Gombert-story

Gombert-story

Il existait au XIXème siècle un personnage unique dans Château Gombert.

Il avait fait de la récolte de "selles" humaines son " métier " ; en fait, il n'y avait pas vraiment de mot pour en désigner un.

Marseille ne s'est dotée de réseaux de tout-à-l'égout que tard.

Durant des siècles, il suffisait de jetter par les fenêtres ses déjections personnelles dans la rue ; et ce, de jour, comme de nuit ! " Quelqu'un " ramasserait....

En prenant, non pas garde qu'un quidam se présente au dessous, mais le soin de prévenir impérativement qu'une action de "chasse" allait être imminente....

En patois, on criait alors " Passa rés " (1)......suivi immédiatement de la vidange (ou des) de(s) seau(x) (2)...., et tant pis pour le quidam qui ne connaissait pas le patois....

Cridoun passo rès ! anen daise : " on avertit de ne pas passer , n'avançons pas "

Gitta lou pôt : vider par la fenêtre, le pot de chambre dans la rue

Gitta lou passa-res : jeter, vider le pot par la fenêtre

Source : BnF - Dictionnaire Provençal J-T Avril

Régala. Pot de chambre. Terme utilisé aussi par les Marseillaises

Ce brave homme de Château Gombert avait compris tout l'intérêt à récupérer la "chose", pour en tirer profit !

Son histoire est assez cocasse (lire en suivant)

(1) Parfois crié " Passo rés "

Nota. La Barriquo. L’affreuse tonne municipale des vidanges quotidiennes. Elle a succédé sans trop de mieux aux antiques Passares.

Victor Gélu - 1855

(2) Les seaux ont été remplacés par des "tinettes", sorte de vases de chambre émaillés, couverts d'un couvercle que l'on déposait devant la porte de chaque maison, en attendant le passage de la benne ou du tonneau. Cette opération avait encore cours dans la fin des années 1950, notamment dans la partie haute du boulevard Vauban, jusqu'à l'impasse du "Bourdon". On attendait le passage du "torpilleur"...., précédé de son odeur, suivant les périodes de l'année.

PASSO RES ? Ne passe-t'il personne ? Gare l'eau ! On en a fait un mot. Il signifie un pot de chambre versé. M'an gittat un passo-res sur l'habit ! On m'a versé dessus l'habit un pot de chambre plein d'ordures !

Source : Google - Dic. Provençal / Français - Achard - 1785

Remplissage du " Torpilleur " avec seau et tinette

Source : BnF - La Provence Artistique 1883

FUMIER A MOINDRE COÛT !

PAILLADO. Jonchée de paille, ciste (*), verdage, etc., qu’on fait dans la rue pour en faire des fumiers. Si le torpilleur ne pouvait se déplacer....., il suffisait de recouvrir..... de bien mélanger.....en attendant d'en user !

Source : Google - Dic. Provençal / Français - Garcin - 1823

(*) Chaque famille en possèdait, soit dans son jardin, soit dans ses cultures, soit pris au bord des chemins....

Passo-rès ?

" Ne passe t'il personne ? "

" Avertissement que l'on crie lorsqu'on veut jetter quelque chose dans la rue : potée d'ordures, pot de chambre versé par les fenêtres "

Source : Lou Trésor dou Félibrige - Frédéric Mistral

Matières fécales et épidémies

Le choléra s'est montré à cinq reprises différentes à Marseille de 1834 à 1865.

En 1834, il fit 3.441 victimes,

en 1837, 1.526,

en 1849, 2.211,

en 1854, 4.479,

et enfin en 1865, 2.037.

En tout 13.694 victimes

ENTRÉE DU VILLAGE AVANT LE TOUT-A-L'ÉGOUT. EN ROUGE, LES "EAUX SALES"....Au centre l'eau perdue de la fontaine du Bar Bistagne

LA BARRIQUO

" L’affreuse tonne municipale des vidanges quotidiennes. Elle a succédé sans trop de mieux aux antiques Passares.

Deux ou trois fois par jour elle affecte d’une manière abominable les nerfs optiques et olfactifs des habitants de Marseille.

La plupart d’entr’eux sont persuadés que si l’administration le voulait bien sérieusement, il lui serait possible de supprimer à tout jamais ces odieuses barriques et de les remplacer d’une manière convenable en fort peu de temps."

(Extrait de DOGO) Source : Google : Les Chansons Provençales - Victor GÉLU - 1856

Fai ti gaffetou d’un ussié ;

Mette-ti din la controbando ;

Trisso dé pebre eis epicié ;

(Sian plu doou ten dei Jan d’Olando.)

Din la barriquo, anûn, bouen orne Jo,

Vai retoumba lei jarroun é lei po !...

Bouleguo-ti ; cerqiio d’entriguo,

Tout en benissen lou san noun,

Lou noun dé Dieou qué ti castiguo !...

0 Pater noster dei couioun

CURAÏRE DE PATI

Curreur de fausse d'aisance. Pati : fosse d'aisance, latrine...

Le paton des vidangeurs était saint Jules. Fêté le 12 avril (*)

Source: Archive.org - Les saints patrons des corporations - Louis du Broc de Segange - T1 - 1887 (*)

PÉTOURIÉ. RÉCAMPO-PÈTO

Vidangeur, crotteur. Celui qui se tient sur les grandes routes pour ramasser les crottins des chevaux et des mulets.

BOURDILHAIRE

MARCHAND DE BOURDILHO. Paysan qui vient acheter la balayure de nos maisons pour fertiliser les campagnes. Du celt, budr, sale.

BOURDILHO, Balayures, ordures, ce que l'on ramasse de poussière & d'immondices en balayant une maison, une cour, &c.

Bourdilhier. Caisse où l'on met les balayures.

Source : Dic. Provençal / Français - Achard - 1785

A noter que les définitions qui en sont données, sont récentes (XXème siècle), et laissent parfois.... perplexe..... L'" insulte " ne figure dans aucun dictionnaire !

SECRET D'HISTOIRE

CENDRIER / CENDRYER. Homme de néant qui ramasse les cendres dans les carrefours d'une ville & qui en fait commerce ; celui qui fait les cendre dans les forêts.

Source : Google - Dic. Français - F Lacombe - 1766