Gombert.story

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Le Pèlerinage à Rome

L'une des particularités du territoire marseillais, était de voir cheminer en direction de ses limites Est, les pèlerins qui se rendaient (ou revenaient) en pèlerinage à Rome.

Il y avait trois pélerinages importants en ces temps : Rome, saint Jacques de Compostelle et Jérusalem.

Dès le Moyen Âge, les marcheurs empruntaient un seul et unique itinéraire fiable pour sortir de la ville. 

Les accés d'entrée et sortie s'effectuaient en suivant au plus près le lit des cours d'eau (rivières, fleuve...).

(1) Ils partaient de leurs habitations, rejoignaient le quartier de la Magdeleine (Cinq Avenues), puis longeaient le Jarret

(2) En passant devant les Chartreux, saint Just, La Rose, la Croix Rouge

(3) Une variante les faisait emprunter le chemin du Cavaou dominant Plan de Cuques, (Voir article in fine)

(4) Une deuxième variante les faisait aussi cheminer vers Allauch, directement depuis la Croix Rouge. Itinéraire plus aléatoire car situé en plaine. (Voir article in fine)

(5) La Bourdonnière, terme de la première étape. (Voir article in fine)

Nota. Le terme de Bourdonnière n'est pas anodin. Outre la fonction géographique du lieu qui était un véritable verrou d'accès d'un vallon très escarpé, on y trouvait les bâtiments ayant servi à la perception des droits de table de la mer, les droits de douanes, ainsi que l'accueil des pèlerins (15ème & 16ème siècle).

A la Bourdonnière, avant de prendre repos, les pèlerins quittaient leurs bâtons de marche : le bourdon.

Nota. Etymologiquement, le bourdon était une gourde fixée sur le haut d'un bâton, pour désaltérer le marcheur.

Selon les risques encourus, la gourde était remplacée par une lame d’acier dissimulée par un fourreau rigide.

Poursuivant sa course, le pèlerin partait pour Trets, saint Maximin, Draguignan.......Rome.

Communiquer avec la Ville.

Il n'y avait que trois façons de communiquer avec le territoire de la cité Phocéenne :

- Le chemin par le ruisseau des Aygalades (au Nord),

- Le cours du Jarret par Plan de Cuques/Allauch (au Nord Est),

- Le fleuve Huveaune (à l’Est, trop délicat, car souvent ennoyé par des marais, et peu sûr pour un marcheur isolé par la présence de brigands).

Nota. L’origine étymologique de la plaine des Paluds au sud d’Aubagne en est avérée.

Le Jarret

En fait il s’agit du nom « commun » regroupant plusieurs jarrets descendant des collines de la Chaîne de l’Étoile, Plan de Cuques….

Tel qu’il coulait d’origine, il descendait selon un axe Nord-Est / Sud-ouest, contournait par le Sud la colline du Jardin Zoologique, puis plongeait dans le Port au Plan Fourmiguier.

Deux inconvénients majeurs ont contraint les notables de la Ville (certains écrits mentionnent aussi une intervention des moines de saint Victor) à changer radicalement le tracé du Jarret.

Le premier est, qu’avant de s’écouler dans les eaux de la Méditerranée, il se calmait temporairement dans une zone propice à la culture du chanvre (canèbe).

Le deuxième, est l’envasement progressif du Port par les sédiments charriés.

La Reine Jeanne promulga régulièrement des édits ordonnant le curage du port pour en enlever les graviers et sédiments charriés. On le détourna donc vers l’Huveaune, à l’Est de Marseille.

Source : Google - Statistiques des BduRh - T4 - Comte de Villeneuve - 1829

Source : BnF - Mémoire de l'académie - 1929 - Route d'Allauch vers Rome

Promesse de pélerinage rédigée devant notaire aux XIV et XV siècles

Source : BnF

Source : BnF

Source : arch muni. Vieux Port - la Madeleine

Source : arch muni. Saint Just - Croix Rouge

Source : arch muni. Variante Ch du Cavaou

Source : arch munic MRS. Marseille - Plan de Cuques

Source : arch munic MRS. Plan de Cuques - Peypin

Source : arch munic MRS. Peypin - St Maximin

Source : Google - Statistiques des B du Rh 1817

En suivant le Jarret...

Source : BnF

Source : BnF

Routes de chrétienté

" À partir de la première année sainte en 1300, l’indulgence plénière rameute toutes les populations. Les villes italiennes se voient confrontées à une masse de gens venus à cause des indulgences recherchées pour l’expiation de leurs propres péchés.

Les jubilés qui s’enchaînent de cinquante puis de vingt-cinq en vingt-cinq années ne cessent de transformer l’Italie et surtout Rome en une gigantesque auberge.

Les problèmes de ravitaillement, de santé et de sécurité sont importants et les responsables commencent à prendre des mesures et à prévoir des cartes, des itinéraires, et des lieux de résidence.

Les routes sont balisées. La référence n’a pas été la voie militaire romaine, mais la route chrétienne reliant les abbayes, les chapelles et tous les lieux de piété du monde occidental.

NB. Au Moyen Age, quand elles commencèrent à accueillir les pèlerinages, les routes romaines manquaient d’entretien, les pavés étaient enfouis ou arrachés, les ponts écroulés.

Les fleuves devinrent des obstacles dangereux et infranchissables pour des gens qui, dans la plupart des cas, ne savaient pas nager. Ils imposaient de longs détours pour trouver les gués. C’est pourquoi, par exemple, passer par Pavie, où se trouvait un pont de barques, était presque inévitable.

Aujourd’hui, on s’efforce de comprendre la raison de certains passages, pourquoi on n’allait presque jamais tout droit. Il suffit de rappeler que l’Italie et l’Europe étaient beaucoup plus boisées qu’aujourd’hui, et comportaient de larges zones marécageuses. Sur les montagnes, il y avait la forêt, et dans les vallées, les marais,...

Les voyageurs, et donc les pèlerins, suivaient plus souvent les lignes de crête, (*) pour redescendre ensuite rapidement dans les villages de la vallée. Le pèlerin se préoccupait de la sécurité de la route, des possibilités de s’arrêter, de manger et dormir, éventuellement de changer de monture. Il suffisait que soit créé un gîte d’étape (**) pour rendre un parcours préférable à un autre, il suffisait d’un signal plus clair, d’un col un peu plus sûr."

Source : F. & G. Lanzi - Les pèlerinages romains - Bayard Editions Centurion, 1999

(*) Route du Cavaou, au sortir de la Croix rouge

(**) La Bourdonnière

Blason et bourdon

La famille De Bellissen porte dans ses armes le bourdon, ainsi que la coquille saint Jacques.

" D'azur à trois bourdons d'argent en pal, au chef de gueules, chargé de trois coquilles d'argent "

A noter que la coquille, emblème des pèlerins sur les chemins de saint Jacques de Compostelle (*), était portée à l'origine du pèlerinage, par les pèlerins qui en revenaient ; portant avec fierté le coquillage recueilli sur les rivages de l'Atlantique.

(*) Les pélerins (1) qui revenaient de Jérusalem, le faisaient avec une palme.

(1) Appelés " palmière " ou " ramié "

Source : Frédéric Mistral