Gombert.story

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Fêtes civiles

Jour de l'An

Il est spécialement consacré aux visites et aux souhaits de bonne année, comme dans toute la France. L'usage de le célébrer existait chez les Romains, qui s'envoyaient de petits Estrenos.

A Marseille, la période des étrennes commençait la veille de Noël et se continuait jusqu'au jour de l'an.

Les femmes pétrissaient des gâteaux appelés Poumpos, dont elles se faisaient des cadeaux réciproques. De nos jours, à l’envoi des bonbons et des jouets, que l’on donne à Marseille comme partout, les gens des classes inférieures ajoutent celui de la Poumpo, qui est d'origine grecque 

Dans les communes environnantes, les parents et alliés seuls se font visite au jour de l'an ; les personnes étrangères se souhaitent la bonne année dans la rue, lorsqu’elles se rencontrent.

Naissances

Origine de l'"Envie"

" Les femmes du peuple, dans leur grossesse, sont persuadées que, si elles ont eu envie de manger un mets quelconque, sans oser pourtant y toucher par une fausse honte, l’enfant ne manquera pas de porter un signe ou une marque qui aura de la ressemblance avec ce mets.

De môme, si leur imagination a été vivement frappée par un objet, l’enfant portera en naissant un signe analogue.

On donne à ces signes, qui sont au reste assez communs, le nom d'( envegeos ), et cette croyance, qui est très-répandue, est cause que personne n’ose rien refuser à une femme enceinte......"

Baptême

" La présentation du nouveau-né aux fonts baptismaux est toujours une fête de famille à laquelle on donne un certain éclat lorsque c’est le premier fruit du mariage.

L’aïeul paternel et l’aïeule maternelle sont de droit parrain et marraine. On invite à la fête les parens et les amis. Le cortège, précédé d’un tambourin, se rend à l’église (i), et au retour, après la collation d’usage, le bal est d’obligation. Les jeunes gens recherchent volontiers l’occasion d’être parrains, et choisissent ordinairement pour marraine celle qu’ils se proposent d’avoir pour épouse.

Dans la classe des cultivateurs et des artisans c’est presque toujours le prélude d’un mariage. Tous ceux qui ont assisté à un même baptême se donnent le nom de compère et commère. C’est une espèce d’alliance qui entretient et resserre les liens de parenté et d’amitié. Très-souvent dans les villages on saisit l’occasion d’un baptême pour rallier deux familles en désunion.

Bien souvent, le baptème se faisait le jour même de la naissance ; en l'absence de la mère. On attendait les "relevailles" (*) "

(*) Selon l'Ancien Testament, une femme qui venait d’accoucher restait impure quarante jours et ne pouvait réintégrer la société avant le terme de cette période. Pour sa réintégration dans la vie civile, elle devait à ce terme, se rendre à l'église, accompagnée de la maraine, de la sage-femme, ainsi que des femmes de la maisonnée. Aucun homme n'était admis.Une messe était dite.

Relevailles

" Aux relevailles, il y a de nouveau réunion de famille ; mais le plus ordinairement les hommes n’en font point partie. Ce jour-là, il est d’usage que la marraine fasse quelque présent. C’est ordinairement un gâteau sur lequel on place diverses sucreries emblématiques, telles qu’un berceau, ou des poules et des tourterelles qui couvent leurs œufs, et un gros artichaut qu’on réserve pour le parrain. La mère conserve les emblèmes , et le gâteau se partage entre les convives.

Dans cette réunion, la marraine donne au filleul un pain, un œuf, un grain de sel et un paquet d’allumettes , en lui disant :

" Siegués bouan coumo lou pan, plen coum 'un uou, sagi coumo la saou , et lou de vieillesso de teis parens. " 

C’est-à-dire , sois bon comme le pain, plein comme un œuf, sage comme le sel, et le bâton de vieillesse de tes parens.

La sage-femme, qu’on appelle la baîlo en Provence, ne manque pas de munir l’enfant d’un petit coussinet bénit, qu’on désigne sous le nom d’ Évangile, et destiné à prévenir toute espèce de maléfice.

Toutes les fois que l’enfant éternue, on s’empresse de dire " Saint Jean ", sous-entendu " te bénisse " ; parce que l’on croit que cet éternument est une espèce d’eflort par lequel l’enfant se délivre des mauvais génies. "

Mariage

" Lorsqu’un mariage est définitivement arrêté, on s’occupe d’abord d’en fixer la célébration.

Pour quelque motif que ce soit, jamais le mariage ne se contracte, ni un vendredi, ni dans le mois de mai. Ce jour et ce mois sont néfastes.

Le temps étant fixé, le futur s’empresse de faire parvenir à la fiancée la lioureio (la livrée) ; c’est la corbeille de noce, renfermant les bijoux, la robe de mariage , etc.

Dans les villages, le prétendu vient, monté sur un cheval ou un mulet, chercher sa prétendue ; il la prend en croupe, et d’autres personnes de la famille lui servent d’escorte, et tous vont à la ville voisine acheter la lioureio. Ce cadeau est toujours fait en présence de témoins, afin de pouvoir le réclamer légalement dans le cas où, par quelque événement imprévu, le mariage n’aurait pas lieu.

On peut considérer ces préliminaires comme des fiançailles. Les parrains et marraines, témoins obligés de l’union matrimoniale, font aussi leur cadeau aux fiancés.

Dans les campagnes on met le plus d’éclat possible à la célébration des noces. "

Funérailles

" Les funérailles n’offrent rien de particulier en Provence. Les parents et les amis accompagnent le corps jusqu’au lieu de sépulture. Quelquefois celui qui dirige le convoi prononce une oraison funèbre. Dans certaines communes, on donne un repas ou une collation, qui se renouvelle à l’anniversaire (*). En général, la réunion des familles qui se fait à la Toussaint, a pour objet de suppléer aux coutumes particulières qui se pratiquaient aux funérailles. "

Source : Google : Statistique des BduRh - T3 - Comte de Villeneuve - 1826

(*) Bout de l'An, Bout-an : Service funèbre qu'on fait célébrer un an après le décés. Faire dire un "Bout de l'An" (fa lou boutan) : faire dire un anniversaire au défunt.

Source : Lou Trésor dou Félibrige. F.Mistral

Bout-de-l'AnCanta. Terme de liturgie catholique. Anniversaire. Service que l'on fait pour un mort, onze mois après son décès.

Faire dire Iou canta : faire faire le service, faire dire la messe du bout-de-l'an.

Source : Dictionnaire Provençal - J-T Avril

A ne pas confondre avec "Bon bout d'An !".......

Fêtes religieuses

La Chandeleur

" Les Provençaux ont conservé, des anciennes coutumes du paganisme, un caractère assez superstitieux qui se décèle dans les campagnes plus ouvertement que dans les villes, où le peuple seul le manifeste.

La Chandeleur en fournit une occasion.

Ce jour-là, chacun se munit d'un cierge de couleur verte autant que possible, et le présente à la bénédiction de la messe On doit le rapporter chez soi tout allumé ; si par hasard il venait à s’éleindre, ce serait un mauvais pronostic.

Une fois rentrée, la mère de famille parcourt toute la maison, suivie de ses enfants et les domestiques ; elle marque toutes les portes et les fenêtres d’une croix qui est considérée comme un préservatif contre la foudre. On suspend le cierge bénit à côté du lit et on ne le rallume qu'en temps d'orage, pour les accouchements ou autres circonstances critiques.

Au même ordre d'idées se rattachent les fêtes patronales où les prieurs distribuent du pain bénit et des fruits, suivant la saison.

Ainsi, pour la Saint- Blaise, on bénit du pain, du sel et des raisins, qui sont regardés comme des spécifiques contre le mal de gorge.

Les biscotins, fabriqués pour la Saint- Denis, sont, dit-on, un remède contre la rage, et les gousses d’ail rôties dans le feu de la Saint-Jean chassent les fièvres.

Le jour de Saint-Césaire, à Berre, on bénit des pêches, et l’on se trouve ainsi à l'abri des fièvres paludéennes assez communes dans le pays.

Ces quelques exemples suffisent pour démontrer un état d'esprit où les superstitions et la religion ont fusionné jusqu'à un certain point." 

Source : Google - La Provence Usages Coutumes Idiomes - Henri Oddo 1902

Les Rameaux, la Semaine sainte et Pâques

" La fête des Rameaux, qui rappelle l’entrée triomphale du Christ à Jérusalem, est une des plus populaires en Provence.

Les fidèles arrivent à l’église avec des branches d’olivier, de laurier ou des palmes, qui sont bénites pendant la messe. Ces rameaux, comme les cierges de la Chandeleur, sont conservés pieusement, car ils ont les mêmes vertus.

Il y a dans le peuple une opinion très ancienne en ce qui concerne l’olivier : c’est, dit-on, un arbre sacré qui n’a jamais été frappé de la foudre. Les Grecs, qui avaient consacré l’olivier à Minerve, sont les auteurs de cette croyance et l’ont transmise aux Provençaux.

L'usage de charger les rameaux de fruits confits ou de cadeaux parait remonter aussi très loin. Thésée, à son retour de la Crète, ayant institué des fêtes en l'honneur de Bacchus et d’Ariane, les Athéniens s’y rendirent, portant des rameaux d’olivier chargés de fruits.

Le pape Grégoire XIII défendit l’usage des friandises et des fruits pour le jour des Rameaux, dans un concile tenu  à Aix, en 1585. En dépit de sa décision, on offre aujourd’hui encore aux enfants des rameaux (rampau) ornés de fruits confits ; ceux qui sont destinés aux dames portent souvent de riches cadeaux.

De même que le mercredi des Cendres est le jour de l'aïoli, de même le dimanche des Rameaux est, dans toute la Provence, le jour obligatoire des pois chiches .

A Marseille, pour en faciliter la consommation, on les vend tout cuits dans les rues qui conduisent à l’église des Chartreux, où l’usage veut que l’on aille entendre la messe. Comme en France la gaieté ne perd jamais ses droits, on profite de l’occasion pour jouer un tour aux montagnards nouvellement arrivés, en leur persuadant que ces pois sont distribués gratuitement. Alors on voit, à la risée générale, des théories entières de ces crédules Bas-Alpins, portant chacun une énorme marmite qu’ils se proposent de faire emplir sans bourse délier.

Pendant la Semaine sainte, les enfants sont armés de crécelles, de tourniquets, claquettes et autres instruments semblables, avec lesquels ils font un vacarme épouvantable à la porte de l’église, pendant l’office des Ténèbres. Puis, se rangeant en file, ils parcourent les rues en continuant leur tapage.

Le jeudi saint, on visite les églises, qui rivalisent de richesses et d’ornements luxueux.

Le samedi saint, l’usage veut que l’on fasse porter leurs premières chaussures aux enfants qui doivent quitter le maillot. C’est ordinairement la marraine qui en fait les frais: puis, accompagnée de la mère,  elle va présenter l'enfant au prêtre. Au moment où l’on entonne le "Gloria in excelsis", toutes les femmes qui ont des enfants nouvellement chaussés les font marcher dans l’église."

Rien de particulier à signaler quant aux solennités religieuses du jour de Pâques.

La fête des Rogations a lieu le jour de saint Marc et les trois jours qui précèdent l’Ascension.

Les pénitents des confréries portent en procession sur un brancard un coffre en forme de châsse, dans lequel sont enfermées des reliques; de chaque côté est suspendue une étole. Un a donné au coffre le nom de "vertus", par allusion aux reliques qu’il renferme et qui restent exposées trois jours dans l’église.

A la campagne, les paysans font passer par-dessus les Vertus des poignées d'herbe et de blé qu'ils donnent ensuite à manger aux bêles de somme, persuadés qu’après celle opération elles seront préservées de la colique."

Source : Google - La Provence Usages Coutumes Idiomes - Henri Oddo 1902

Secret d'Histoire

Funérailles

" Dans le 12ème siècle, les habitants des deux rives du Rhône, jusqu’à une grande distance, mettaient leurs morts dans un tonneau enduit de poix, avec une boîte scellée où était l’argent destiné pour les funérailles.

Le tonneau, abandonné au courant, était arrêté à Arles par des commissaires préposés à cet effet, et le cadavre était enseveli dans les Eliscamps, ou Champs Elysées.

Les droits de sépulture procuraient un revenu si considérable, que des contestations sérieuses s’élaient élevées entre le chapitre de StTrophime et l’abbaye de St-Victor de Marseille, qui possédait l’église de S'-Honorat, située dans l’enceinte des Éliscamps. "

Source : Google : Statistique des BduRh - T3 - Comte de Villeneuve - 1826