Gombert.story

Gombert.story

Il existait au XIXème siècle un personnage unique dans Château Gombert.

Il avait fait de la récolte de "selles" humaines son " métier " ; en fait, il n'y avait pas vraiment de mot pour en désigner un.

Marseille ne s'est dotée de réseaux de tout-à-l'égout que tard.

Durant des siècles, il suffisait de jetter par les fenêtres ses déjections personnelles dans la rue ; et ce, de jour, comme de nuit ! " Quelqu'un " ramasserait....

En prenant, non pas garde qu'un quidam se présente au dessous, mais le soin de prévenir impérativement qu'une action de "chasse" allait être imminente....

En patois, on criait alors " Passa rés " (1)......suivi immédiatement de la vidange (ou des) de(s) seau(x) (2)...., et tant pis pour le quidam qui ne connaissait pas le patois....

Cridoun passo rès ! anen daise : " on avertit de ne pas passer , n'avançons pas "

Gitta lou pôt : vider par la fenêtre, le pot de chambre dans la rue

Gitta lou passa-res : jeter, vider le pot par la fenêtre

Source : BnF - Dictionnaire Provençal J-T Avril

Ce brave homme de Château Gombert avait compris tout l'intérêt à récupérer la "chose", pour en tirer profit !

Son histoire est assez cocasse (lire en suivant)

(1) Parfois crié " Passo rés "

(2) Les seaux ont été remplacés par des "tinettes", sorte de vases de chambre émaillés, couverts d'un couvercle que l'on déposait devant la porte de chaque maison, en attendant le passage de la benne ou du tonneau. Cette opération avait encore cours dans la fin des années 1950, notamment dans la partie haute du boulevard Vauban, jusqu'à l'impasse du "Bourdon". On attendait le passage du "torpilleur"...., précédé de son odeur, suivant les périodes de l'année.

Remplissage du " Torpilleur " avec seau et tinette

Source : BnF - La Provence Artistique 1883

Passo-rès ?

" Ne passe t'il personne ? "

" Avertissement que l'on crie lorsqu'on veut jetter quelque chose dans la rue : potée d'ordures, pot de chambre versé par les fenêtres "

Source : Lou Trésor dou Félibrige - Frédéric Mistral

Matières fécales et épidémies

Le choléra s'est montré à cinq reprises différentes à Marseille de 1834 à 1865.

En 1834, il fit 3.441 victimes,

en 1837, 1.526,

en 1849, 2.211,

en 1854, 4.479,

et enfin en 1865, 2.037.

En tout 13.694 victimes