du nivellement avait pourtant bien débuté sur le tronçon de Château Gombert en 1840. En 1847, le percement du tunnel de 139 mètres du Cavaou, n’avait pu se faire qu’après de grandes difficultés.

La République de Marseille est déclarée en juin 1848. Le tronçon est terminé cette année là. L’eau arrive enfin à Château Gombert le 1er août 1848 (*) L’ensemble de la portion du canal située entre St Jérôme et Château Gombert est inauguré officiellement par le Conseil Municipal, le 10 novembre 1849.

(Les 9 prises d’eau secondaires sur le tronçon ont été mises en service en décembre 1848)

(*) Les dimensions du canal, et son débit (au départ, de 1,50 m/s), diminuent proportionnellement à la quantité d'eau absorbée par les irrigations. C'est ainsi que la branche-mère, qui arrive à l'entrée du territoire avec un débit de 10 mètres cubes, n'en porte plus que 9 aux Aygalades, 7 à Château-Gombert, 5,50 à Allauch, 2,50 à la Valentine, 1,50 à St-Loup, et enfin 0,50 à Montredon, près de la mer.

Chomage du canal - Été 1889

La chaleur et la proximité du choléra, rendent tous les marseillais préoccupés.

Le faible débit de la Durance qui alimente le canal, ne suffit plus à faire tourner les machines qui sont sur son trajet.

Les fontaines et ruisseaux de la ville ne coulent presque plus ; certains sont à sec.

Le peu de débit force les autorités à mettre au chômage les personnels d'entretien du canal.

Les petites entreprises s'arrêtent, faute de maintenance amont.

La crise est là, même sur le tronçon de Château Gombert qui débute après la section des Aygalades. Tout le monde s'en émeut, même les cantonniers arroseurs......

Source : Bnf. La Vedette 1889.

Le chomage du canal août 1890

Source : BnF

Rupture du canal septembre 1890

Source : BnF

La déviation de Four de Buze vers Longchamp

La déviation du canal est située près des propriétés de la famille Rollandin (Possèdants biens des villages de Plan de Cuques et de Château Gombert)

Cette dérivation permettait aussi d'alimenter deux dérivations de moindre importance attribuées à deux syndicats d'expoitants agricoles des terres comprises entre saint Mître et saint Jérôme.

Déviation du canal à Four de Buze (Quartier de saint Mître)

DÉRIVATION DU CANAL ENTRE SAINT MITRE & CHÂTEAU GOMBERT.

AU SORTIR DU MOULIN DE LA MINOTERIE DU COLLET REDON.

Source : BnF

Origine (controversée) du nom

Voir "Documents d'étude" dans "Bibliographie"

SECRET D'HISTOIRE

Le saviez-vous ?

Le canal qui traverse Château Gombert, en venant de Saint Mître (Four de Buze) vers Allauch, alimente en partie la colline de Notre Dame de la Garde !

Dans son tracé, il alimente la dérivation de saint Barnabé vers le bassin, pour traverser le centre ville, jusqu'au bassin situé rue Lacédémone, face à la Poste.

Source : Google - Promenade sur les bords du Canal de Marseille - E de Saintferréol - 1854

 

Tracé vert depuis saint Barnabé vers le bassin (orange), puis vers N-D de la Garde (bleu)

Bassin rue Lacédémone

Bassin Charles Kaddouz saint Barnabé

SOURCE : BnF

CHANSON DU CANAL DE MARSEILLE

LE CANAL DE MARSEILLE

Victor GÉLU

Air : " Oui, j'en conviens, Gillette est bien jolie. "

" Décidément tu gagnes la partie :

Tes envieux sont réduits à quia ;

Fils de l’aride et vieille Massilie

Tu peux chanter enfin l’alleluia.

Le ciel a beau vouloir y mettre obstacle ;

Sur tes rocs nus, sur ton sable natal

Les oasis vont fleurir par miracle :

On t’a permis de creuser un canal.

Mais aujourd’hui que tout cadeau s’escompte,

Il faut payer des bienfaits aussi grands.

Tes magistrats ont déjà fait leur compte ;

Il est nourri : dix millions de francs !...

De tes Riquet pour stimuler le zèle,

Cent mille écus enfleront le total.

Courage, allons ! vide ton escarcelle :

On t’a permis de creuser un canal.

Dieux ! quels gros choux ! quels navets ! quelles raves

Dans ton terroir, immense potager !

Combien les fruits mûriront plus suaves

Au riche Eden qui sera ton verger !

Mais ces trésors le luxe s’en empare ;

On les ravit à ton humble régal ;

Plus abondant, le fruit devient plus rare :

On t’a permis de creuser un canal.

Depuis vingt ans si ton heureuse ville

Pour ses travaux a faute d’ouvriers, 

On y mettra bon ordre, sois tranquille :

L’on va créer usines par milliers....

Le paupérisme a gangrené la terre,

Sans t’imprimer son stigmate fatal ;

Plus tard , hélas ! fuiras-tu cet ulcère !

On t’a permis de creuser un canal.

L’édit du prince a commué ta peine :

Dorénavant de faim tu dois pâtir ;

Jadis la soif te mettait, hors d’haleine ;

Tu souffriras toujours, pauvre martyr !

Car chaque goutte en ton verre épanchée ,

Payant la dîme au fisc municipal,

Te coûtera de pain une bouchée :

On t’a permis de creuser un canal.

Mais, diras-tu, ce tribut qu’on prélève,

Combien de temps ai-je à le supporter ?

Puisqu’à mes frais le monument s’élève,

Me sera-t-il donné d’en profiter ?

Oh ! sur ce point que ton cœur se rassure :

Si le destin te préserve de mal,

En dix-neuf cent tu boiras de l’eau pure :

On t’a permis de creuser un canal."

Novembre 1838

Source : Google - Chansons Provençales - Victor Gélu - 1856