Gombert.story

Gombert.story

Frédéric Mistral - Souvenirs

Dans son conte des Rois, Mistral donne ses impressions en face de la crèche, dans l'église de Maillane :

« Nous autres, écrit-il, nous nous faufilions entre les jupes des femmes jusqu'à la chapelle de la Nativité ; et là sur l'autel, nous voyions la Belle Etoile.

Nous voyions les trois Rois Mages emmantelés de rouge, de jaune et de bleu, qui saluaient l'Enfant Jésus ; le roi Gaspard avec sa boîte d'or, le Roi Melchior avec son encensoir et le Roi Balthazar avec son vase de myrrhe.

Nous admirions les jolis pages qui portaient la queue de leurs manteaux traînants ; puis les chameaux bossus qui levaient la tête audessus de l'âne et du bœuf ; la sainte Vierge et saint Joseph, avec tout alentour, sur une montagne de papier peinturluré, les bergers, les bergères, qui portaient des fouaces, des paniers d'œufs et des langes ; le meunier ployant sous un sac de farine ; la fileuse qui filait ; le ravi (l'émerveillé) qui regardait bouche-bée; l'aiguiseur qui aiguisait, l'hôte qui, réveillé, ouvrait sa fenêtre ; de tous les santons qui figurent dans les crèches, celui que nous regardions le plus, était le roi Maure."

Source : Cooper-Hewitt Muséum Library - Le Costume en Provence - J-Charle-Roux - 1909

 

Crêche...., sans crêche

Définition :

Décor figuré représentant non pas la Nativité, mais la Visitation.....

Source : Crêche du Musée Borely Marseille (clic sur image)

Les rois mages

Premièrement, quel était le nom des Mages ?

" On les nomme communément Gaspard, Melchior et Balthasar ; ces appellations sont-elles certaines, c'est-à-dire ont-elles leur justification dans les témoignages de l'antiquité? Oui, répond l'auteur des Petits Bollandistes, M. Paul Guérin. « C'est une chose que l'on a toujours crue ». Non, réplique Dom Calmet ; « ces noms sont nouveaux » ; toute l'antiquité les ignorait ; c'est au douzième siècle seulement quon les voit apparaître. Ils sont aussi fantaisistes que ceux de Ator, Sapor et Paratoras, imaginés aussi dans cette époque. On lit même, dans d'autres auteurs aussi dénués d'autorité, que les Mages s'appelaient Malgalat, Galgalat, Sarracin. ou encore Appellius, Damarus, Damascus. « Tout autant d'appellations, dit le docte bénédictin, que des esprits inventifs « ont forgées à plaisir », et qui ne méritent aucune créance ». On peut, nous semble-t-il, penser différemment ; et, sans tenir pour absolument authentiques les noms de Gaspard, Melchior et Balthasar, revendiquer pourtant en leur faveur une autorité qui n'est pas méprisable, et qui, de plus, contrairement à l'affirmation de D. Calmet, est antérieure de beaucoup au douzième siècle : c'est celle du vénérable Bède, mort en 735, dont tout le monde connaît la grande érudition : « Le premier des Mages, dit-il, s'appelait Melchior (1) ; le second, Gaspard (2) ; le troisième, Balthasar (3) »

Communément, le premier offre un vase et une couronne d'or (1) ; le second, une espèce de patère qui est supposée contenir la myrrhe (2) ; et le troisième, un vase du même genre sur lequel est l'encens (3) façonné en colombes, et qu'il présente sur un pan de son manteau."

A noter la description de Frédéric Mistral dans l'article précédent :

" le roi Gaspard (2) avec sa boîte d'or (1), le Roi Melchior (1) avec son encensoir (3) et le Roi Balthazar (3) avec son vase de myrrhe (2)"

( Simple remarque qui n'enlève en rien la grandeur du Félibre....)

Mais, qui étaient-ils, et d'où venaient-ils ?

" Pour saint Hilaire, pour Tertullien, pour Origène, pour saint Justin, pour saint Ignace d'Antioche, disciple immédiat des Apôtres, « les Mages qui allèrent adorer le Sauveur étaient de vrais magiciens, qui exerçaient les arts curieux et diaboliques de la divination, de l'astrologie judiciaire et des enchantements »

Ils venaient de l'Orient ; cela est incontestable : saint Mathieu le dit expressément : Magi venerunt ab Oriente."

Mais, l'"Orient"...., ça commence où ?

En ces époques reculées, il fallait bien donner des bornes à toutes choses. Autant Louis Feuillée avait donné plus tardivement, comme "borne occidentale" de toute civilisation connue, le méridien passant par l'île de Fer dans l'océan Atlantique (Îles Canaries), autant une limite "orientale" s'avèrait nécessaire. On choisit donc une ligne verticale (méridienne) passant par la Judée. A "gauche" (l'Ouest), ce serait l'Occident...., à droite (l'Est), l'Orient.

Ils ne venaient donc pas d'Indes, de Chine, ou d'ailleurs, mais de régions voisines.

" Le pays des Juifs, dit Tacite, est " borné à l'Orient par l'Arabie "

L'Arabie (*) était bien, et à la rigueur du terme, ce que l'on doit entendre par l'Orient de la Judée, puisqu'elle était le seul pays qui la touchât et qui lui servît de limite à l'orient.

NB. D. Calmet, écartant l'Arabie heureuse (*), lui substituait l'Arabie désert.

Cependant, la lecture des textes ne nous empêche donc pas de croire que c'est bien de l'Arabie heureuse que partirent les Mages pour aller adorer le Sauveur."

(*) Arabie heureuse ou Yèmen. (NB. Yèmen signifie en arabe « la droite »

Source : Bibliothèque Saint Libère - Revue du Monde Catholique 148 - Chanoine Beaurredon

 

Tirer les Rois

" Usages païens, antérieurs au christianisme, et qui caractérisaient certaines fêtes célébrées en l'honneur de Janus et de Saturne dans la quainzaine qui précédait le premier jour de l'an. On solennisait dans ces fêtes la soi-disant égalité primitive de l'âge d'or. En conséquence, dès le seizième jour des kalendes de janvier, toutes les distinctions sociales disparaissaient. Les esclaves se coiffaient du bonnet d'affranchi et se faisaient servir à table par leurs maîtres. Ils parcouraient les rues en chantant et en se livrant à toute sorte de désordre. Des festins magnifiques, accompagnés d'orgies, se célébraient dans chaque maison ; et les enfants eux-meimes participaient, mais très innocemment, à la folie commune, en tirant au sort au moyen d'une fève pour savoir qui serait roi ; et ce roi s'appelait pour cela Roi de la fève.

Devenu chrétien, le peuple conserva cet usage en l'épurant. Peu à peu les orgies et les désordres disparurent, et l'on ne conserva de cette fête des rois d'un jour que le nom et les réjouissances innocentes. Pour le chrétien, d'ailleurs, la Nativité du Sauveur étant le vrai principe du nouvel âge d'or de l'humanité et de son royal affranchissement, — eu libertate qua liberavit nos Christus, — c'est avec la Noël d'abord que l'on fit coïncider cette fête des Rois, puis, plus tard, avec l'Epiphanie seule quand celle-ci fut, au IVème siècle, célébrée séparément de la Noël, et transférée au 6 janvier.

Sans être absolument certaine, cette explication du titre de fête des Rois donné à l'Epiphanie, peut être acceptée en même temps que celle que nous avons déduite du titre royal des Mages et qu'elle ne contredit pas. Les deux idées ont pu se souder l'une avec l'autre et aboutir au même résultat. Au reste, nous le répétons, l'Eglise, dans ses livres liturgiques, ne connaît point cette qualification : c'est le peuple seul qui la conserve, et l'on ignore à quelle époque il a commencé de l'employer, ou en l'honneur de l'âge d'or, ou en l'honneur du novus ordo de Jésus-Christ, et des Rois-Mages qui l'adorèrent. "

Source : Bibliothèque Saint Libère - Revue du Monde Catholique 148 - Chanoine Beaurredon

Petite bête à Bon Dieu - Catarineto la Nimausenco

Poème de MOQUIN-TANDON.

NOUVÈ

Refrin,

E d'ounte ven toun èr tan vieu,

Catarineta !

Catarineta !

E d'ounte ven toun èr tan vieu,

Catarineta dau boun Dieu?

NOËL

Refrain

Et d'où vient donc ton air si gai,

Catherinette !

Catherinette !

Et d'où vient donc ton air si gai,

Catherinette du bon Dieu ?

Moun cor jouis, aco's bèn vrai ;

L'enfant Jésus l'a rendu gai.

A Betelèn l'ai vist, pecaire!

Es tout lou pourtrèt de sa maire.

Mon cœur jouit, c'est bien vrai ;

L'enfant Jésus l'a rendu gai.

A Bethléem, je l'ai vu, le pauvret !

C'est tout le portrait de sa mère

Una palha fasiè ponet

En passant sus soun pichot det ;

Douçamenet ie soui mountada,

Loungtems me ie soui permenada,

Une paille faisait un petit pont.

En passant sur son petit doigt,

Doucement j'y suis montée,

Longtemps je m'y suis promenée.

Ai vouiajat dessus soun bras,

Ai vist de près soun poulit nas,

Ai respirat soun aleneta ;

I avié de la sus sa bouqueta.

J'ai voyagé dessus son bras,

J'ai vu de près son joli nez,

J'ai respiré sa douce haleine ;

Du lait restait sur sa bouchette.

Moussu lou biou era jalous :

Aurié vougut, lou malurous !

Estre pichot, estre a ma plaça :

La grandou souvent embarrassa.

Monsieur le bœuf était jaloux :

Il eût voulu, le malheureux ,

Être petit, être à ma place !

La grandeur souvent embarrasse

L'ase me prenié, l'insoulent !

Per certen animau pudent,

E de travès me regardava ;

Emai déjà me menaçava.

L'âne me prenait, l'insolent !

Pour certain animal puant,

Et de travers me regardait ;

Déjà même il me menaçait

La santa Vierja s'avançèt

Chout soun fichut me rescoundèt

" T'aime bèucop, Catarineta,

Te fau présent d'una raubeta ;

La sainte Vierge s'avança

Et sous son fichu me cacha

" Je t'aime beaucoup, Catherinette,

Je te fais présent d'une petite robe ;

« Raubeta coulou de coural

Eque lusis coume un miral ;

De sét poumetas es ournada,

léu, touta soula, l'ai broudada !

« Petite robe couleur de corail

Et qui brille comme un miroir ;

De sept pommettes elle est ornée,

C'est moi seule qui l'ai brodée !

" Tant que la pourtaras sus tus,

N'auras pas crenta de degus.

N'oublides pas jamai, ma filha,

L'enfant Jésus, fil de Maria. "

« Tant que tu la porteras sur toi,

Tu n'auras crainte de personne.

N'oublie jamais, ma fille,

L'enfant Jésus, fils de Marie. »

Pioi me metèt dessus sa man,

Lève las alas, prene van...

Buffet sus ieu, e soui rintrada

Dins moun oustau, tout encantada!

Puis elle me mit sur sa main,

J'ouvre les ailes, je prends l'élan,

Elle souffla sur moi, et je suis rentrée

Dans ma maison, tout enchantée.

Source : Archive.org - Les précurseurs des Félibres - 1800/1855 - Frédéric Donnadieu

Les origines

Ouvrage permettant de mieux situer les évènements de l'époque.

Source : http://www.liberius.net/

 

Source : Bibliothèque saint Libère

Secret d'Histoire

Famille des Baux (de Provence) et Roi Mage

" La maison de Balbs que la plupart des anciens Historiens estiment être la même que Baux par corruption du langage Balbs , & que les anciens actes des Pugets & des Glandeves nomment Balbs & Baux , & dont l’extinction en mâles est la même, portoient une comete ou étoile à douze rayons d’argent sur gueules ; cette étoile avoit donné lieu à la tradition fabuleuse de cette maison dans la Genealogie qu’en a fait Joseph de la Pise , confirmée par Nicolas Pavillon son Commentateur , suivie par Nostradamus et par Ruffi Historien de Marseille, que cette famille étoit descenduë de Baltasar l’un des trois Rois des Indes , qui vinrent adorer Jesus-Christ naissant dans Bethléem, conduits par cette étoile que les Balbs ou Baux ont toujours portée pour armes.

Source : Google : Histoire de la Principale Noblesse de Provence - 1729 - De Maynier

 

Exemple de blason d'alliance des familles de Grimaldi et de Baux